Rafles : les mises en garde du contre-amiral Ange Kessi

Rafles nocturnes – Les abidjanais, en particulier ceux résidant dans certains quartiers sensibles, se plaignent quotidiennement de l’attitude de certains agents des forces de l’ordre. Pendant les contrôles d’identité à certaines heures de la nuit, certains agents de forces de l’ordre embarquent les personnes rencontrées, même lorsqu’elles sont en possession de leur pièce d’identité ou tout autre document justifiant leur identité. En échange de leur libération, les individus raflées sont souvent sommés de payer une certaine somme d’argent. Ce calvaire rapporté quotidiennement par certains abidjanais suscite l’intérêt du procureur militaire ivoirien. Encore une nouvelle fois, Ange Kessi a réitéré les sanctions auxquelles pourraient s’exposer les policiers qui s’adonneraient aux rafles tout en violation des droits des personnes interpellées.

 Des cas de rafles nocturnes en Côte d’Ivoire, plus particulièrement à Abidjan, sont régulièrement rapportés au Procureur militaire Ange Kessi. Si cette mesure n’est en rien un fait exceptionnel, ces contrôles nocturnes tournent souvent au cauchemar pour certains riverains, que ce soit les adeptes des ambiances nocturnes dans la capitale économique ivoirienne, ou encore des travailleurs qui finissent à des heures souvent tardives. On ne compte presque plus le nombre d’individus se plaignant sur les réseaux sociaux des rafles systématiques qui ont souvent lieu la nuit. Ces plaintes sont liées au non-respect des droits des personnes interpellées qui doivent souvent négocier leur libération contre de l’argent. S’il s’était déjà exprimé sur le sujet des rafles, le Procureur militaire a décidé cette fois de durcir le ton contre les agents de force de l’ordre qui continueraient de prospérer dans cette voie.

«Pendant que le Commissaire du Gouvernement effectue des visites inopinées dans les commissariats de police et brigades de gendarmerie, exprimant sa satisfaction à certains et donnant des conseils à d’autres, il existe une catégorie d’agents des services de la Police Nationale qui font parler d’eux de la plus mauvaise manière. Courant novembre 2019, le Commissaire du Gouvernement a visité la Préfecture de police d’Abidjan où il a pu se rendre compte de la situation des raflés. Il en a discuté avec le Préfet de police et a rendu compte à Monsieur le Ministre de la Sécurité et de la Protection Civile, des mesures à prendre pour éviter de violer les droits humains et garder ainsi la confiance entre la population et sa Police Nationale. Malheureusement, il nous revient, le parquet militaire s’entend, que des personnes même détentrices de pièces justificatives de leur identité sont interpellées et conduites à la Préfecture de police d’Abidjan, où , plus grave, elles sont relaxées après avoir déboursé de l’argent.», rapporte le service de communication du tribunal militaire d’Abidjan. Pour le Procureur militaire, les rafles, si elles doivent avoir lieu, doivent se dérouler dans le respect des droits des personnes interpellées. Souvent, les individus pris lors de ces contrôles nocturnes ne se voient accorder aucune chance pour permettre de justifier leur identité, en dévoilant une carte d’identité. Mais plus inquiétant encore, ces individus sont souvent obligées de négocier leur libération en échange d’une certaine somme d’argent. Engagé dans la lutte contre la corruption au sein des forces de l’ordre, le contre-amiral Ange Kessi a mis en garde les agents des forces de l’ordre qui s’adonnent à ces rafles en violation des droits des individus.

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Ange Kessi promet des sanctions en cas de preuves formelles

«Les rafles sont des mesures administratives qui obéissent à des règles bien précises. L’adhésion du peuple, combinée à une confiance sans défaut aux forces de l’ordre, relève du traitement que nous réservons à nos concitoyens… Si le parquet militaire reçoit une plainte, je dis bien une seule plainte, documentée et suffisamment appuyée par des preuves irréfutables, une enquête sera ouverte et le Tribunal Militaire d’Abidjan n’hésitera pas à arrêter quiconque de la chaine de commandement mis en cause ou cité dans cette honteuse manœuvre de violation grave des droits humains», a fait savoir le procureur militaire ivoirien. Voilà qui devrait rassurer les personnes souvent victimes des rafles effectués en violation des règles et principes.

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