Le projet de réforme constitutionnelle de Ouattara adopté au Congrès

Réforme constitutionnelle – Comme annoncé depuis des mois par le président ivoirien, la Constitution du pays subira sa toute première modification cette année, seulement quelques années après son adoption. Ce lundi, les deux chambres parlementaires du pays, réunies en congrès, ont approuvé à une large majorité la révision de la Constitution ivoirienne promulguée en novembre 2016 par Ouattara Alassane.

Le projet de réforme constitutionnelle annoncé par Ouattara Alassane vient d’être adopté par les deux chambres parlementaires du pays réunies en congrès ce lundi. Avec une majorité écrasante, les élus ivoiriens ont donné caution au président de la République pour son projet de modification de la Constitution du pays, constitution qui a été adoptée en novembre 2016 à une large majorité. Mais les opposants au régime actuel ont pour la plupart marqué une opposition à cette initiative de révision constitutionnelle annoncée par le président de la République. Si nombres d’élus d’opposition ont voté contre ce projet ce lundi, le président du front populaire ivoirien, Pascal Affi N’Guessan, a lui voté pour l’abstention, un choix qui a encore relancé la polémique concernant un possible soutien du président du FPI aux actions du pouvoir en place. le juriste ivoirien Jean Bonin, partisan de Pascal Affi N’Guessan, n’a pas mis du temps à répondre de ce dernier, rappelant que le patron du FPI s’était opposé à l’instauration de cette nouvelle constitution, tandis que le PDCI RDA soutenait le camp présidentiel dans sa campagne en faveur de cette réforme constitutionnelle.

Accusé de vouloir écarter certains candidats de la présidentielle d’octobre 2020, Ouattara Alassane a dévoilé les grandes lignes de son projet de réforme constitutionnelle annoncé depuis l’an dernier. Ce lundi, le congrès ivoirien composé d’élus d’Assemblée Nationale et du sénat, a validé le projet du président ivoirien a une large majorité : «Le Parlement de Côte d’Ivoire s’est réuni en Congrès pour la seconde fois, ce lundi 9 mars 2020, à la Fondation Félix Houphouët-Boigny, pour délibérer d’une part sur l’adoption de la Résolution fixant les règles d’organisation et de fonctionnement du Congrès; et de l’autre sur la prise en considération du projet de loi portant Révision Constitutionnelle.  Sous la présidence de SEM Ahmadou SOUMAHORO, Président de l’Assemblée nationale, sous la vice-présidence de SEM Jeannot AHOUSSOU-KOUADIO, Président du Sénat, les parlementaires ont adopté, avec 255 voix pour, 65 voix contre et 11 abstentions, la Résolution fixant les règles d’organisation et de fonctionnement du Congrès.  La prise en considération du projet de la loi portant Révision Constitutionnelle a quant à elle été adopté par le Congrès avec 225 voix pour, 83 voix contre et 4 abstentions.», rapporte le sénat ivoirien dans une note ce lundi. Le président du FPI s’est contenté lui de s’abstenir dans ce vote qui s’est tenu ce lundi au congrès ivoirien, une abstention que son soutien Jean Bonin n’a pas manqué de justifier.

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Jean Bonin recadre l’opposition

«Alors que le 30 octobre 2016 l’opposition ivoirienne appelait au boycott du référendum sur la nouvelle Constitution, le PDCI et les Soroïstes, eux, parcourraient le pays pour faire la promotion du OUI à une constitution qui permettrait au pouvoir d’en modifier des dispositions sans nécessairement demander son avis au peuple, contrairement à celle de 2000.  Comment ne pas donc être surpris de constater, qu’à peine 4 ans après avoir soutenu une constitution, aujourd’hui les mêmes du PDCI et les Soroïstes, inopportunément, s’offusquent de ce que le pouvoir veuille modifier la constitution de 2016 sans recourir au vote référendaire ? Ont-ils oublié qu’à l’époque où ils filaient le parfait amour avec le RDR, Affi lui s’activait à organiser un sit-in devant l’Assemblée Nationale pour empêcher le vote du projet de loi constitutionnelle…Le président Affi n’a pas voté les modifications sur la constitution de 2016 parce qu’il est logique avec lui-même et est resté constant. En effet, sa position est qu’en attendant l’avènement de la 4ème république il ne se sent pas concerné par la modification ou non de la constitution de 2016 qu’il avait appelé à boycotter.», rapporte le pro-Affi.

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