Côte d’Ivoire : un centre de dépistage du Coronavirus vandalisé

Covid-19 en Côte d’Ivoire – Dans la commune de Yopougon, située en plein cœur de la capitale économique ivoirienne, des jeunes ont manifesté contre l’installation d’un centre de dépistage du coronavirus dans la nuit du dimanche. Les manifestations ont été suivis d’actes de vandalisme sur le site. Il aura fallu l’intervention de la police pour ramener le calme sur les lieux.

En Côte d’Ivoire, l’installation d’un centre de dépistage du Covid-19 a suscité de vives tensions entre les autorités et les populations. Dans la commune de Yopougon, plusieurs jeunes ont manifesté dimanche nuit, contre l’installation d’un site sanitaire dans la cadre de la lutte contre le Coronavirus. Pour faire face à cette épidémie, le gouvernement ivoirien avait décidé de réquisitionner certains centres qui serviraient à accueillir des malades du Covid-19. Le complexe Jesse Jackson de Yopougon et le Palais des Sports de Treichville ont été réquisitionnés pour la circonstance. C’est donc avec surprise que les jeunes de la commune de Yopougon ont découvert l’installation d’un site de dépistage du Covid-19 dans le quartier Toit-Rouge le dimanche 5 avril dernier. Malgré l’instauration d’un couvre-feu en Côte d’Ivoire, les habitants du quartier ont protesté par des actes de vandalisme contre l’installation de ce site de dépistage du Covid-19. Dans la matinée de ce lundi, la direction de la police a annoncé dans un communiqué que le calme était revenu dans ce quartier de la commune de Yopougon, après des négociations entamées avec les habitants qui se plaignaient de la proximité de ce centre avec les habitations.

«Suite à la manifestation de protestation des populations le dimanche 05 avril 2020 contre la construction d’un hangar de dépistage du Covid 19 au stade de l’ex BAE de Yopougon toit rouge, les forces de Sécurité ont, après une négociation avec les manifestants, ramené le calme aux environs de 23 heures.  Ce lundi matin, la situation est toujours calme. Il n’y a pas de regroupement de manifestants en vue. Tous les renforts prévus sont en place.», explique ce lundi matin la police dans un communiqué. Dans la soirée du dimanche, une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux a suscité diverses réactions en Côte d’Ivoire. Des jeunes gens, opposés à l’installation d’un centre de dépistage du coronavirus dans leur quartier, ont fait entendre leur mécontentement par des actes de vandalisme. Les réactions ont été mitigées. Si les ivoiriens ont été nombreux à condamner les actes de vandalisme commis sur le site, certains ont aussi déploré un manque de communication entre le gouvernement et les habitants du quartier. Pour sa part, le journaliste Tiémoko Assalé a dénoncé une faiblesse de l’état de Côte d’Ivoire : «Je m’étais interrogé sur un plateau de télévision, de savoir si les États autoritaires (Russie, Chine, Corée du Nord, etc), étaient les mieux outillés pour faire face au genre de crise sanitaire que traverse le monde devant l’indiscipline qui pourrait être le carburant de la propagation du virus.  J’avais appelé les décideurs, après le scandale de l’INJS et le tango sur la décision de bouclage de la ville d’Abidjan à traiter les dossiers avec plus de fermeté.  Assister à ce genre de spectacle de populations intoxiquées qui démontent des installations d’urgence médicale dans un pays sous état d’urgence, achève de convaincre de la faiblesse de l’Etat».

La catastrophe à nos portes

«En fin de compte, l’occident, bien que frappé au cœur par le mal, a bien raison de s’inquiéter pour l’Afrique. La catastrophe est à nos portes. Bientôt, nous allons jouir du spectacle des morts qu’on entasse sous des hangars, en attendant que des services de l’Etat viennent les enlever.  La faiblesse de l’Etat, c’est de laisser un tel site, sous état d’urgence, accessible à des individus. Sous état d’urgence, ce genre de sites doivent d’appeler des hôpitaux militaires.», a indiqué le journaliste ivoirien Tiémoko Assalé Antoine. Dans le dernier bilan du Covid-19 établi par les autorités sanitaires ivoiriennes, on dénombrait deux nouveaux décès dans la soirée du dimanche.

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