La Côte d’Ivoire retire sa déclaration de compétence de la CADHP

Cour Africaine – A l’issue du conseil des ministres qui s’est tenu ce mercredi, le porte-parole du gouvernement a annoncé le retrait de la déclaration de compétence de la charte de la CADHP émise par la Côte d’Ivoire il y’a quelques années. Ce retrait fait suite, selon le porte-parole du gouvernement ivoirien, à de graves agissements de la Cour Africaine des droits de l’homme et des Peuples.

Le retrait de la déclaration de compétence à la charte de la CADHP vient d’être confirmé ce mercredi par Tiémoko Touré. Cette décision est-elle liée au verdict rendu par les juges de la Cour Africaine la semaine dernière dans l’affaire Soro ? A cette question, le communiqué n’apporte aucune réponse, mais précise toutefois que la Cour Africaine se serait autorisée de graves agissements qui porteraient même atteinte à l’autorité de l’Etat ivoirien. Cette décision de retrait intervient 24h après la condamnation de Guillaume Soro à 20 ans de prison par la justice ivoirienne, alors que la Cour Africaine, basée en Tanzanie, avait ordonné la semaine dernière la suspension des poursuites contre l’ancien chef du parlement ivoirien. Si l’on se fie aux révélations du journaliste Said Penda dans l’affaire Soro, il y’a toutes les raisons de penser que ce retrait ivoirien est lié au mandat d’arrêt émis contre Guillaume Soro, candidat déclaré à la présidentielle d’octobre prochain en Côte d’Ivoire.

«Le gouvernement ivoirien a décidé le mardi 28 avril, de retirer sa déclaration de compétence prévue au protocole relatif à la Charte africaine des droits de l’homme et des Peuples, qu’il a émise le 19 juin 2013, en application de l’article 34 alinéa 6 dudit protocole…Elle fait suite aux graves et intolérables agissements que la Cour Africaine des droits de l’homme et des Peuples s’est autorisée, dans ses actions, et qui non seulement portent atteinte à la souveraineté de l’Etat de Côte d’Ivoire, à l’autorité et au fonctionnement de la Justice, mais sont également de nature à entraîner une grave perturbation de l’ordre juridique interne des Etats et à saper les bases de l’Etat de Droit, par l’instauration d’une véritable insécurité juridique», indique le porte-parole du gouvernement dans son communiqué rendu ce mercredi. Cette décision prise par les autorités ivoiriennes intervient une semaine après le verdict rendu par la CADHP, saisie par les avocats de Guillaume Soro. La Cour Africaine avait ordonné à l’Etat ivoirien de surseoir aux poursuites contre Guillaume Soro, puis d’accorder la liberté provisoire aux proches de l’ancien chef du parlement ivoirien qui sont en détention depuis le mois de décembre. Le gouvernement ivoirien avait refusé tout commentaire de cette décision rendue par la CADHP la semaine, confirmant toutefois que les poursuites contre Soro étaient maintenues.

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La CADHP dans un conflit d’intérêt ?

«Le verdict du tribunal de grande instance d’Abidjan intervient alors que le mercredi 22 Avril 2020, la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP), saisie par soro guillaume, avait ordonné à l’Etat de Côte d’Ivoire de suspendre toutes les procédures concernant l’homme politique ivoirien et de libérer ses coaccusés. L’arrêt inique de la juridiction africaine s’apparente à une obstruction à la justice et à une tentative de consacrer une notion d’immunité politique qui n’existe dans aucune législation, même pas dans le traité qui crée cette institution… Rappelons que la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples est présidée par un juge ivoirien, Sylvain Oré, pro-gbagbo notoire qui nourrit beaucoup de haine vis-à-vis du régime ivoirien actuel. Mieux, l’avocat qui défend les intérêts de soro guillaume dans la procédure actuelle à Abidjan, Me Diallo Souleymane, appartient au cabinet fondé par l’actuel président de la Cour Africaine. D’aucuns y voient un possible conflit d’intérêt et un règlement de compte du patron de la haute juridiction africaine, qui avait par ailleurs bénéficié -au moment de sa désignation comme président de cette Cour- du soutien de soro guillaume, alors Premier Ministre du gouvernement gbagbo.», a révélé le journaliste Said Penda dans son analyse.  

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