Cacao : la Côte d’Ivoire désapprouve un rapport d’enquête

Travail des enfants – Premier producteur de cacao au monde, la Côte d’Ivoire était au centre d’un reportage exclusif l’année dernière sur la condition des enfants travaillant dans les plantations de cacao. Selon le reportage diffusé par la chaine France 2, des enfants, travaillant dans les différentes plantations du pays, manipulaient dangereusement du glyphosate. Dans environ un mois, un rapport accablant sur la condition des enfants travaillant dans les plantations devrait voir le jour. Ce rapport américain fait d’ores et déjà l’objet d’une vive contestation de la part des autorités ivoiriennes.

Sauf changement de dernière minute, un rapport sur la situation des enfants travaillant dans le cacao ivoirien devrait voir le jour fin juin. Ce rapport d’enquête menée par l’Institut de recherche NORC de l’Université de Chicago met en évidence le travail des enfants dans les plantations de cacao. Premier producteur mondial, la Côte d’Ivoire entend non seulement conserver son rang, mais aussi soigner son image sur la scène internationale. Présidente d’une ONG luttant contre le travail des enfants, la première dame Dominique Ouattara a dénoncé des insuffisances dans le rapport d’enquête sur le cacao ivoirien qui devait paraître dans un peu plus d’un mois. Bien avant le rapport de l’Institut américain NORC, la chaine française France 2 avait réalisé l’année dernière un reportage sur la situation des enfants dans les plantations ivoiriennes. Alors que les débats sur la dangerosité du glyphosate font rage sur la scène internationale, le documentaire diffusé par la chaine française mettait en avant des enfants manipulant ce pesticide sans la moindre mesure de protection.

Le travail des enfants dans les plantations de cacao en Côte d’Ivoire demeure encore une réalité, même si d’inlassables efforts ont été accomplis par les ONG pour réduire ce phénomène. Présidente de l’ONG Children Of Africa, la première dame ivoirienne Dominique Ouattara est pleinement engagée dans l’éradication de ce fléau. Au regard des résultats obtenus par la Côte d’Ivoire dans la lutte contre le travail des enfants, c’est donc sans surprise que la première dame a marqué son désaccord à un rapport d’enquête de l’Institut de recherche NORC de l’Université de Chicago : «La Côte d’Ivoire ne peut approuver l’enquête 2018/19 dans sa version actuelle, qui comporte des failles», a souligné la première dame ivoirienne, qui préside par ailleurs un comité de lutte contre le travail des enfants dans les plantations de cacao. Alors que ce rapport accablant devrait paraitre le 29 juin prochain, du côté ivoirien on se dit «très préoccupé par certains aspects fondamentaux du rapport en raison des lacunes largement reconnues de certaines des méthodologies utilisées dans le cadre de l’enquête de Tulane de 2013/2014… ces lacunes qui comprennent l’échantillonnage et l’extrapolation ainsi que des problèmes liés à la période de référence pour la collecte des données, rendent impossibles toute comparaison précise entre certaines données clés de l’enquête de NORC et celles de l’Université de Tulane et entraineraient probablement des conclusions trompeuses à tirer de n’enquête de NORC… Bien qu’ils aient reconnu ces erreurs et leur impact potentiel sur la crédibilité des conclusions de l’enquête 2018/19, NORC et l’USDOL n’ont jusqu’à présent pas voulu apporter les changements nécessaires, évoquant des contraintes de comparaison des données».

7,5 millions de travailleurs en Afrique de l’ouest

Selon un rapport de l’OCDE, «Près de 7,5 millions de personnes sont employées dans la production de cacao ouest-africaine, principalement dans de petites exploitations familiales de 5 hectares en moyenne. L’exploitation du cacao requiert une main-d’œuvre très importante et les producteurs sont soumis à de fortes pressions de réduction des coûts. Lors des pics de production, tous les membres de la famille sont impliqués, y compris les enfants… L’Afrique de l’Ouest représente plus de 70% de la production mondiale de cacao (38% pour la Côte d’Ivoire, 21% pour le Ghana, 5% pour le Cameroun et 5% pour le Nigeria). La Côte d’Ivoire et le Ghana sont les deux plus grands producteurs mondiaux et cumulent 80% de la production totale de l’Afrique de l’Ouest».

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