Affaire Hamed Bakayoko : la réaction à chaud de Tiémoko Assalé

Trafic de drogue – Dans les colonnes du journal Vice, deux journalistes d’investigations affirmaient il y’a quelques jours que l’actuel ministre ivoirien de la défense, qui assure par ailleurs l’intérim du premier ministre, serait impliqué dans un vaste réseau de trafic de drogue. Comme il fallait s’y attendre, ses accusations n’ont pas manqué de faire réagir le ministre ivoirien qui a d’ailleurs annoncé une plainte contre les deux journalistes mis en cause. Considéré comme l’un des meilleurs journalistes d’investigation en Côte d’Ivoire, Tiémoko Assalé a lui aussi réagi aux révélations des deux confrères étrangers.

Les révélations d’Ibekwe Nicholas et Daan Bauwens, deux journalistes étrangers, alimentent depuis quelques jours la polémique. Dans les colonnes du journal canadien Vice, les deux hommes de médias révélaient, au terme d’une enquête qu’ils auraient effectué en Côte d’Ivoire, que le pays gérait un vaste réseau de trafic de drogue au niveau de la sous-région ouest africaine. Les journalistes iront même jusqu’à citer le nom d’Hamed Bakayoko, l’actuel ministre de la défense qui assure l’intérim de Gon Coulibaly depuis quelques semaines. Dans un communiqué, le premier ministre intérimaire a formellement démenti les accusations portées à son encontre, avant d’annoncer une plainte contre les deux journalistes d’investigation. L’affaire qui suscite depuis quelques jours une vive polémique a fait réagir de nombreuses personnalités, dont le journaliste d’investigation Tiémoko Assalé. A en croire le patron de l’éléphant déchaîné, les preuves apportées par Ibekwe Nicholas et Daan Bauwens ne sont guère suffisantes pour porter de si graves accusations à l’encontre de la Côte d’Ivoire.

«Je ne peux accepter que des journalistes étrangers accusent mon pays sans preuves.  Aimer son pays, c’est aussi analyser ce qui est écrit, le concernant et qui l’accusent sur des faits criminels et demander des comptes aux autorités si les preuves sont solides.  En tant que journaliste, si je produis un dossier dans lequel j’affirme que l’armée nigeriane est financée par le trafic de drogue ou que les fonctionnaires Nigerians sont payés par les vendeurs de drogue Colombien, tous les confrères Nigerians me demanderont d’apporter des preuves et si mon article se base uniquement sur l’affirmation d’un prétendu agent des services secrets français, ces confrères me traiteront de fou.», a révélé le journaliste ivoirien Tiémoko Assalé. Sans pour autant remettre en cause la qualité d’investigation de ses deux confrères étrangers, le patron de L’Eléphant déchaîné estime que les preuves apportées ne sont pas assez solides pour corroborer de si graves affirmations à l’encontre d’un Etat souverain : «Et quelle est la preuve qui permet d’affirmer une si grave chose ? Rien du tout. C’est juste la déclaration d’un « français » rencontré à Abidjan et qui serait « un ancien conseiller de l’ex président » (ivoirien), on ne sait lequel des ex-présidents Ivoiriens… Quand un confrère étranger, pour taxer mon pays de plaque tournante de la drogue en Afrique de l’ouest, écrit qu’il a vu à Adjame un fumoir adossé au mur d’une gendarmerie sans me dire où se trouve cette gendarmerie, sans donner la moindre indication permettant d’identifier cette gendarmerie, jamais je ne peux accepter ça.», poursuit Tiémoko Assalé. Pour le journaliste ivoirien d’investigation, de deux choses l’une, «Soit c’est ceux qui ont traduit la version anglaise en français qui ont tout mélangé, soit c’est l’article lui-même qui est du bidon.».

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Hambak annonce une plainte

«Je n’ai pas pour habitude de réagir à des allégations portées contre moi sur les réseaux sociaux.  Mais je me vois contraint de le faire aujourd’hui, suite à une publication sur une prétendue enquête de deux journalistes, Messieurs Ibekwe Nicholas et Daan Bauwens.  Ces allégations vont à l’encontre de mes principes de vie et sont de nature à jeter le discrédit sur mon pays, en raison des fonctions que j’exerce.  Au regard de ces insinuations extrêmement graves et diffamatoires, j’ai décidé de porter plainte contre Messieurs Ibekwe Nicholas, Daan Bauwens et les relais.», révèle le premier ministre ivoirien par intérim Hamed Bakayoko.

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