Grève de faim Lobognon : le groupe parlementaire Rassemblement interpelle Ouattara

Santé de Lobognon – incarcéré depuis plusieurs mois, l’ancien maire ivoirien Alain Lobognon a entamé une grève de faim depuis une semaine environ. Outre l’ex-ministre ivoirien des sports, plusieurs proches de Guillaume Soro sont incarcérés depuis décembre dernier dans les prisons ivoiriennes. Face à la grève de faim lancée par l’ancien ministre, le Groupe Parlementaire Rassemblement, proche de l’ex-chef du parlement ivoirien, a lancé un appel au chef de l’Etat. Le groupe n’exclut pas la possibilité d’introduire des recours auprès des Organisations de défense des droits de l’homme.

La grève de faim entamée par Alain Lobognon depuis une semaine suscite l’inquiétude de nombreux parlementaires ivoiriens. Il y’a environ deux semaines, le groupe parlementaire Vox Populi de Yasmina Ouegnin interpellait le gouvernement sur la situation de l’ancien ministre des sports, incarcéré depuis le mois de décembre comme de nombreux proches de Guillaume Soro. Dans une déclaration officielle, le groupe parlementaire Rassemblement proche de l’ex-patron du parlement ivoirien a annoncé qu’il n’excluait pas d’introduire un recours auprès des ONG de défense des droits de l’homme, suite à la grève de faim initiée par l’ancien maire de la commune de Divo.

«Par courrier en date du 16 juin 2020, le député Alain LOBOGNON a saisi le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, pour dénoncer d’une part, les conditions exécrables de sa détention et, d’autre part demander sa libération. Faute de quoi, il entamerait une grève de faim à compter du 1er juillet 2020.  Face au silence du Ministre de la Justice, le Député Alain LOBOGNON a effectivement entamé sa grève de faim.  Il convient de rappeler que depuis le 23 décembre 2019, une vingtaine de cadres et militants du Mouvement politique « Générations et Peuples Solidaires » en abrégé GPS, dont cinq députés du Groupe Parlementaire Rassemblement, ont été arrêtés et sont détenus dans différentes prisons de la Côte d’Ivoire. Ces arrestations ont été opérées au mépris de leurs immunités parlementaires.», explique le groupe parlementaire Rassemblement. Pour le groupe pro-Soro à l’Assemblée Nationale, le caractère illégal de ces détentions a été confirmé par la décision rendue par la Cour Africaine des droits de l’homme et des peuples au mois d’avril : «Ces détentions se poursuivent en dépit de l’Arrêt de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) du 22 avril 2020, qui demande la libération de tous les prisonniers incarcérés à la suite des événements du 23 décembre 2020 et la suspension de toutes les poursuites à leur encontre.  Il en va de même pour la décision du 29 mai 2020 du Comité des Droits de l’Homme de l’Union Interparlementaire (UIP), qui demande le respect absolu de l’immunité des parlementaires et, par conséquent, la libération des députés ivoiriens incarcérés.», poursuit le groupe parlementaire de l’opposition.

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Grève de faim entamée depuis une semaine

«Relativement à la grève de faim du député Alain LOBOGNON, le Groupe Parlementaire Rassemblement s’est astreint à la retenue jusqu’à présent, en espérant que le gouvernement ivoirien aurait fait preuve, pour une fois, d’humanisme.  Face donc au silence du Gouvernement ivoirien et constatant le refus de l’Exécutif de laisser le médecin du parlementaire avoir accès à son patient pour lui prodiguer des soins que nécessite son état de santé, le Groupe Parlementaire Rassemblement prend à témoin la communauté nationale et internationale sur les graves dangers que font peser sur la vie de Monsieur Alain LOBOGNON sa détention continue et la grève de faim qu’il a entamée depuis le 1er juillet 2020. Le député Alain LOBOGNON souffre déjà de pathologies chroniques qui font de lui un sujet à haut risque pour la pandémie de la Covid 19 dont les prisons ivoiriennes sont devenues les nouveaux foyers de contamination et de propagation…Le Groupe Parlementaire Rassemblement se réserve enfin le droit de saisir toutes les Organisations de défense des Droits de l’Homme afin d’obtenir le respect des droits de ses membres détenus.», rapporte le groupe parlementaire Rassemblement.

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