Guillaume Soro : «Ouattara ne peut pas gagner l’élection»

Présidentielle en Côte d’Ivoire – La candidature de Ouattara Alassane a suscité un vent de contestation en Côte d’Ivoire. Suite à l’appel lancé par des opposants, des manifestations ont éclaté dans plusieurs villes du pays, notamment dans la localité de Bonoua où l’on a enregistré des morts et la destruction de nombreux biens matériels. Dans un communiqué officiel de son parti, Guillaume a indiqué que le président ivoirien ne pourrait être en mesure de remporter l’élection présidentielle d’octobre prochain.

Rangé dans l’opposition depuis des mois, Guillaume Soro a tout naturellement réagi au changement de cap du président ivoirien, qui, suite au décès du premier ministre Amadou Gon Coulibaly, a décidé de se porter candidat pour le compte du RHDP à la prochaine élection présidentielle. Rappelons que la décision du président a fait l’objet de timides contestations dans certaines localités du pays, des contestations qui ont fait cinq morts selon un bilan officiel dévoilé par le ministère de la sécurité il y’a plus d’une semaine. Après avoir dénoncé la violation de la contestation ivoirienne, Guillaume a appelé l’opposition ivoirienne à mutualiser ses efforts pour faire barrage au RHDP lors du prochain scrutin présidentiel. Après son investiture ce week-end, le président ivoirien a officiellement déposé ce lundi 24 août son dossier de candidature à la présidentielle d’octobre prochain.

«J’assume la lourde décision d’être le candidat de notre grand parti, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP).  Cette décision, qui est un sacrifice pour moi, je l’ai prise pour vous chères militantes, chers militants et pour tous nos compatriotes.  Oui, j’ai accepté d’être candidat parce que j’aime mon pays ; parce que je vous aime !  Chers frères, chères sœurs,  Certaines voix se sont élevées contre ma décision de candidature, avec une interprétation erronée de la Constitution de la 3e  République.  En tant qu’initiateur du projet de la Constitution de la 3e République en 2016, nous avions à cœur de préserver certains acquis dont la limitation à deux, le nombre de mandat présidentiel.  Ce qui était vrai dans la Constitution de la 2e République en 2000, l’est également dans la Constitution de la 3e République en 2016.  Tous les observateurs de bonne foi savent très bien qu’étant dans la 3e République, rien ne m’empêche d’être candidat. C’est d’ailleurs le cas pour mes prédécesseurs s’ils remplissent toutes les autres conditions.  Ce droit, j’avais décidé de ne pas l’exercer en mars 2020, pour passer la main à une nouvelle génération.  Je veux donc dire aux instigateurs des troubles et des actes de violence constatés çà et là que l’Etat sera ferme pour préserver la paix et la quiétude des Ivoiriens.», indiquait le président ivoirien Ouattara Alassane lors de son investiture à Abidjan le week-end dernier. Depuis Paris, Guillaume Soro a réagi à l’investiture du président ivoirien. Dans un communiqué, le patron du GPS a dénoncé une violation de la Constitution : «Générations et Peuples Solidaires (GPS) rappelle qu’en vertu des articles 55 et 183 de la Constitution du 8 novembre 2016, et en vertu de la continuité législative ininterrompue du principe de la limitation des mandats présidentiels au nombre de 2, des Constitutions de la 2ème et de la 3ème républiques, monsieur Alassane Dramane Ouattara, qui achève son 2ème mandat le 31 octobre 2020, n’est plus éligible à une élection présidentielle en Côte d’Ivoire. Et il ne sera pas le prochain Président de la République de Côte d’Ivoire.», souligne l’ancien chef du parlement ivoirien.

Appel lancé à l’opposition ivoirienne 

«GPS en appelle à la responsabilité de l’opposition politique devant l’Histoire. Participer, dans ces circonstances, à une élection truquée d’avance c’est la légitimer. Que nul ne l’ignore ! Tous ceux qui louvoieront s’en expliqueront devant le Peuple !  Générations et Peuples Solidaires (GPS) appelle une seconde fois toute l’opposition à une unité réelle d’action, à la construction d’un véritable accord politique et public pour le changement démocratique, afin que le Peuple de Côte d’Ivoire emboîte le pas de tous les autres peuples africains…», expliquait Guillaume Soro.

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