Présidentielle 2020 : Affi interpelle Macron sur la candidature de Ouattara

Candidature de Ouattara Alassane – Le président ivoirien, alors qu’il avait publiquement annoncé qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat au mois de mars, est revenu sur ses engagements, après le décès le 8 juillet dernier du premier ministre Amadou Gon Coulibaly, par ailleurs désigné candidat du RHDP à la présidentielle d’octobre.

L’objectif de Pascal Affi N’Guessan semble clair, solliciter l’intervention de Macron au sujet de la candidature de Ouattara Alassane, une candidature qui alimente de vives tensions entre le pouvoir en place et l’opposition ivoirienne. Les contestations contre la candidature du président ivoirien ont fait au moins cinq morts selon un rapport officiel dévoilé par le ministère de la sécurité. Malgré les contestations, le président ivoirien a déposé son dossier de candidature au siège de la commission électorale indépendante, une candidature dont la validation relève exclusivement du Conseil Constitutionnel. Au niveau de la communauté internationale, l’Ambassade des Etats-Unis a déjà réagi à cette candidature du président ivoirien, arguant que la question du troisième mandat devrait être exclusivement tranchée par le Conseil Constitutionnel. Pour l’heure, la position officielle de la France est attendue par les opposants ivoiriens, raison pour laquelle Affi N’Guessan a interpellé le président français au sujet de cette candidature qui alimente les débats, mais aussi quelques tensions.

La présidentielle de 2020 en Côte d’Ivoire verra finalement la participation de Ouattara Alassane, le président ivoirien sortant. L’annonce de sa candidature en début de semaine a provoqué de violentes manifestations qui ont fait d’importants dégâts matériels, mais aussi de nombreux morts. Officiellement on dénombre cinq morts selon le bilan établi par le ministère de la sécurité et de la protection civile. Dans une lettre ouverte, le président du front populaire ivoirien a interpellé le président français Emmanuel Macron, qui reçoit son homologue ivoirien : «Vous recevrez ce jeudi Alassane Ouattara au Palais de l’Elysée. Il est encore le chef de l’Etat de la République de Côte d’Ivoire, mais il n’est déjà plus exclusivement cela. Depuis le 29 juillet, il est surtout candidat déclaré à sa propre succession. Jeudi, vous recevrez le candidat … Candidat et en réalité inéligible !  Cette candidature intervient en effet en violation de la loi fondamentale de la IIIe République, dont il est le garant. Elle contredit également son engagement de ne pas concourir pour un troisième mandat, exprimé solennellement devant la représentation nationale réunie en congrès le 5 mars dernier à Yamoussoukro.  À l’époque, vous aviez chaudement salué « cette décision historique d’un homme de parole et d’honneur ». À l’époque, vous vous réjouissiez de voir la Côte d’Ivoire « donner l’exemple ».  Cinq mois plus tard, le masque de la respectabilité est tombé et l’imposture démocratique se dévoile à la face du monde. Le régime montre son vrai visage d’autoritarisme et d’exclusion.  L’exclusion frappe des Ivoiriens illustres privés de passeport, radiés de la liste électorale, à l’image de Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, pourtant acquittés par la justice internationale, mais aussi de Guillaume Soro.», a indiqué le président du front populaire ivoirien dans un communiqué.

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Connaitre la position de la France

«Monsieur le Président, votre silence est, vous ne l’ignorez pas, diversement interprété dans mon pays. Il est commenté en raison de mots laudateurs que vous aviez prononcés. Il est analysé car il autorise toutes les supputations : celle de l’indifférence, du laisser-faire, de l’embarras et finalement de l’impuissance de la communauté internationale.  Votre parole est, à contrario, très attendue. En ne cautionnant pas ce coup de force institutionnel, en exigeant des élections transparentes et inclusives, vous serez fidèle aux valeurs démocratiques issues des Lumières dont la France est porteuse. Vous afficherez aussi la volonté forte de donner un nouveau souffle à cette relation si particulière entre nos deux Etats. Soixante ans après notre indépendance, le refus de ce coup d’Etat institutionnel serait le marqueur puissant, à la fois d’une rupture et d’un nouveau départ.», rapporte Affi N’Guessan.

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