Report des élections : Blé Goudé interpelle le président Ouattara

Présidentielle en Côte d’Ivoire – Alors que la campagne tend vers sa fin, l’opposition ivoirienne, excepté le candidat Kouadio Konan Bertin, continue toujours de clamer haut et fort que les conditions actuelles ne favorisent pas la tenue d’une élection libre et transparente. Dans un nouveau communiqué, Charles Blé Goudé a appelé le président ivoirien a revenir sur sa décision et reporter ainsi les élections prévues dans une semaine.

Le report de la présidentielle en Côte d’Ivoire est l’objet d’une vaste discorde entre le pouvoir en place et l’opposition. Estimant que les conditions d’une élection transparente ne sont pas réunies, l’opposition ivoirienne a appelé à un retour du scrutin présidentiel prévu pour le samedi 31 octobre. Pour faire plier le gouvernement, un appel à la désobéissance civile a été lancé par les principaux opposants ivoiriens, notamment Henri Konan Bédié et Pascal Affi N’Guessan. Ces dernières semaines ont été marquées par des tensions politiques dans plusieurs villes du pays, notamment dans les localités de Dabou et de Bonoua. Pour Charles Blé Goudé, président du Cojep, Ouattara Alassane devrait suspendre immédiatement sa campagne pour annoncer le report des élections, suite à la recrudescence des violences à l’approche de la date du 31 octobre.

«Monsieur le Président, je trouve indécent voire méprisant, que vous puissiez continuer de faire campagne, de parler d’élections pendant que vos concitoyens s’affrontent et sont arrachés à l’affection des leurs. Jusqu’ici, pas de mots de compassion de votre part. Et pourtant, les images d’êtres humains découpés à l’arme blanche sont atroces, insupportables; elles n’honorent pas la Côte d’Ivoire.  En votre qualité de premier magistrat du pays, vous êtes le plus informé des citoyens. Vous ne pouvez plus faire semblant de ne pas entendre les cris de certains de vos concitoyens, tout comme il vous est à ce stade des tueries, impossible de feindre de ne pas voir les larmes de familles dévastées. Aucun fauteuil présidentiel ne saurait être au-dessus de la vie humaine.Vous pouvez apaiser cette atmosphère déjà aux odeurs cadavériques, surtout que vous êtes en capacité de la faire.  Monsieur le Président, ce ne sera ni un honneur, ni une démonstration de force d’enjamber des corps sans vie et de marcher dans du sang pour vous déclarer vainqueur au lendemain du 31 Octobre prochain. C’est pourquoi, ma plume vous invite humblement à suspendre votre campagne et à reporter les élections. Une telle décision aura pour avantage de sauver notre pays d’une guerre intercommunautaire (c’est peu dire), qui est déjà à nos portes. Rien n’est encore tard; aucun sacrifice, aucune concession ne sera de trop pour sauver le pays d’Houphouet Boigny d’une guerre civile certaine.», a déclaré Charles Blé Goudé, président du Cojep. Malgré une implication de la communauté internationale, l’opposition ivoirienne a décidé du maintien de son mot d’ordre de désobéissance civile pour exiger le report des élections présidentielles du 31 octobre.

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La désobeissance civile, ultime rempart de l’opposition ?

«À l’issue de la dernière mission de la CEDEAO qui a été une vraie gifle pour l’opposition, celle-ci ne se fait plus aucune illusion: la présidentielle se tiendra le 31 Octobre et, naturellement, Alassane Ouattara sera largement élu. Toutes les tensions créées aujourd’hui par l’opposition n’ont donc plus pour but d’empêcher une candidature d’Alassane Ouattara actée par l’unanimité de la communauté internationale comme par la majorité des Ivoiriens ; encore moins l’opposition pense-t-elle encore pouvoir faire reporter l’élection. L’on pourrait dès lors, légitimement, s’interroger sur l’intérêt pour l’opposition a maintenir une situation d’insurrection, certes résiduelle et très localisée, mais qui se solde par quelques décès par-ci, par-là… L’opposition est passée dans la mise en œuvre de son plan B : perturber suffisamment le gouvernement, par ses actions de sape actuelles, pour contraindre les autorités à accéder à leur idée de gouvernement d’union nationale, pudiquement appelé par les opposants « transition ». Conscient de son faible poids électoral, l’opposition ivoirienne voudrait obliger le régime, par la rue et la violence, à un partage du pouvoir.», révèle le journaliste Said Penda.

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