Dialogue politique : le FPI et le Pdci posent leurs conditions

Rencontre Ouattara- Bédié : la semaine dernière, le président sortant Ouattara Alssane et Henri Konan Bédié, se rencontraient dans le cadre de la mise en place d’un cadre propice au dialogue entre pouvoir et opposition. Si aucune décision concrète n’a sanctionné cette rencontre très attendue, les deux responsables politiques ont convenu de se revoir pour des discussions. Mais le PDCI et le FPI n’entendent pas aller à la table du dialogue sans certains gestes d’apaisement.

L’actualité politique ivoirienne ces dernières semaines était mouvementée en raison des élections présidentielles du 31 octobre dernier. Le scrutin tant attendu par l’opposition a finalement été boycottée par une grande partie des opposants ivoiriens, au motif que les conditions d’une élection libre et transparente, n’auraient pas été réunies avant. Si la présidentielle du 31 octobre s’est bel et bien tenue à la date indiquée, nombres de citoyen ont été empêchés d’exercer leur droit de vote le jour J, en raison de plusieurs manifestations organisées par des militants de l’opposition, dans certaines localités de l’intérieur du pays. Après le scrutin, l’opposition ivoirienne a annoncé la mise en place d’un conseil national de transition, conseil dont certains membres son été mis aux arrêts depuis une bonne dizaine de jours. Après une première rencontre chaleureuse, l’opposition ivoirienne attend désormais des actes concrets de la part du régime, avant de poursuivre le dialogue politique tant souhaité.

«Le PDCI-RDA et le FPI, après avoir fait le constat de l’échec de la politique de réconciliation conduite par le régime de M. Alassane Ouattara, se sont convaincus, avant l’échéance présidentielle du 31 octobre 2020, qu’aucun processus électoral ne pouvait être porteur de paix dans un climat sociopolitique non apaisé, du fait d’un manque de consensus national autour des questions essentielles qui touchent à la vie de la Nation… Le PDCI- RDA et le FPI, conformément aux engagements conjoints pris dans le cadre de leur accord de collaboration, continuent de privilégier la négociation comme l’unique voie pour sortir la Côte d’Ivoire de la crise actuelle qui endeuille de nombreuses familles, depuis l’annonce de la candidature anticonstitutionnelle de M. Alassane Ouattara pour un troisième mandat à la présidence de la République… Le PDCI-RDA et le FPI estiment qu’avant l’entame des discussions qui doivent se faire avec toutes les parties prenantes, il est indispensable de ramener la sérénité et la confiance entre tous les acteurs, en apaisant le climat sociopolitique qui s’est considérablement dégradé ces derniers mois.», ont rapporté le Pdci Rda et le FPi dans un communiqué conjoint, en prélude à de nouvelles discussions avec le pouvoir en place. Si Ouattara et Bédié ont convenu de se revoir dans le cadre du dialogue politique, Henri Konan Bédié, actuel chef de file de l’opposition ivoirienne et par ailleurs président du PDCI RDA, attend des gestes d’apaisement de la part du président ivoirien Ouattara Alassane.

> Lire aussi  CPI : la première audience de Mahamat Said Abdel Kani prévue pour jeudi

Retour des exilés politiques

Parmi les actes d’apaisement attendus par l’opposition ivoirienne, «La levée du blocus autour des résidences de tous les leaders des partis politiques de l’opposition, notamment celles du Pr Maurice Kakou Guikahue, de messieurs Affi N’guessan, Albert Mabri Touakeusse et du Pr Hubert Oulaye ; –  Le retour des exilés avec à leur tête le président Laurent Gbagbo, le premier ministre Guillaume Soro, le ministre Charles Blé Goudé et le maire Akossi Benjo ; – La libération de tous les prisonniers politiques, civils et militaires, injustement et illégalement incarcérés ;  – La fin de toutes les poursuites judiciaires contre les responsables et militants de l’opposition et de la société civile», rapportent le PDCI et le FPI dans leur communiqué conjoint. Pascal Affi N’Guessan et Maurice Kacou Guikahue ont été interpellés dans le cadre des poursuites engagés contre les instigateurs du conseil national de transition mis en place par l’opposition après le scrutin du 31 octobre dernier. Henri Konan Bédié avait alors été désigné comme président du conseil national de transition.

Vous pouvez aussi aimer