Dialogue national : Venance Konan recadre Henri Konan Bédié

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Rencontre Ouattara – Bédié : Après plusieurs semaines de tensions politiques, le président Ouattara Alassane et son ainé ont décidé d’aller à l’apaisement. Les deux personnalités politiques ivoiriennes se sont rencontrés il y’a quelques semaines, une rencontre qui devait à priori être suivi d’autres échanges. Mais le président du PDCI formule plusieurs exigences avant toute nouvelle rencontre avec le président Ouattara Alassane dont l’investiture est prévue pour le lundi 14 décembre.

Le dialogue national proposé par Henri Konan Bédié a été passé au crible par le journaliste Venance Konan, directeur général du quotidien gouvernemental Fraternité Matin. A l’occasion d’une récente adresse à la nation ivoirienne, Henri Konan Bédié avait officiellement annoncé la mort du CNT, le Conseil national de Transition qui avait été mis en place au lendemain du scrutin présidentiel du 31 octobre dernier en Côte d’Ivoire. Si cette action posée par le président du PDCI va dans le sens de l’apaisement du climat politique, Henri Konan Bédié n’entend pas poursuivre les discussions avec le président Ouattara sans la satisfaction de plusieurs exigences. Parmi les exigences formulées par le président du Pdci Rda, la libération des opposants détenus et le retour des exilés politiques. Henri Konan Bédié a aussi plaidé pour la mise en place d’une Nouvelle Constitution ivoirienne dans le cadre du dialogue national qu’il propose comme alternative à la crise politique ivoirienne.

«Ce « dialogue national » devrait aborder les questions suivantes : élaboration d’une nouvelle Constitution, la mise en œuvre d’un véritable processus de réconciliation qui prendra en compte le retour des exilés et la libération de certains prisonniers, l’indemnisation des victimes et de leurs familles, la réforme de la Commission électorale indépendante, l’organisation des élections, « notamment présidentielles, transparentes, crédibles et inclusives », le rétablissement de la confiance entre les Ivoiriens, le retour de l’État de droit dans le respect des libertés fondamentales de tous les citoyens et de la loi, tout en assurant le maintien de l’ordre sans bavures.  Avant « ce dialogue national », le chef de file de l’opposition demande la libération immédiate et sans conditions de toutes les personnes encore incarcérées suite aux actes de violence qui ont ponctué le scrutin présidentiel du 31 octobre, ainsi que la cessation de toutes les poursuites judiciaires à leur encontre.  Ce que Monsieur Bédié propose n’est ni plus ni moins une conférence nationale souveraine comme on en a vu dans plusieurs pays africains dans les années quatre-vingt-dix et dont l’objectif principal était de faire tomber les régimes en place afin de mettre en place une transition (tiens donc !), et la poursuite de l’impunité.», a déclaré le journaliste ivoirien Venance Konan, dans un éditorial consacré au dialogue national que propose Henri Konan Bédié, en lieu et place d’une rencontre avec le président Ouattara Alassane. Parmi les exigences formulées par le sphinx de Daoukro, l’élaboration d’une nouvelle constitution ivoirienne, une proposition à laquelle le Dg de Fratmat n’a pas manqué de réagir.

Du deux poids deux mesures ?

«Dans son adresse, le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci) a cité un jeune homme de Daoukro qui a été décapité. Souhaite-t-il que l’on arrête de rechercher son assassin, ainsi que ceux qui ont tué d’autres jeunes gens à Daoukro et dans plusieurs autres localités du pays ? Je crois que l’une des principales plaies de notre pays est la culture de l’impunité qui s’y est installée depuis l’instauration du multipartisme en 1990… Dans cette crise que nous venons de traverser, des personnes ont été égorgées, décapitées, brûlées vives, fusillées. Devrions-nous encore une fois passer tout cela par pertes et profits ? Pour arriver à la « nation fraternelle, démocratique et prospère qui rayonne en Afrique et dans le monde » qu’appelle de ses vœux Monsieur Bédié, nous devons rechercher, traquer, arrêter et juger les auteurs et commanditaires des crimes commis avant, pendant et après le scrutin du 31 octobre.», souligne Venance Konan.

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