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Maroc : des banques aux principes islamiques  

L’innovation marocaine en vue des finances conformes à la chère charia est en vigueur. C’est cinq banques marocaines qui à ce jour, viennent de bénéficier de l’agrément.

Mohammed VI, l’homme des grands chantiers en 2017. Ce mardi 3 janvier, le flash matinal de Radio Atlantic s’ouvre sur une bonne nouvelle tombée la veille au soir. Lundi, Bank Al-Maghrib (BKAM) a annoncé avoir donné son agrément à cinq banques marocaines pour exercer « l’activité bancaire participative », formulation officielle pour désigner les banques islamiques au Maroc. Le comité présidé par le gouverneur de la Banque centrale a analysé « l’actionnariat, la valeur ajoutée au marché marocain, la gouvernance et des risques ». Et a validé la création de cinq nouveaux établissements entièrement conformes à la charia, la loi islamique prohibant la stipulation d’intérêts et la spéculation.

Les capitaux du Golfe

Pour la plupart, il s’agit de coentreprises entre des banques marocaines conventionnelles et des institutions financières du Golfe, expérimentées dans ce domaine. CIH Bank a ainsi noué un partenariat avec Qatar International Islamic Bank ; BMCE Bank of Africa avec le groupe à capitaux saoudiens et bahreinis Dalla Al-Baraka ; la Banque centrale populaire avec le groupe saoudien Guidance ; le Crédit agricole du Maroc avec ICD, une filiale de la Banque islamique de développement, basée à Djeddah.

De son côté, Attijariwafa Bank est « toujours en discussion pour un futur partenariat », précise le communiqué. La première banque marocaine est contrôlée à 48 % par la Société nationale d’investissement, le holding de participations de la famille royale. Attijariwafa avait été la première banque à proposer, dès 2010, des produits financiers « halal », via sa filiale Dar Assafaa. Mais l’expérience n’a pas été concluante, à cause d’une fiscalité désavantageuse pour les produits conformes à la charia.

L’accomplissement des promesses de campagnes.

L’ouverture de banques conformes à la charia était une promesse de campagne, en 2011, du Parti de la justice et du développement (PJD), qui dirige le gouvernement depuis le 2 janvier 2012. Mais cinq ans plus tard, jour pour jour, la décision lui a pourtant largement échappé. Et c’est le roi qui nomme le gouverneur de la Banque centrale, qui insiste sur la séparation entre les affaires et la religion. De plus, la décision est intervenue au moment où le PJD peine à former une majorité, après être arrivé en tête des législatives du 7 octobre 2016.

En janvier de la même année, le ministre islamiste de l’enseignement supérieur (et professeur d’économie) Lahcen Daoudi avait suscité la polémique en déclarant que « les efforts pour créer des banques islamiques sont un djihad au nom d’Allah ». Dans la communauté des affaires, les avis sont plus mesurés sur l’engouement éventuel en faveur de ces nouvelles banques.

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