Accueil Afrique Liste des leaders et présidents africains assassinés

Liste des leaders et présidents africains assassinés

Leaders africains assassinés

Plusieurs présidents africains, durant l’exercice de leurs fonctions, ont été assassinés. Dans la majorité des cas, les responsables de ces assassinats restent jusqu’à ce jour inconnus mais de nombreux panafricanistes pointent du doigt la responsabilité de forces étrangères, en l’occurrence la France et les USA, dans ces meurtres. Le dernier chef d’Etat en Afrique mort pendant l’exercice de ses fonctions est le guide libyen Mouammar Kadhafi.

A la faveur de la révolution arabe qui a touché le Maghreb durant l’année 2011, le peuple libyen est massivement sorti dans plusieurs villes du pays pour exiger le départ de leur dirigeant. Aidés par la communauté internationale, les forces opposées au régime de Kadhafi ont finalement mis la main sur le dirigeant qui sera tué d’une balle dans la tête dans des circonstances encore confuses. Zoom sur le top 5 des chefs d’Etats africains qui ont été tués en plein exercice de leur fonction. Nous rappelons toutefois que cette liste n’est pas exhaustive. Elle est par conséquent susceptible de connaître des modifications avec le temps.

Sommaire:

L’histoire des présidents africains assassinés pendant l’exercice de leur fonction laisse encore de nombreuses interrogations sans réponses, même en encore en 2019. Dans la majorité des cas, ces dirigeants d’Afrique ont été tués dans des circonstances qui restent encore à élucider jusqu’à ce jour. C’est par exemple le cas de l’ancien chef d’Etat algérien Mohamed Boudiaf. Arrivé au pouvoir le 16 janvier 1992, il a été tué cinq mois plus tard, après sa prise de fonction, à savoir le 29 juin 1992 pour être plus précis, par un sous-lieutenant de l’armée algérienne. Mohamed Boudiaf a été tué alors qu’il donnait une conférence de presse par Lambarek Boumaarafi, un acte qui suscite encore de nombreuses interrogations. S’agissait-il d’un acte isolé ou commis avec la complicité de certains gradés de l’armée algérienne ? Jusqu’à ce jour, aucune réponse objective à cet assassinat qui marquait un tournant majeur dans la vie politique algérienne. Parmi les présidents africains assassinés, l’ancien dirigeant du Faso, le capitaine Thomas Sankara. Jusqu’à ce jour, le peuple burkinabè cherche à savoir dans quelles circonstances ce dirigeant qui prônait un communisme pur a été tué. Depuis des années, des doigts accusateurs se sont tournés vers son successeur, l’ancien chef d’Etat Blaise Compaoré. Mais durant les 27 années de règne de Blaise à la tête du Burkina Faso, l’enquête sur la mort de Thomas Sankara était restée quasiment au point mort. Ce n’est qu’à l’arrivée de Roch Christian Kaboré que les choses ont véritablement évolué. Si certains burkinabè sont unanimes sur la responsabilité de Blaise Compaoré dans l’assassinat du capitaine, la justice burkinabè n’a pas encore donné son verdict sur cette affaire qui remonte au 15 octobre 1987. l’une des raisons du blocage, l’absence d’un des principaux protagonistes de cet assassinat. Après avoir été évincé du pouvoir à la faveur d’un mouvement populaire Blaise Compaoré, autrefois bras droit de Thomas, a trouvé refuge en Côte d’Ivoire. Alors qu’un mandat d’arrêt avait été émis contre lui, l’ancien dirigeant a trouvé un moyen d’échapper à la justice de son pays, en demandant la nationalité ivoirienne qui lui a été octroyée. Il est désormais peu probable que la Côte d’Ivoire livre l’un de ses ressortissants à un pays voisin pour qu’il soit jugé, d’où le blocage sur ce dossier sensisble. S’il n’était pas l’un des présidents africains les plus riches, Thomas Sankara avait marqué son époque en tenant tête aux occidentaux, en l’occurrence la France. La théorie selon laquelle il aurait été tué avec une complicité de la France est même émise par une partie de l’opinion publique burkinabè, en l’occurrence celle dite hostile à l’impérialisme et au néocolonialisme occidental. Quoi qu’il en soit, la mort de Thomas Sankara n’a pas encore livré tous ses secrets, comme celle de nombreux chefs d’Etats africains assassinés au pouvoir au cours des dernières décennies. Le dernier dirigeant du continent mort pendant l’exercice de ses fonctions fut le libyen Mouammar Kadhafi. 7 ans après sa mort, de nombreuses zones d’ombres planent encore sur son assassinat. Mais là encore, les fidèles de l’ancien régime libyen ne se font pas prier pour accuser la France et l’OTAN d’avoir participé à l’assassinat de l’ancien dirigeant libyen en janvier 2011 lors du printemps arabe qui avait secoué presque tous les pays du Maghreb à l’époque. Zoom sur le top 5 des dirigeants africains morts au pouvoir.

Laurent-Désiré Kabila : engagé en 1960 contre le régime de Mobutu

Né le 27 novembre 1939 dans la province de Likasi, Laurent-Désiré Kabila avait marqué l’histoire de l’ex Zaïre en orchestrant le coup d’Etat qui fut à la base de la destitution de Joseph-Désiré Mobutu qui avait dirigé le pays de 1965 à 1997. Après avoir renversé Mobutu dont la fortune était estimée autour de 5 milliards de dollars après sa mort, Laurent-Désiré Kabila sera assassiné au pouvoir le 16 janvier 2001 dans sa résidence en début d’après-midi selon certaines sources. Malgré sa colossale fortune, Mobutu n’a jamais été cité dans le classement des présidents les plus riches du monde. Après un règne qui aura duré trois ans huit mois, Kabila père est assassiné par Rashidi Mizele, un ex enfant soldat qui avait rejoint sa garde présidentielle. Celui-ci sera abattu plus tard par Eddy Kapend, un colonel de l’armée congolaise aussi aide de camp de Kabila. La mort de l’ancien dirigeant congolais a eu lieu dans un contexte particulier. Isolé diplomatiquement par la communauté internationale, Laurent Désiré Kabila se cherchait de nouveaux alliés sur la scène internationale lorsqu’il a été tué par un membre de sa garde rapprochée à sa résidence en janvier 2001. Ce même jour, une rencontre était prévue entre le président congolais et des hommes d’affaires iraniens pour des discussions autour du ravitaillement de l’Iran en uranium. Sur le garde ayant assassiné Kabilé, une note portant la signature d’un attaché de l’ambassade américaine à Kinshasa disait ceci « en cas de problème contactez ce numéro ». Les Etats-Unis seraient-ils impliqués dans l’assassinat de Joseph Désiré Kabila ? La question reste toujours posée d’autant plus que les circonstances de la mort de l’ancien dirigeant qui avait chassé du pouvoir Mobutu n’ont pas encore été élucidées. A sa mort, les rênes du pouvoir seront confiées à son fils Joseph Kabila toujours en poste malgré l’expiration de son mandat constitutionnel depuis décembre 2016. Après avoir passé un an à la tête de son pays, après l’expiration de son mandat, Kabila s’est finalement résolu à organiser les élections en République Démocratique du Congo. S’il ne participera pas au scrutin, sa coalition sera toutefois portée par Emmanuel Shadary Ramazani. Mais le candidat présenté par Kabila sera battu aux élections, ce qui n’empêchera pas l’ancien président d’avoir la mainmise sur la gestion du pays. Le fils de l’ancien président assassiné contrôle encore le parlement dans son pays, malgré sa défaite à la présidentielle, ce qui lui donne droit à de nombreux privilèges, comme le choix du premier ministre qui est d’ailleurs issu de son clan.

> Lire aussi  L’éducation sexuelle en Afrique et le sida

Samuel Doe président, mort assassiné en 1990 (Libéria)

Né le 6 mai 1951, Samuel Kanyon Doe a accédé au pouvoir au Libéria en instaurant un climat de peur, climat de terreur qui sera également à l’origine de sa mort. Pour arriver au sommet du pouvoir, Samuel Doe a orchestré un coup d’Etat contre l’ancien président William Richard Tolbert qui était au pouvoir depuis les 23 juillet 1971. Son assassinat a suscité une vague d’indignation au sein de la communauté internationale qu’il fut l’un des premiers dirigeants africains à présider l’Union Africaine, à l’époque OUA (Organisation de l’Unité Africaine). Samuel Kanyon Doe est un ancien sergent qui avait été formé par l’américaine avant de rejoindre son pays le Libéria. Originaire de l’ethnie Krahn, il accède au pouvoir à l’issue d’une insurrection de certains militaires qui exigeaient le versement de leur prime. Le 12 avril 1980, Samuel Doe débarque à la résidence de William Richard Tolbert alors chef d’Etat du Libéria depuis 1971. Ne trouvant aucune résistance à l’entrée de la résidence, Samuel Doe et le groupuscule accèdent sans trop grande diffifculté à la chambre du président endormi dans son lit. Après l’avoir torturé et ses hommes balancent le dirigeant libérien par la fenêtre de sa résidence. Pour instaurer un régime de terreur, le nouvel homme fort du Libéria exécute en public tous les membres de l’ancien gouvernement. Arrivé au pouvoir après avoir assassiné son prédécesseur, Samuel Doe quittera le pouvoir de la même manière en 1990. Confronté à deux rebellions qui tentent de le renverser, l’ancien sergent sera capturé plus tard par les hommes de Prince Johnson qui lui infligera de nombreuses tortures avant de le tuer. L’assassinat de Samuel Doé a profondément choqué la communauté internationale, même s’il était considéré en son temps comme l’un des pires dictateurs du continent africain. La mort de l’ancien dirigeant libérien a été filmée et les images diffusées dans plusieurs médias ont suscité une indignation profonde chez certains. L’ancien militaire libérien, formé par les renseignements américains, a été exécuté d’une balle dans la tête par Yormie Johnson. Le corps de Samuel Doé exposé en pleine capitale était quasiment méconnaissable, eu égard des tortures qui lui ont été infligés après sa capture par la milice de Yormie Johnson. S’il était encore en vie, Samuel Doé allait probablement fait l’objet d’une enquête de la Cour Pénale Internationale, puisque de nombreuses exactions ont été commises à son arrivée au pouvoir.

Mohamed Boudiaf : président de l’Algérie, assassiné le 29 juin 1992

Parmi les présidents africains assassinés au pouvoir, Mohamed Boudiaf est sans doute celui dont la longévité de sa fonction présidentielle fut la plus courte. Né le 23 juin 1919, Mohamed Boudiaf était l’un des membres fondateurs du FNL, le front national de libération, un parti aujourd’hui présidé par l’actuel dirigeant algérien Abdelaziz Bouteflika. Après avoir occupé un poste ministériel dans son pays pendant 3 ans, il est nommé vice-président algérien de 1961 à 1962. Mais sa dévotion pour la cause de l’opposition dans son pays lui vaudra un long exil dans le royaume voisin du Maroc, exil qui durera 28 ans. Dans une Algérie fragilisée par la crise, Chadli Bendjedid qui était président de l’Algérie depuis 1979 annonce sa démission à la télévision nationale le 11 janvier 1992. Cinq jours après la démission de Chadli Bendjedid rentré de son exil se voit confier les rênes du pouvoir en Algérie le 16 janvier 1992. Mais le règne de l’exilé politique sera de courte durée. Après avoir seulement passé cinq mois et 13 jours dans ses nouvelles fonctions, Mohamed Boudiaf est assassiné le 29 juin 1992 alors qu’il donnait une conférence de presse dans la ville d’Annaba aujourd’hui la quatrième grande ville du pays. Un sous-lieutenant de l’armée algérienne répondant au nom de Lambarek Boumaarafi débarque dans la salle de conférence, lance une grenade qu’il balance dans la salle pour créer une diversion. Il abat ensuite à bout portant Mohamed Boudiaf, plongeant à nouveau l’Algérie dans le vide constitutionnel. Une commission d’enquête a été ouverte pour connaître les circonstances de la mort du dirigeant algérien, assassiné après seulement six mois passés au pouvoir. Sans aller au bout de son enquête, la commission mise en place pour élucider cet assassinat a tout simplement conclu qu’il ne s’agissait guère d’un acte isolé commis par Lambarek Boumaarafi. Un peu plus de 27 ans après l’assassinat de Mohamed Boudiaf, l’Algérie se retrouve plongé dans un nouveau vide constitutionnel. Abdelzaziz Bouteflika, arrivé au pouvoir en 1999, a annoncé qu’il briguerait un nouveau mandat en 2019, bien qu’il soit affaibli par un AVC depuis quelques années. Mais les algériens se dresseront comme un seul homme face à cette volonté de confiscation du pouvoir par le régime actuel. Face aux pressions de la rue, le dirigeant algérien démissionnera avant la fin de son mandat constitutionnel. Aujourd’hui, la mise en place d’une transition en Algérie divise, puisque le peuple algérien refuse que l’armée dicte les lois.

> Lire aussi  Gambie : Yahya Jammeh accusé de viol par quatre femmes

Thomas Sankara : « le ché » burkinabé

L’ancien président du Faso Thomas Sankara a été assassiné pendant l’exercice de ses fonctions à la faveur d’un coup d’Etat qui a conduit Blaise Compaoré au sommet de l’Etat. Thomas Sankara accède au pouvoir au Burkina Faso à la faveur d’un coup perpétré contre l’ancien dirigeant Jean-Baptiste Ouédraogo, arrivé lui aussi au pouvoir grâce à un putsch militaire contre le régime du colonel Saye Zerbo. Avant d’être chef d’Etat, Thomas Sankara a d’abord été premier ministre du Faso sous l’ère de son prédécesseur, à savoir Jean-Baptiste Ouédraogo. Mais suite à une discorde avec le chef d’Etat, l’ancien capitaine de l’armée burkinabè est limogé de son poste de premier ministre en mai 1983. Mais le capitaine ne s’avouera pas vaincu si facilement. Trois mois après son limogeage, Thomas Sankara orchestre un coup d’Etat le 4 août 1983 à l’issue duquel il prend les rênes du pouvoir. Arrivée au sommet de l’Etat, le capitaine change radicalement le cap de la politique internationale de son pays en remettant en cause la mondialisation prônée par les Etats impérialistes. Si ces idées révolutionnaires aux antipodes de l’impérialisme le faisaient passer pour le Che Guevara du continent africain, son règne sera malheureusement de courte durée comme celui de ses prédécesseurs. Le 15 octobre 1987, Blaise Compaoré, considéré comme le numéro de Thomas Sankara, orchestre un coup d’Etat contre le capitaine qui sera assassiné le même jour de son renversement. Blaise Compaoré accède au pouvoir mais les idées défendues par son prédécesseurs restent toujours ancrées dans l’esprit des burkinabè. Certains en viennent même à accuser Blaise Compaoré d’être le responsable de la mort de son ancien frère d’arme, mais jusqu’à ce jour l’ancien dirigeant n’a pu être inculpé ni mis en examen dans l’enquête sur la mort de Sankara survenue le 15 octobre 1987. Trente deux ans après son assassinat, Thomas Sankara demeure toujours une source d’inspiration pour de nombreux panafricanistes africains, en l’occurrence l’activiste franco-béninois Kemi Seba. Avec la destitution de Blaise Compaoré les burkinabè espéraient faire la lumière sur l’assassinat d’un des fils du continent les plus adulés. Trente deux ans après son assassinat, Thomas Sankara demeure toujours une source d’inspiration pour de nombreux panafricanistes africains, en l’occurrence l’activiste franco-béninois Kemi Seba. Avec la destitution de Blaise Compaoré les burkinabè espéraient faire la lumière sur l’assassinat d’un des fils du continent les plus adulés. Mais les burkinabè sont aujourd’hui beaucoup plus préoccupés par la situation sécuritaire qui devient inquiétante avec la récurrence des attaques dans le nord-ouest du pays. 

Mouammar Kadhafi est mort le 20 octobre 2011 assassiné en Libye

Au pouvoir depuis le 1er septembre 1969, Mouammar Kadhafi a lui aussi été tué à la faveur d’un soulèvement populaire en 2011 soutenu par la communauté internationale. Contrairement au salaire de certains dirigeants africains qui étaient connus, celui de Kadhafi était un secret bien tapis dans l’ombre. Mais selon une information de RFI citant le quotidien britannique The Telegraph en 2011, la fortune du clan Kadhafi était évaluée autour de 87 milliards de dollars. Le récit de la chute de Mouammar Kadhafi démarre en février 2011 lorsque le printemps de la révolution arabe déclenchée depuis la Tunisie, touche à son tour la Libye. La milice du conseil national de transition, une instance soutenue par la communauté internationale, prend tour à tour le contrôle de plusieurs villes stratégiques en Libye. Mais ces derniers ne réussiront pas à faire tomber le régime Kadhafi. Il aura fallu le soutien de l’OTAN entrée en scène le 17 mars 2011 après une résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Après plusieurs mois de conflits armés, la tête de Mouammar Kadhafi est mise à prix pour 1,2 million d’euros le 24 août selon une annonce faite par le Conseil national de transition. Le 20 octobre, environ 2 mois après l’annonce, le guide libyen est capturé vivant alors qu’il tente de quitter Syrte. Dans l’euphorie de son arrestation, il sera tué d’une balle dans la tête dont le tireur reste à ce jour inconnu. Depuis la mort de Kadhafi, la Lybie est devenue un véritable chaos où prospère le terrorisme à grande échelle.  

Plusieurs théories annoncent une possible complicité des grandes puissances dans l’assassinat de ces dirigeants africains. La raison, ces dirigeants africains devenaient de plus en plus gênants pour les intérêts politiques et économiques des grandes puissances, d’où la planification de leur assassinat, en complicité avec des forces loyalistes.

Vous pouvez aussi aimer