Burkina Faso : vaste mouvement de grève à la fonction publique

par Kohan Kioshiko
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GREVE BURKINA FASO – selon le Syntsha, le manque de volonté du gouvernement dans l’application des accords signés il y’a environ deux ans, serait à l’origine de ce vaste mouvement de revendication entamé depuis le début du mois. Et la santé n’est pas le seul secteur de l’administration burkinabè à observer une grève au cours de ce mois. Réclamant de meilleures conditions de travail, les gardes pénitenciers ont eux aussi adressé une série de revendications au gouvernement.

L’administration publique du Burkina Faso est paralysée depuis le début du mois par un vaste mouvement de grève constaté dans les secteurs de la santé et de la sécurité. Le Syndicat des travailleurs de la Santé Humaine et Animale (Syntsha) observe depuis quelques jours un arrêt de travail, pour protester contre le refus du gouvernement d’appliquer un accord qui avait été signé depuis 2017. Outre le secteur de la santé, l’administration pénitentiaire s’est également révoltée contre le gouvernement pour protester contre les conditions de travail, mais surtout pour exiger la réintégration de 10 agents qui avaient été suspendus de leurs fonctions le 8 février dernier pour «commission de faute d’extrême gravité».

Le mouvement de grève qui touche plusieurs secteurs de la fonction publique au Burkina Faso prend de l’ampleur. Au cours d’une conférence de presse, le secrétaire général du Syntsha, le Syndicat des travailleurs de la Santé Humaine et Animale, a décidé d’accentuer la pression sur le gouvernement une nouvelle fois en observant une nouvelle grève du 21 au 25 mai. Dans le même temps, le Syndicat national des agents de la garde de sécuritaire pénitentiaire du Burkina Faso (SYNAGSP), envisage pour sa part d’initier une opération de boycott des gardes et permanences à partir du 25 mai, jusqu’au 3 juin, en vue de demander au gouvernement de satisfaire les différentes revendications de la plateforme syndicale. Dans le cadre de la santé, le secrétaire général Syntsha a refusé de se prononcer sur la mise en place d’un service minimum, arguant que cette responsabilité relèverait plutôt du gouvernement. La nouvelle grève lancée par le Syndicat des travailleurs de la Santé Humaine et Animale intervient dans un contexte de confusion entre le ministère de la santé et la plateforme syndicale : «Alors que nous nous attendions à des réponses claires et précises du gouvernement sur l’application du protocole d’accord, à la surprise générale de la délégation du SYNTSHA et des collaborateurs de la ministre de la Santé, elle a nié avoir promis d’aller voir ses collègues et revenir au SYNTSHA, allant même jusqu’à tenter d’attribuer la responsabilité de la convocation de la réunion du jour au Syntsha. Face au rectificatif catégorique qui lui a été opposé, elle s’est contentée de dire que la réunion du jour avait pour but de discuter non pas du respect du protocole d’accord mais uniquement du service minimum organisé par le gouvernement», a laissé entendre le secrétaire général du syndicat en conférence de presse. D’ici quelques jours, les agents de la santé seront relayés par les gardes pénitentiaires qui ont annoncé un boycott du service entre 25 mai et le 3 juin prochain.

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Réintégration de 10 agents révoqués

Outre les nombreuses revendications adressées au gouvernement, le Syndicat national des agents de la garde de sécuritaire pénitentiaire du Burkina Faso envisage de protester pour la réintégration de 10 agents qui avaient été révoqués le 8 février dernier pour commission de faute d’extrême gravité : «Ce que nous revendiquons est très simple. C’est le rétablissement des carrières de tous les GSP, la reprise des 10 révoqués (…) Le juge a donné l’ordonnance de référé mais le ministre n’a pas exécuté. Nous ne savons pas pourquoi il n’a pas exécuté. S’il voulait un apaisement, il pouvait le faire.», déclarait l’un des représentants du Synagsp.

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