Procès coup d’Etat Burkina : Soro coupable selon un avocat

par Kohan Kioshiko
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PROCES DU PUTSCH MANQUE – Le verdict est finalement tombé après plus d’un an de bataille judiciaire. Comme il fallait s’y attendre, les deux principaux protagonistes de ce coup d’Etat manqué contre le régime de la transition, ont été condamnés par la justice Burkinabé. Pour l’un des avocats de la partie civile, le procès aurait dû s’étendre à certaines personnalités en Côte d’Ivoire, allusion faite à Guillaume Soro, qui au moment du putsch, était président de l’Assemblée Nationale. Une écoute téléphonique dont l’authenticité a été remise en cause impliquait l’ancien chef du parlement ivoirien dans ce renversement du régime de transition au Faso.

Me Guy Hervé Kam n’a pas caché sa joie à l’idée de la condamnation des deux principaux protagonistes du procès du coup d’état manqué au Faso il y’a quelques années. Le Général Diendéré et Djibril Bassolé ont été reconnus coupables à l’issue de 19 mois de bataille judiciaire. Mais pour l’avocat de la partie civile, des coupables trainent encore dans la nature, notamment en Côte d’Ivoire ou réside Blaise Compaoré l’ancien dirigeant du pays. Pour l’avocat de la partie civile, Guillaume Soro mériterait aussi d’être jugé et condamné dans ce procès.

Le verdict du procès du coup d’état manqué au Faso est finalement tombé. A la grande satisfaction de la partie civile, les deux principaux protagonistes cités dans cette affaire, le général Diendéré et Djibril Bassolé, ont été reconnus coupable dans cette tentative de renversement qui a ciblé le régime de transition en septembre 2015. S’il se félicite du verdict, Me Guy Hervé Kam, avocat de la partie civile, déplore cependant la mise à l’écart de certaines personnalités clés de ce procès, Guillaume Soro et l’ancien président Blaise Compaoré. Dans une interview accordée à Jeune Afrique, Me Guy Hervé Kam a estimé que l’ancien président de l’Assemblée Nationale était tout aussi coupable dans ce procès: «Absolument. Ils endossent une véritable responsabilité dans ce qui s’est passé à Ouagadougou. Malheureusement, les frontières permettent à Guillaume Soro et à d’autres Ivoiriens impliqués de ne pas avoir à comparaître devant la justice burkinabè. Ils sont Ivoiriens et ne seront pas extradés. Au plan national, il faut aussi rappeler que le Burkina a, dans une certaine mesure, abandonné sa procédure contre Guillaume Soro. Il s’agit d’une faiblesse de notre justice. Nous savons pertinemment que la Côte d’Ivoire n’extradera jamais Guillaume Soro. Mais à travers la décision qui a été rendue, lui aussi a été condamné. Si Djibrill Bassolé a été jugé coupable, c’est que Guillaume Soro l’est aussi». Si Djibrill Bassolé a été jugé coupable, c’est que Guillaume Soro l’est aussi». Dans une récente déclaration à la barre, l’ancien ministre de la défense du Faso, Chérif Sy, confirmait l’authenticité de l’enregistrement audio qui mettait en cause l’ex-PAN dans le coup d’état manqué de septembre 2015 au Faso : «Certains députés du CNT étaient avec moi et sont venus me dire de garder mon calme. A la fin de la rencontre, Guillaume Soro m’a dit qu’il cherchait à me voir mais que je refusais. On est rentré dans une salle. Il a dit qu’il m’avait envoyé son chargé de communication mais que je refusais de discuter. J’ai dit ’’discuter de quoi’’ ? Il a parlé du contenu de la conversation téléphonique. Il m’a dit qu’au moment où il tenait ses propos, il ne me connaissait pas. Il a dit qu’il souhaitait en parler. Et je lui ai répondu que s’il voulait en parler, alors qu’il vienne au Burkina Faso». Mais Guillaume et Blaise Compaoré ne risquent à priori plus rien dans ce procès, puisque la Cour de Cassation a annulé les mandats émis contre ces derniers, il y’a quelques années.

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Beaucoup de personnes impliquées

«Et pour tous ceux qui ont suivi ce procès, il y a eu quand même des révélations qui ont montré qu’il y avait plusieurs mains, dans ce coup d’Etat-là. On a vu la main de Blaise Compaoré, on a vu la main de la Côte d’Ivoire à travers les officiers supérieurs, on a vu la main du Togo à travers les officiers. Il y a beaucoup de personnes qui étaient impliquées, et qui malheureusement, ne pouvaient pas être poursuivies.», a confié l’avocat de la partie civile à RFI.

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