Cameroun : la mort du journaliste Samuel Wazizi officiellement confirmée

Disparition de Samuel Wazizi – Alors qu’il couvrait la crise anglophone, le journaliste camerounais a été interpellé le 2 août dernier dans la localité d’Ekona, située dans le sud-ouest du pays. Transférée ensuite vers Yaoundé la capitale, il sera sans nouvelles de sa famille et proches pendant plusieurs mois, ce qui n’empêchera pas le déroulement de son procès. Il y’a quelques jours, l’armée camerounaise confirmait la mort du journaliste interpellé pendant l’exercice de son métier. L’annonce de son décès, plus de six mois après son arrestation a suscité une vague d’indignation au Cameroun.

Au Cameroun, de nombreuses zones d’ombres planent encore sur la mort du journaliste Samuel Wazizi. Considéré par l’armée comme un logisticien au service des groupes terroristes, le journaliste qui couvrait la crise anglophone camerounaise a été mis aux arrêts le 2 août dernier par l’armée camerounaise. Il sera par la suite transféré vers la capitale camerounaise où se tiendra par ailleurs son procès. A la surprise générale, l’armée camerounaise annonce il y’a quelques jours, le décès du journaliste, alors que plusieurs audiences de son procès avaient déjà eu lieu. Les circonstances de la mort du journaliste camerounais suscitent aujourd’hui de nombreuses interrogations. Certaines sources révèlent que Samuel Wazizi avait été torturé par l’armée camerounaise au moment de son arrestation et de son transfert vers la capitale camerounaise. Selon le communiqué de l’armée, le décès du journaliste remonterait au 17 août 2019, soit environ deux semaines après son arrestation. Sans donner de plus amples détails, l’armée camerounaise révèle que l’homme de médias serait arrivé à Yaoundé dans un état de fébrilité avancé, assurant toutefois que le mis en cause n’avait à aucun moment été torturé par les hommes en armes, des explications qui ont du mal à rassurer.

Le communiqué confirmant la mort de Samuel Wazizi, journaliste camerounais interpellé le 2 août dernier dans le sud-ouest du pays, alimente encore la polémique. Présenté par l’armée comme un logisticien au service des groupes terroristes, l’homme de médias avaient été transféré vers la capitale camerounaise après son interpellation. Sa mort qui remonterait au 17 août selon le communiqué de l’armée, a suscité une onde de choc dans l’univers audiovisuel. Me  Emmanuel Nkea, l’avocat chargé d’assurer sa défense, n’a pas caché son étonnement après le communiqué de l’armée camerounaise, d’autant plus que le procès du journaliste suivait toujours son cours : «J’étais totalement dévasté, c’est une nouvelle très choquante, parce que si on savait que Wazizi était mort on ne serait pas allé en justice. On a eu plusieurs audiences, 14 audiences ! Et on a patienté tout ce temps, on a dépensé notre argent, notre temps, nos efforts et maintenant on nous donne ce genre de mauvaise nouvelle ! Non pas qu’il est mort hier, mais qu’il est mort au mois d’août dernier quand on avait déjà saisi la justice ! Pendant tout ce temps on a pensé qu’il était vivant ce n’est qu’aujourd’hui qu’on se dit que finalement il est mort avec ce communiqué officiel du ministère de la Défense.». Sur son compte Twitter Reporter Sans Frontières a fait part de son indignation suite au communiqué de l’armée camerounaise relativement à l’affaire Samuel Wazizi : «RSF indignée par les explications du ministère de la Défense sur la mort du journaliste Samuel Wazizi le 17 août 2019. La famille n’a jamais été mise au courant de son décès et le journaliste était en parfaite santé au moment de son arrestation».

Une enquête indépendante réclamée

«Si Wazizi est mort de cette manière, personne d’autre ne doit mourir ainsi… C’est pourquoi on veut que tous ceux qui sont responsables rendent des comptes. La famille ne veut pas qu’on lâche le dossier. Donc à partir de mardi  on va déposer une requête formelle pour demander une enquête indépendante pour connaître les causes de sa mort.», révèle son avocat. Rappelons que les forces armées camerounaises avaient été récemment épinglées dans un rapport d’Amnesty International dans la gestion de la crise anglophone.

Vous pouvez aussi aimer