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Guillaume Soro: homme d’État ivoirien

Guillaume Kigbafori Soro est un homme politique ivoirien actuel Président de l’Assemblée nationale de la République de Côte d’Ivoire.

L’homme qui se veut, ces jours ci, le Macron ivoirien a nourri des ambitions de plus en plus grandioses depuis ses premières années universitaires. Aujourd’hui lancé dans une sorte de course à la présidentielle 2020, il se soigne une image d’homme publique parfois écorchée.

Héros pour les uns, pourfendeur de la République pour les autres, Guillaume Soro avance malgré tout et semble avoir entamé depuis peu une sorte de pénitence. A ce stade de notre analyse une question mérite d’être posée : Qui est réellement Guillaume Soro ?
Guillaume Soro, alias Tiéni Gbanani, du nom d’un petit héros africain très téméraire, s’est construit une vie à l’aulne de la politique ivoirienne. Tantôt disciple de Laurent Gbagbo, tantôt élève d’Alassane Ouattara, le Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire s’impose aujourd’hui comme une alternative sérieuse pour la réconciliation nationale. Est-il vraiment cette alternative ? Pourquoi ? Réponde à de telles questions revient à passer en revue les moments forts de la vie de l’homme politique.

Biographie et syndicalisme universitaire

Guillaume Soro Kigbafori est né le 8 mai 1972 à Kofiplé, sous-préfecture de Dawala dans le département de Ferkessédougou en Côte d’Ivoire. Après le Baccalauréat il poursuit ses études à l’Université d’Abidjan-Cocody aujourd’hui Université Felix Houphouët Boigny. Au début des années 1990, il est très engagé dans le syndicalisme universitaire qui mit en branle le pouvoir de Felix Houphouët Boigny puis d’Henri Konan Bédié. De 1995 à 1998, il sera le Secrétaire General de la toute puissante Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire, en abrégé FESCI. Il est alors surnommé le Che ou encore Bogotha pour souligner son caractère révolutionnaire. Malgré son militantisme dévoué au sein d’une FESCI largement à la cause de Laurent Gbagbo, il obtient la licence d’Anglais à l’Université de Cocody. En 1998, il part poursuivre ses études en sciences politiques en Grande Bretagne puis en France. Quand a lieu, en 1999, le coup d’Etat des « Balayeurs » de Robert Guei, il revient au pays, mais très vite il est désenchanté par ce qu’il voit comme injustice sous le régime militaire. En effet, dans les premières heurts du putsch il s’affiche aux côtés du General, mais lorsque celui-ci écarte la candidature d’Alassane Ouattara pour motif qu’il n’est pas Ivoirien, Guillaume Soro le lâche et s’allie à l’infortuné président du RDR. Désormais il tourne le dos à son ancien mentor Laurent Gbagbo qui n’aurait rien fait pour empêcher l’application de l’article 35 et la politique d’ivoirité.

Guillaume Soro et la crise militaro-politique

Pour rétablir la « justice » dans son pays, dit-il, il a rejoint la rébellion d’Ibrahim Coulibaly dit IB, alors en préparation au Burkina Faso. Quand les rebelles rentrent en Côte d’Ivoire et s’emparent du nord après avoir échoué à prendre Abidjan, Guillaume Soro est nommé secrétaire général du Mouvement Patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI) qui sera rebaptisé Forces Nouvelles après la signature du 1er accord de Ouagadougou. A ce titre il participe au gouvernement de réconciliation nationale et sera nommé ministre de la communication en décembre 2005. Il est ensuite nommé ministre d’Etat, de la Reconstruction et de la réinsertion dans le gouvernement de Charles Konan Banny. Après l’accord politique de Ouagadougou du 26 mars 2007, il est désigné Premier Ministre au sein du nouveau gouvernement de transition devant- préparer des élections dans les plus brefs délais. Le vendredi 28 juin 2007, il sera la cible d’un attentat manqué à la descente de l’avion à l’aéroport de Bouaké. Une roquette atteint son avion et tue quatre de ses plus proches collaborateurs. Ce n’est que l’une des six tentatives d’assassinat sur sa personne. Le destin semble être de son côté et l’homme en sort ragaillardi. Lors de l’élection présidentielle d’octobre et décembre 2010, il se range aux côtés du Président Alassane Ouattara son nouveau mentor. Retranché avec lui au Golf Hôtel, il attend patiemment la fin du cauchemar et la consécration d’Alassane Ouattara reconnu vainqueur des élections présidentielles. La communauté internationale est de leur côté et celle-ci contribue à la victoire finale des hommes de Soro Guillaume qui prenne d’assaut la résidence de Laurent Gbagbo et l’arrête. C’était le 11 avril 2011 ! Le 11 mai Ouattara est officiellement investi Président de la République de Côte d’Ivoire. Le 12 mars 2012, Guillaume Soro est élu Président de l’Assemblée Nationale, le 6e du pays.

L’homme d’Etat post crise électorale

Depuis son élection à l’assemblée nationale Guillaume Soro est devenu, constitutionnellement, le 2e homme fort du pays. Dès lors il dirige son assemblée et mène quelques actions en faveur du bienêtre des populations et de la réconciliation nationale. En revanche en novembre 2015, une sombre affaire d’écoute téléphonique le pointe du doigt dans une tentative de coup d’Etat au Burkina Faso. Cette année, une autre affaire, encore plus grave, a éclaboussé son image de fidèle allié du Président Ouattara. Il s’agit de l’affaire des caches d’armes dans laquelle l’un de ses proches, Souleymane Kamagaté Koné dit SoulTosoul a été inculpé par le Procureur de la République. Comme si cela ne suffisait pas, Guillaume Soro est accusé d’entretenir de lugubres ambitions politiques au regard des suspicions nées de ses rencontres avec Henri Konan Bédié à Paris dans le mois de Juillet.

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