Henri Konan Bédié: homme politique ivoirienne

par Tatiana Agostino
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Henri Konan Bédié est un homme d’Etat ivoirien bien connu dans la sphère politique depuis le début des années 1990.

Il a été président de la Côte d’Ivoire de la mort de Felix Houphouët Boigny, c’est-à-dire en 1993, à 1999 date à laquelle il est déposé par un coup d’Etat conduit par le General Robert Guei. Egalement, il est le président du PDCI-RDA, Parti Démocratique de Côte d’Ivoire du Rassemblement Démocratique Africain fondé par Felix Houphouët Boigny depuis la disparition de ce dernier.

Aujourd’hui allié au Président Alassane Dramane Ouattara dans le Rassemblement des Houphouetistes pour la Démocratie et la Paix, il reste comme l’on dit, à la barre pour un éventuel retour au pouvoir.
Henri Konan Bédié fut pendant longtemps considéré comme un pur produit de la bourgeoisie élitiste du PDCI-RDA à l’époque du Parti Unique. L’ancien ambassadeur a dû s’habituer aux ruades de la scène politique ivoirienne en ayant quelques fois l’impression d’avoir subi la grande injustice de l’histoire moderne de la Côte d’Ivoire. Revenons sur le parcours atypique du Dauphin constitutionnel de Felix Houphouët Boigny.

De la naissance à la vie politique

Aimé Henri Konan Bédié est né le 5 mai 1934 à Daoukrou une ville du centre-ouest de la Côte d’Ivoire. Né en pays baoulé et de parents baoulé, il entamera ses études dans la ville de Dabou située à 45,8 Km d’Abidjan la capitale. Après l’obtention d’un Baccalauréat scientifique en 1954, le jeune Henri Konan Bédié part pour la France, poursuivre ses études à l’Université de Poitiers. En France il obtiendra successivement une licence en Droit, deux diplômes d’études supérieures en économie politique et le certificat d’aptitude à la profession d’avocat. Plus tard, en 1969, il soutiendra avec succès une thèse de doctorat en sciences économiques. Durant la lutte anti-coloniale Henri Konan Bédié se fit remarquer de ses aînés par son militantisme sans failles au sein du PDCI-RDA, qui permet à la Côte d’Ivoire de parvenir à son indépendance le 7 août 1960. En 1958 il est nommé Directeur de la caisse de prévoyance sociale avant de devenir, de 1961 à 1966, le premier ambassadeur de la Côte d’Ivoire aux Etats Unis. Par la suite il assumera les fonctions de Ministre des Finances de 1966 à 1977 et de Président de l’Assemblée Nationale de 1980 à 1993.

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Un pouvoir frappé du sceau des turpitudes

En 1993, le Président Felix Houphouët Boigny décède au cours de son premier et seul mandat post-multipartisme. En tant que dauphin constitutionnel, Henri Konan Bédié assure l’intérim, après avoir pris soin de mettre sur la sellette Alassane Ouattara qui se réclamait aussi de la succession du « Vieux » (terme affectueux pour designer Houphouët). L’on pourrait dire qu’Henri Konan Bédié arrive au pouvoir au mauvais moment. En effet, non seulement il est acculé par ses adversaires politiques, mais il doit faire face à la crise économique que les plans d’ajustement structurel peinait à juguler. Désormais son parti connait une dissidence dont le RDR, Rassemblement Démocratique de Djeni Kobinan puis d’Alassane Ouattara en plus du vielle opposition du FPI de Laurent Gbagbo. Son intérim s’achève en 1995 date à laquelle il organise les élections que l’opposition juge biaisées. Le FPI appelle au boycott actif pendant que le RDR est soigneusement écarté par le fameux concept d’ivoirité. Son président Alassane Ouattara est accusé de nationalité douteuse et un mandat d’arrêt international délivré par le Président Henri Konan Bédié est émis contre lui. Il dût s’exiler pour ne pas être arrêté. Dans le même temps le pouvoir d’Henri Konan Bédié est malmené par l’opinion nationale et internationale car on l’accuse de corruption, de détournement et de xénophobie. Le 22 décembre 1994, un coup d’Etat mené par le General Guei l’oblige à quitter son pouvoir et à s’exiler en France.

Un allié de poids dans la crise militaro-politique

En 2000, un nouveau Président est élu, en la personne de Laurent Gbagbo. Celui-ci convoque un forum de réconciliation nationale où il convie Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara. En 2002 survient la rébellion qui obligea le Président d’alors à partager le pouvoir avec des partis d’opposition dont le PDCI-RDA. Des proches d’Henri Konan Bédié seront alors nommés comme Charles Konan Banny, ancien gouverneur de la BCEAO qui devient Premier Ministre. Le PDCI de Bédié s’imposera comme un allié de choix pour le RDR et l’opposition en général. En 2010, l’élection présidentielle est finalement tenue après plusieurs reports. Au premier tour le parti d’Henri Konan Bédié finit 3e derrière le FPI et le PDCI. Bédié crie qu’on lui a volé des voix et des voix indiscrètes portent l’accusation sur Alassane Ouattara. Cependant Henri Konan Bédié décide de s’allier avec lui au sein du mouvement RHDP pour le second tour. La coalition triomphe de La Majorité Présidentielle du Président sortant qui refuse de céder le pouvoir. Après quelques mois de combats, Laurent Gbagbo est capturé et Alassane investi.

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Perspective et avenir d’un homme ambitieux

Le PDCI d’Henri Konan Bédié est désormais l’allié infaillible du nouveau parti au pouvoir le RDR. La coalition se partage le pouvoir et œuvre au rétablissement de l’économie du pays. En 2015, il réitère son soutien à Alassane Ouattara pour l’élection présidentielle. Avec l’absence du FPI, Alassane Ouattara s’impose haut les mains. Cependant un accord tacite les unit dorénavant à savoir l’alternance au pouvoir en 2020. Pourtant le discours parisien du sage de Daoukrou en compagnie de Guillaume Soro n’est pas du goût de l’allié RDR car pour ce dernier le débat sur la succession est malsain à deux ans de l’échéance présidentielle. Henri Konan Bédié continue néanmoins de se positionner car estime-t-il, il est temps qu’on lui renvoie l’ascenseur pour son soutien infaillible au RDR depuis 2011.

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