Idriss Déby : portrait de l’homme et sa carrière

par Fatou Touré
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Idriss Déby Itno est le Président de la République du Tchad depuis le 2 décembre 1990.

Arrivé au sommet de l’Etat par une insurrection armée ayant chassé du pouvoir Hissène Habré, il impose un certain ordre dans un pays longtemps plongé dans le chaos. Idriss Déby Itno essaye aujourd’hui, après vingt-sept de règne sans partage, d’instaurer une sorte de démocratie, mais avec peine. Cependant sous son règne beaucoup de choses ont changé et le Tchad n’est plus cette République somalisée.

Idriss Déby Itno n’est pas qu’un chef d’Etat qui a su redresser d’une certaine façon l’état de santé de son pays. Il s’est construit dans la sous-région et même en Afrique une image de Robin du Sahel. En effet, à l’image de la Russie, le Tchad n’est pas une forte économie, mais il est une puissance militaire qui en impose partout où elle pose les bottes. Etudions un peu la personnalité de cet homme qui se fait aujourd’hui chantre du Panafricanisme.

Enfance et premières études

Idriss Déby Itno est né le 18 juin 1952 à Berdoba, au sud de Fada, la capitale de l’Ennedi Ouest, une région au nord-ouest du Tchad près de la frontière du Darfour au Soudan. Il est le fils d’un berger musulman originaire de l’ethnie Kouriaria, un sous-groupe de l’ethnie Bideyat, elle-même issue du groupe Zaghawa, présent à l’ouest du Tchad et au Darfour. Après avoir passé son Baccalauréat, il ente à l’école des officiers de N’Djaména, puis obtient en 1979 une licence de pilote professionnelle en France. Cette licence, il l’a précisément obtenue à l’Institut aéronautique Amaury de la Grange dans la spécialité transport des troupes.

Premier pas dans la politique

Retourné au Tchad il rentre évidemment dans l’armée en tant qu’officier. Il collabore avec Hissène Habré entré en rébellion en mars 1980 contre le Gouvernement de Transition National de Goukouni Oueddei formé cinq mois plus tôt. Hissène Habré le nommera comme commandant en chef des Forces Armées du Nord (FAN). Le 7 juin 1982, à la tête d’une colonne de soldats, les deux hommes rentrent à N’Djaména et force le Président Goukouni Oueddei à prendre le chemin de l’exil en Algérie. Promu colonel après la prise de pouvoir, il retourne en France pour suivre des cours à l’Ecole de Guerre Inter-armées. De retour au Tchad il est nommé conseiller d’Hissène Habré à la Défense et à le Sécurité. A la fin des années 1980, Idriss Déby se brouille avec son ancien compagnon d’armes Hissène Habré. Il est accusé, avec deux de ses cousins officiers, de complot contre l’Etat. L’un de ses cousins Mahamat Itno, ex ministre de l’Intérieur est tué dans leur fuite tandis que l’autre, le colonel Hassan Djamous est blessé et fait prisonnier. Idriss Déby seul réussit à rejoindre la Lybie voisine. Ensuite il gagne le Soudan où il fonde le Mouvement Patriotique du Salut (MPS). Le 1er décembre 1990, avec l’aide de la France, il prend la capitale et Hissène Habré se réfugie au Sénégal.

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Les premières années de son règne

Dès sa prise de fonction, il jette les bases d’un nouvel Etat grâce à l’élaboration d’une nouvelle constitution. Dès février 1991, il jette les principes directeurs du nouvel Etat tchadien sur la base d’une réforme institutionnelle. En 1995 il est promu Général de Corps d’Armée et le 14 avril 1996 la Constitution est enfin promulguée. En 1996 il organise les premières élections pluralistes au suffrage universel du pays depuis l’indépendance en 1960. Il est élu et ouvre son gouvernement à une partie de l’opposition. Le 20 mai 2001 il est réélu pour la seconde fois et ce dès le premier tour avec 63,17% des pouvoirs. Il boucle la construction de l’oléoduc Tchad-Cameroun en 2003 et fait modifier la constitution en 2005 afin de lever la limitation des mandats. Comme cela était évident, en mai 2005, une rébellion tente de le renverser pendant qu’il se trouvait en Guinée Equatoriale pour un sommet de la CEMAC, Communauté des Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale. L’armée française intervient de justesse pour sauver son pouvoir en tirant sur les rebelles du Front Uni pour le Changement (FUC). En 2006, sans surprise il est réélu pour un troisième mandat et en 2011 pour un quatrième mandat. En 2016, il reporte à 2019 les élections législative et présidentielle pour insuffisance de moyennes.

Le nouvel homme fort contesté de l’Afrique

Idriss Déby Itno est décrié par la Communauté Internationale pour sa mainmise sur l’Etat Tchadien. En effet depuis vingt-sept, l’homme dirige d’une main de fer le Tchad au mépris de l’alternance, modifiant à sa guise à la Constitution tchadienne. En outre l’on l’accuse de violations graves des droits de l’homme et de bâillonnement des libertés individuelles. Pourtant une autre catégorie, d’Africains surtout, le perçoit comme un grand panafricaniste bravant l’ingérence étrangère occidentale. L’homme monte sur ses grands chevaux et amorce de grands changements au sein de l’Union Africaine. Si son pouvoir est apparu vacillant pendant longtemps, aujourd’hui il s’impose comme indécrottable. En effet, son armée a été sur tous les fronts de la guerre contre le Djihadisme en Afrique : Au Mali, au Niger, au Niger, bref au Sahel. Ses victoires lui ont conféré un statut de Robin du Sahel. Cependant dans son pays, continue de sourdre, un mécontentement qui grandit.

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