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Ellen Johnson Sirleaf

Ellen Johnson Sirleaf, la présidente sortante du Libéria est une femme d’exception à la fois pour son pays et pour le monde entier. Elle est, à ce jour, la seule femme chef d’Etat d’un pays africain en même temps qu’elle est le seul président de son pays à avoir été élu de manière démocratique et libre.

A quelques jours de son départ de la présidence, il serait utile de revenir sur la vie et la carrière de cette femme modèle.
Qui est au juste Ellen Johnson Sirleaf ? Malgré les douze longues années passées à la tête du Libéria, peu de personne savent qui elle est vraiment. Cette femme a remis sur les rails du développement son pays miné par la guerre civile et la pauvreté. Au crépuscule de son règne, l’on craindrait même un retour en arrière du Libéria. La tournure actuelle que prend l’élection présidentielle n’est pas faite pour rassurer.

Biographie d’Ellen Johnson Sirleaf

Ellen Johnson Sirleaf est issue d’une certaine classe bourgeoise libérienne, celle qui dirigea le pays jusque dans les années 1980, quand Samuel Doe prend le pouvoir par les armes. Ce dernier fut le premier président libérien natif du Libéria. Ellen Johnson Sirleaf a une ascendance bourgeoise en effet avec un grand père allemand du côté de sa maman. Du côté de son père, elle est la descendante du premier président libérien né sur le sol de son pays. Il s’agit de Hilary R. W. Johnson. Ellen Johnson Sirleaf est née le 29 octobre 1938 au Libéria. Son père, Jahmale Carney Johnson était un avocat adopté à sa naissance par une famille américano-libérienne. Elle se marie très tôt, à 17 ans avec James Sirleaf. Après son mariage, elle part poursuivre ses études aux Etats Unis où elle obtient un baccalauréat ès sciences en comptabilité au Madison Business College en 1964, un diplôme d’économie de l’université de Colorado en 1970 et un master en administration publique à l’université Harvard en 1971. Bien avant cela, en 1961, elle divorce d’avec James Sirleaf après six ans de mariage. Elle le quitte avec ses enfants après que ce dernier a menacé de la tuer avec un pistolet, le geste ultime après une série de violences conjugales.

Premiers pas dans la politique et carrière d’économiste

Sous le régime de William Richard Tolbert, elle est tour à tour secrétaire d’Etat aux finances (1972-1978) et ministre des finances (1979-1980). En 1980, Samuel Doe arrive au pouvoir et fait exécuter la plus part des membres du gouvernement Tolbert sur une plage. Ellen Johnson doit sa survie à une certaine humanité de Samuel Doe qui s’était donné pour règle de ne pas s’en prendre aux femmes. Elle s’exile d’abord, puis revient au pays pour à nouveau faire de la politique. Menacée de mort puis de prison par le régime de Samuel Doe, elle est forcée à quitter le pays. Après l’épisode politique de son Libéria natale, la « dame de fer » décide de s’occuper à nouveau des finances. C’est ainsi qu’elle poursuit sa carrière d’économiste au sein de la banque mondiale et de la Citibank. En 1997, elle réapparait dans l’échiquier politique libérien en finançant la campagne présidentielle de Charles Taylor, un ancien chef rebelle lors de la guerre civile libérienne des années 90. Bien qu’elle ait reconnu peu après que c’était une erreur de sa part, elle fut condamnée à ne pas exercer de fonctions officielles pendant 30 ans au Libéria. Heureusement, la sentence ne sera jamais appliquée grâce à la nécessité de la réconciliation nationale.

Ellen Johnson présidente, une lueur d’espoir pour le Libéria

Le 23 novembre 2005, Ellen Johnson Sirleaf devient la première femme élue présidente de la République du Liberia. Elle a battu au second tour le footballeur international Georges Weah avec 59,4% des voix contre 40,6%. Sous son premier mandat, le Libéria a retrouvé une certaine stabilité bien que le chômage et la pauvreté restaient omniprésents. Fort de ses réussites nationales et de son engagement international, elle reçoit en 2011 le prix Nobel de la Paix après celui de la médaille présidentielle de la liberté remise par le président américain George W. Bush. En 2011, elle remporte à nouveau l’élection présidentielle, cette fois en battant Wiston Tubman qui criera au boycott sur la base de supposées fraudes. Malgré ses protestations, Ellen Johnson Sirleaf sera investie le 16 janvier 2012 en présence de hautes personnalités mondiales dont Hilary Clinton, alors secrétaire d’Etat américaine. Malgré ses hauts faits reconnus par tous, Ellen Johnson Sirleaf aurait déçu l’opinion nationale et internationale sur certains points. Le premier est la défense des lois criminalisant l’homosexualité alors que toute la communauté internationale s’accorde pour dépénaliser la pratique. Le deuxième est le statut de la femme au Libéria. Ce statut n’aurait vraiment pas changé malgré la présence d’une femme au pouvoir. Les femmes seraient toujours autant stigmatisées et violentées qu’il y a vingt ans.

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