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Arafat DJ : Bio de l’enfant terrible du coupé décalé

Dans cette biographie nous vairons que DJ Arafat se fait surnommé le « 8500 volts », le « Zeus d’Afrique » ou encore « Yorobo », Arafat DJ est considéré à ce jour comme l’un des plus grands artistes ivoiriens voire africains de ce début de millénaire. Adulé par les uns et haï des autres, le dj crée régulièrement le buzz sur internet au gré des clashs qui l’oppose à ses collègues.

Sa notoriété a dépassé les frontières ivoiriennes au point de faire de lui l’icône de toute une génération. Aujourd’hui, sa figure ne se dissocierait plus du coupé décalé, un genre musical qu’il n’a pourtant pas crée. Malgré les années qui passent et les tendances nouvelles, il réussit à se maintenir au sommet de la musique ivoirienne. Pour beaucoup de mélomanes, seuls des artistes comme Alpha Blondy, Tiken Jah ou encore Asalfo des Magic System peuvent se targuer d’avoir fait mieux que lui. Les récompenses se multiplient pour lui autant au plan local qu’au plan international quitte à faire parfois grincer les dents. Au plan national il a battu tous les records. Si la conquête mondiale se fait plus rudement, tout le monde est en revanche unanime pour reconnaitre qu’il a porté le coupé décalé à la reconnaissance internationale. Passant du coupé décalé techno au coupé décalé trap, Arafat DJ devient multidimensionnelle. Sa musique est transgénérique et son attitude visionnaire. Cette attitude visionnaire contribue à le maintenir constamment au-dessus de la mêlée et à lui permettre des collaborations qu’on n’aurait jamais imaginées. Pourtant, celui qui mène actuellement une existence qualifiée de luxueuse, n’a pas toujours bénéficié des largesses de la vie. Comme il le dit dans son morceau « Enfant béni », il s’est construit lui-même et personne n’était là pour lui. Que sait-on à ce jour du roi du coupé décalé ? Que sait-on de sa vie et de ses frasques en 2017? Découvrez l’essentiel de l’auteur de Kpankata.
Une enfance et une adolescence difficiles
Premiers pas et premiers succès dans la musique
Des années de gloire qui perdurent”
Les rivalités artistiques multiples
L’artiste et les polémiques

Une enfance et une adolescence difficile

Dj Arafat, de son vrai nom Ange Didier Houon, est né le 26 janvier 1986 à Yopougon, un quartier populaire d’Abidjan, la capitale ivoirienne. Il est le fils de Pierre Houon dit « Wompi » un musicien et de Tina Spencer ou Tina Glamour une chanteuse très controversée à cause de son style jugé trop osé. Très tôt, il perd son père qui représentait tout pour lui. C’est à ces côtés qu’il apprit les premières notes de musique et des instruments comme la guitare. Pour anecdote, il faisait partie d’un groupe de petits musiciens qui accompagnait Belinda, une fillette rendue célèbre dans les années 1990 par une chanson. Belinda c’est également la fille d’un autre couple de musiciens ivoiriens à savoir Marcelin Yacé mort dans les premières heures de la crise de 2002 et Tiane. Après la mort de son géniteur, il grandit au côté de sa mère qui donnait, dans les années 1990, des prestations scéniques obscènes. L’on dira plus tard qu’il en a beaucoup souffert et en souffrirait encore. Préoccupée par ses tournées, Tina Glamour ne voit pas grandir son petit Didier Houon plus vite qu’il ne devrait. A l’âge de onze ans, il rentre dans le cercle vicieux de la drogue et de la délinquance. Dès cet instant c’est le divorce avec sa mère qui n’a plus d’emprise réelle sur lui. Il commence alors à écumer les ghettos de Yopougon, puis à l’adolescence les maquis de la commune. Poussée par sa passion de la musique, il s’introduit peu à peu dans les cercles fermés du monde de la nuit. Il devint alors Dj dans un maquis de la Rue Princesse, une célèbre adresse pour les noctambules à Abidjan. En 2002, aux premières heures de la crise militaro-politique nait un mouvement musical depuis Paris. C’est le « Coupé Décalé » et il est l’œuvre d’un groupe d’expatriés ivoiriens appelés Jet 7. C’est ce nouveau genre musical qui va propulser Yorobo au sommet de la musique ivoirienne.

Premier pas et premier succès dans la musique

En 2003, alors qu’il officie comme Disc Joker au maquis le « Shanghai », l’une des références à l’époque, il est repéré par un producteur du nom de Roland le Binguiste. Ce dernier, ayant remarqué son talent, décide d’abord de le mettre en featuring avec l’artiste S Kelly. Le jeune Arafat DJ, alors âgé de dix-huit ans, crève les yeux par savirtuosité sur ce featuring. Roland le Binguiste décide par conséquent de lancer sa carrière. En 2003, Arafat sort le morceau « Jonathan » en hommage à un pote décédé dans un accident de moto. Le clip est tourné au parc des sports de Treichville avec Mulukuku Dj et surtout Douk Saga le créateur du coupé décalé avec sa Jet 7. Le succès qu’il récolte avec ce morceau lui ouvre d’autres portes, notamment à l’international. Le producteur Désiré Kouadio le sollicite en France pour quelques spectacles. Séduit par les opportunités en France, il décide de s’y établir. Le Yorobo réussit à officier dans quelques boites de nuit mais la justice met fin à son rêve français. Il est rapatrié en Côte d’Ivoire parce que son visa avait expiré depuis plus de deux ans. Avant cela, il a passé un mois dans un centre de rétention administrative pour avoir notamment vendu des CD piratés. C’est ainsi qu’il retourne au pays natal en 2007. En France, il avait sorti l’album Femmes en 2005, un autre en 2006 avec Meiway et un single Abidjan-Paris en 2007 en duo avec Christy B, l’un des pionniers du coupé décalé. De retour au pays, il relance sa carrière en formant un duo mémorable avec Debordeau Leekunfa. Les deux amis sortent d’abord « Chouchou » en 2008, mais ce titre passera presque inaperçu. La même année parait un autre single, celui là détonnant. Il s’agit du fameux titre « Kpangor », la danse du gorille qui récolta un succès au-delà de leur espérance. Du Bénin au Burkina en passant par le Cameroun, « Kpangor » fait rage. A la suite de « Kpangor » il produit des singles en solo à savoir « Confirmation Kpangor », « Lebede 2 », « 25 25 Arachide », « Boudda ». En 2009 d’autres titres phares suivront, spécialement des « Attalaku », sorte de chanson élogieux à l’endroit d’une personnalité. Il y aura « Spot 2009 », « Interdit au moins de 30 ans », « Retour en clash », « Cadeau de fin d’année » et surtout le « Spécial Stéphane Sessegnon et Marie Claude Sessegnon » en featuring avec son copain Debordeau Leekunfa. C’est le début d’une ascension fulgurante. C’est à cette époque qu’il s’attache les services de ses trois fameux danseurs que sont Magicien, Ordinateur et Bébé sans os.

Des années de gloire qui perdurent

A partir de 2010, il se sépare de son binôme Debordeau Leekunfa après une querelle de leadership. Cette séparation a été à l’origine d’une succession de chanson-réponses dans lesquelles les deux artistes s’adonnent à un concours d’insultes sans précèdent dans l’univers de la musique ivoirienne. Rappelons qu’en fin 2009, la scission était consommée. Arafat DJ sort un album intitulé « Gladiator ». En juin 2010 paraissent les tubes « Zoropoto I et II » qui vont faire danser tous les Ivoiriens. Plus que jamais Arafat est un artiste de poids au niveau national. Au fil de ses morceaux, il fait un pas de plus vers le sommet de la musique ivoirienne. Désormais il s’impose comme le Roi du Coupé Décalé et devient bientôt un monstre, si le terme s’y prête. Dès 2010, il commence à établir des records et à en pulvériser d’autres. En effet, le 13 août 2010, il devient le premier artiste coupé décalé à faire un concert en solo dans la plus grande et prestigieuse salle de spectacle de Côte d’Ivoire : le Palais de la Culture. Depuis, il remplit régulièrement cette salle chaque année sans grande difficulté. Alors surnommé « Sao Tao le dictateur » il innove en faisant pliant le coupé décalé à d’autres genres musicaux tels que le rap, l’électro ou le rnb (« Nouchi rnb » featuring Yvan Trésor). En 2012 lorsqu’il sort les albums « Commandant Zabra » et « Kpankaka », il reçoit ses premiers véritables trophées internationaux au Kora Awards. Il s’agit des prix du « Meilleur artiste africain de l’année » et du « Meilleur artiste masculin d’Afrique de l’ouest ». Dès lors il est sollicité par ses pairs africains pour des collaborations. Nous citerons Davido et J-Martins du Nigéria, Toofan du Togo, Fally Ipupa de la RDC ou encore Mokobé de la France. Par la suite il a sorti d’autres albums comme « Chebele » en 2013 ou « Yorogang » en 2016. Il a surtout joué sur els singles pour asseoir sa notoriété au point de signer avec Universal Music et de travailler avec des stars comme Maître Gims. Parmi ces morceaux notables nous retiendrons les plus récents : « Faut chercher pour toi », « Enfant béni », « Kpadoompo », « Gbobolor » et « Maplôrly ». Sa couronne de roi du coupé décalé n’est presque plus contestée malgré les prouesses de ses plus coriaces adversaires que sont Serge Beynaud et Debordeau Leekunfa. Les prix et les récompenses s’empilent pour lui au fil des tubes. C’est ainsi qu’il remporte les deux premières éditions des Awards du coupé décalé au point de pousser les concurrents à crier au favoritisme. Il est reconnu à ce jour comme l’un des jeunes africains les plus influents de sa génération. Ses récents échecs de ces concerts en France et en Afrique n’auraient en rien entamé sa célébrité auprès de la jeunesse africaine qui le suit par milliers sur les réseaux sociaux. La carrière d’Arafat n’est en revanche pas que louanges et propos dithyrambiques. Sa personnalité est au cœur d’importantes affaires qui secouent régulièrement la toile et le monde du coupé décalé.

Les rivalités artistiques multiples

La carrière d’Arafat DJ c’est avant tout celle d’un artiste en perpétuel conflit avec ses pairs. Ses relations avec les autres artistes du coupé décalé ou avec les autres artistes tout court se résument généralement en des clashs. Personne n’est épargné par ce qu’on pourrait appeler le « marketing » de l’artiste car dans une récente vidéo il affirmait que tous ces clashs visaient à réveiller ses collègues afin de les pousser au travail. Ce serait une façon pour lui d’établir une vive concurrence qui pourrait être bénéfique à la musique nationale. Son premier clash, qui dure à nos jours, est celui qu’il entretient avec son ancien binôme Debordeau Leekunfa. Pour beaucoup, leur rivalité a dépassé les frontières de la décence et du moralement acceptable. Injures, menaces, intimidations, railleries, tout y passe. Parmi ces empoignades nous avons l’épisode du « Ferrari Bar » en avril dernier à l’issue duquel chacun accuse l’autre d’avoir voulu le tuer. A la deuxième position de ses « victimes » préférés il y a Serge Beynaud considéré comme le N°2 du coupé décalé. Tout a commencé en 2014 quand Arafat a traité de « péd* » l’arrangeur Sexinini après la parution de son titre « Talehi ». Depuis lors les deux artistes se lancent régulièrement des pics en grande partie sur les réseaux sociaux. En début d’année 2017, Serge Beynaud profite d’une vidéo enrégistrée lors d’un séjour d’Arafat Dj au Maroc avec la sulfureuse Emma Lohoues et le Molare DJ pour tourner en dérision la virilité son rival. C’est la fameuse affaire de « Kikinette » (petit pénis) qui provoque l’ire de Yorobo. A côté de ces deux rivaux favoris nous avons une autre liste non exhaustive d’autres cibles de l’auteur de « Kpadoompo ». Il s’agit de Bebi Philipe alias Mister BBP son premier arrangeur, de Dj Léo, Dj Mix, Francky Dicaprio pour ne citer que ceux-là. Il a également maille à partir avec des artistes d’autres genres comme Shado Chris et même des chanteurs étrangers tels que le malien Sidiki Diabaté, Maître Gims son mentor et Kaaris le rappeur français d’origine ivoirienne à la faveur du son bras de fer de ce dernier avec Booba. Ces nombreux accrocs lui ont attiré l’antipathie de certains acteurs du showbiz. Ces derniers auraient manœuvré pour que sa tournée internationale de 2017 connaisse un échec total, échec baptisé « Poteau » dans le jargon ivoirien. Ainsi, il aurait « tapé poteau » (fait salle vide) au Bataclan le 2 décembre dernier. Tandis que l’artiste accuse ses pairs de ne l’avoir pas soutenu, certaines personnes pointent du doigt Tiesco, un Dj Ivoirien basé à Lyon. Celui-ci avait eu un différend avec Arafat quelques mois auparavant. Le même échec cuisant se répéta au Sénégal où l’artiste aurait été retenu par la police après qu’on a découvert des stupéfiants dans les bagages d’un de ses danseurs.

L’artiste et les polémiques

La vie d’Arafat est aussi synonyme d’aventures scandaleuses et de polémiques de toutes sortes. Le Yorobo a été au cœur de plusieurs affaires à caractère sexuel ou sentimental. Celui qu’on nomme le « Don Juan » est régulièrement accusé d’avoir des rapports sexuels avec les copines de ses amis. On appelle cette attitude « Taper dos » en Côte d’Ivoire d’après une chanson des Magic System. Ainsi l’artiste aurait eu une relation amoureuse avec Marie Claude Sessegnon la femme de Stéphane Sessegnon le footballeur béninois d’origine ivoirienne. Il aurait également eu une aventure avec l’ex de Debordeau Leekunfa, Sarah Davilla. Une récente vidéo montrait d’ailleurs la jeune fille dans la salle de bain de l’artiste. Arafat DJ aurait également des relations très particulières avec les femmes. Il témoignerait d’une certaine violence envers les femmes. Cette violence fréquemment dénoncée sur les réseaux sociaux s’étendrait même à sa génitrice, Tina Glamour. Le public ivoirien, particulièrement ses détracteurs fustige son comportement machiste envers la gente féminine pour laquelle il n’aurait aucune estime. Arafat DJ a enfin vu partir beaucoup de ses collaborateurs, en premier lieu ses danseurs. Ordinateur, Bébé sans os et Magicien ont quitté Arafat après des conflits avec ce dernier. Les danseurs l’accusent de ne pas s’occuper assez bien d’eux et de faire parfois preuve d’une violence incompréhensible . Si Bébé sans os et Magicien ont rejoint d’autres artistes tels que Debordeau Leekunfa le rival, Ordinateur lui mène carrière solo du côté de la France. Les 21, 22 et 23 décembre, lors du festival donné par MTN à l’Université Félix Houphouët Boigny, Arafat aurait encore brutalisé l’un de ses danseurs du nom de Ruffy. Une vidéo publiée sur les réseaux sociaux montrait en effet Arafat, torse nu, trainait son danseur dans une ruelle. Ce vidéo a provoqué un tollé sur la toile et a donné davantage de grain à moudre pour ses détracteurs. S’il y avait une tâche noire dans la carrière toujours prodigieuse d’Arafat DJ c’est bien toutes ces casseroles qu’il traine derrière lui. Malgré ce point négatif de l’artiste, sa notoriété n’est en point entamée car pour beaucoup c’est avant tout le talent qu’il faut juger. En fait de talent l’artiste parait de loin le plus inspiré de sa génération depuis plusieurs années maintenant. Le concert qu’il a promis aux Ivoiriens ce lundi 1er viendra peut-être laver les échecs du Bataclan et de Dakar.

QUEL BILAN POUR L’AFRIQUE EN 2017 ?

Serge Beynaud bio du chanteur ivoirien