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Koffi Olomidé

Koffi Olomidé, bio de toute la carrière de l’un des derniers rois de la Rumba. Appelé tantôt Mopao tantôt le Quadra koraman, Koffi Olomidé est assurément l’un des artistes africains les plus prolifiques et les plus performants de sa génération. A son actif, au moins vingt albums sans compter les collaborations avec sa troupe du Quartier Latin International.

Sa carrière est aussi marquée par de nombreux trophées glanés autant en Afrique qu’en Europe. Il est par ailleurs le tout premier artiste noir d’Afrique à avoir rempli la salle mythique de Paris-Bercy. Ce n’est pas le seul record dont peut s’enorgueillir Koffi Olomidé car il fait partie des douze artistes africains a figuré parmi les 1001 albums qu’il faut avoir écoutés dans sa vie. Appréciés par les personnalités de premier plan du continent africain, l’homme s’est cru tout permis. Raison pour laquelle, il jouit aussi d’une sinistre réputation au sujet de ses liens avec les femmes. Les violences et agressions envers ses danseuses ont sérieusement écorché son image auprès de ses millions de fans.
La gloire actuelle de Koffi Olomidé était déjà tracée dès sa naissance. Ce n’est pas qu’il vienne seulement de la RDC, grand vivier de chanteurs, mais son cheminement et le statut social de ses parents le prédestinaient à réussir dans la chanson. Très vite, il exploitera assez adroitement, un talent innée. De fait Koffi Olomidé est un très grand parolier et c’est fort de cela qu’il sera bien vu par d’autres stars de la musique congolaise comme Papa Wemba. Il gravira, à ses côtés, les échelons qui emmènent au sommet de la musique internationale. Contrairement à d’autres artistes qui n’ont d’aptitudes que musicales, Koffi Olomidé est également un diplômé de prestigieuses écoles de France. Mais la passion de la musique l’emportera sur celle des études et le parolier est bien vite obligé de faire un choix. Après des années de succès fulgurants, l’on ne peut pas dire qu’il a raté sa voie. Voici l’essentiel de la vie et de la carrière de Mopao.

Sommaire :

Prime jeunesse et apprentissage

Antoine Christophe Agbepa Mumba, dit Koffi Olomidé, est né le 13 juillet 1956 à Kisangani (autrefois Stanleyville), en République Démocratique du Congo, ex Zaïre. Ses parents Charles Agbepa et Aminata Angélique Muyonge vivent dans le quartier de Lemba à Kinshasa. C’est là-bas que le petit Antoine grandira jusqu’à ce que sa famille déménage à Lingwala, une commune au nord de Kinshasa. Dans ce quartier populaire, le petit garçon ambitionnera de jouer au football comme la plus part des enfants de son âge. Il passera également son temps à écouter de la musique congolaise, alors reine d’Afrique. Ses préférences iront plus particulièrement vers Franco Luambo, Grand Kalle, Vicky Longomba et Tabu Ley Rochereau père du rappeur français d’origine congolaise Youssoupha. A treize ans, Antoine apprend à jouer de la guitare avec un voisin du quartier. Il prend très vite goût à la musique. Vers le milieu des années 1970, il commence à écrire ses premières paroles. Grâce à ce talent de parolier, le futur Mopao se fait connaitre dans le milieu de la musique Zaïroise. A dix-huit, il obtient le baccalauréat scientifique et son père l’envoie en France, étudier les sciences commerciales à l’Université de Bordeaux. Ses études sont couronnées de succès, mais pas son premier disque Onia qui connaitra un fiasco en 1975. Pendant ses études en Europe, Koffi Olomidé rentrait de temps en temps au pays pour y passer des vacances. C’est ainsi qu’il fait la connaissance de Papa Wemba à qui il vend quelques-unes de ses paroles. A partir de 1977, il travaille avec ce dernier qui vient tout juste de quitter le Zaïko Langa Langa. Poussé par son grand-frère Owandjo Joninko, Koffi Olomidé rentre en studio pour enregistrer ses premières compositions aux côtés de Papa Wemba. Ce sont Asso et Princesse ya Synza, qui lui valent le titre de Meilleur artiste compositeur interprète du Zaïre. Dans la foulée, il sort Samba Samba, Ekoti ya Nzube et Anibo, qui lui permettre d’obtenir le titre de Meilleure vedette de la chanson zaïroise. En 1979 il met sur le marché son tout premier album Ba la joie, qui a vu la participation de Papa Wemba et de Viva La Musica.

Ses tous premiers succès

Après son retour au pays, Koffi Olomidé côtoie beaucoup Papa Wemba avec qui il sort son tout premier album. Mais Koffi pense que son premier véritable album est Ngounda, paru en 1983. La raison est que le premier, Ba la joie, ne fut pas enregistré dans des conditions professionnelles. Or Ngounda voit le jour dans un studio de Bruxelles où il est enregistré avec une meilleure qualité. Sur cet album, il a collaboré avec des artistes comme Ok Jazz et Franco Luambo. Par contre Ngounda reçut un accueil mitigé et, un an plus tard, il sort le Lady Bo, qui sera anecdotique. La carrière musicale de Koffi Olomidé aurait véritablement commencé en 1985 avec la sortie de l’album Diva. Ce dernier est jugé trop féministe et les hommes le boudent partiellement. Plus que jamais inspiré et prêt à entamer une carrière musicale, l’artiste met sur le marché, en 1986, Ngobila. Le titre éponyme parle de l’amour d’un homme pour sa fiancée qui part en voyage et qu’il ne reverra peut être plus. Cette même année, Koffi Olomidé crée son groupe, le Quartier Latin International. En 1987, alors que des rumeurs courent sur sa séropositivité, le parolier fait paraitre Rue d’Amour dans lequel il célèbre l’amour et la luxure. Par la suite, il dément les rumeurs qui veulent qu’il ait contracté le Sida en Europe. Il se dit écœuré par les ragots colportés à son encontre. En 1988, Koffi Olomidé met tout le monde d’accord lorsqu’il sort l’album Henriquet, du nom de la miss Congo de cette année. Pour une fois, il conquiert le public des deux Congo, les rivaux éternels. C’est un énorme succès qui sera suivi en 1989 d’Elie et Moi, tout aussi bien accueilli. A la même époque, éclate une affaire qui éclabousse le chanteur. La police française l’aurait mis sous les verrous pour possession illégale de drogue.

A l’apogée de sa musique

Après une décennie passée à prendre ses repères, Koffi Olomidé passera à la vitesse supérieure à partir des années 1990. Il montera au sommet de la musique congolaise et africaine avec son style le Tcha-Tcho adopté depuis l’album Diva. En décembre 1990, Les prisonniers dorment sort chez Sonodisc, une maison de disques phare de Paris, à l’époque. C’est dans ce major qu’il fera, quelques années plus tard, la connaissance du producteur ivoirien David Monsoh. Les prisonniers dorment sont un fiasco au pays bien que Gilles Obringer le classe parmi les meilleurs albums de l’année dans son émission Canal Tropical sur RFI. En 1991, le concepteur du Tcha-Tcho recevra plusieurs distinctions dont le meilleur auteur compositeur et le meilleur artiste de l’année. En février 1992, Koffi Olomidé entre dans l’histoire avec l’Album Haut de gamme/ Koweit, rive gauche qui fait partie des 1001 albums qu’il faut avoir écouté dans sa vie. En septembre de la même année il fait sortir le premier album de son groupe le Quartier Latin International. Les deux albums sont des succès et le chanteur est invité à de nombreuses émissions et spectacles. Il est même invité à jouer devant le président Omar Bonga Odimba au palais présidentiel. De même, il est sollicité par le chef d’Etat Denis Sassou Nguesso pour jouer lors de sa campagne électorale. Voilà Koffi Olomidé qui rentre dans les cercles les plus restreints des Etats Africains. En septembre 1993 l’album Noblesse Oblige sort et récolte le plus grand succès que l’artiste ait connu dans cette décennie 90. Noblesse oblige est certifiée disque d’or, fort de ses 100.000 albums vendus. De 1994 à 1997 paraissent successivement les albums Magie, V12, Wake up, Ultimatum et Loi en collaboration avec le Quartier Latin. Ce dernier album marque un tournant dans l’histoire du Ndombolo, une danse zaïroise des années 1990. L’album est considéré comme la marque même du Ndombolo. En 1990 Koffi Olomidé obtient un autre disque d’or avec Droit de Véto qui lui permettra de prester sur des scènes emblématiques telles que l’Olympia et le Zénith. En 1999, Attentat fait mieux encore car l’album décroche le disque d’or avec plus de 100.000 exemplaires vendus en moins de deux mois. Koffi Olomidé a atteint son apogée dans cette décennie 90, pourtant il relèvera encore d’autres exploits dans la décennie qui suivra.

Une carrière de plus en plus prolifique

Fort d’une décennie de gloire, le roi du Ndombolo rentre dans le nouveau millénaire avec d’autres ambitions. Le 19 février 2000, il devient le premier artiste africain à remplir la mythique salle de France : le Palais Omnisport de Paris-Bercy. Il remplit les 17.000 Places de la salle sans qu’une structure n’ait fait de promotion. Par le « bouche à bouche », les fans sont arrivés nombreux pour voir l’artiste prester de minuit à 7 heures du matin sous les caméras des plus importantes chaines de télévision françaises. En 2001 il remplit à nouveau Paris-Bercy et sort l’album Effrakata qui obtient le disque d’or avec 150.000 exemplaires écoulés. Le Mopao entame d’autres tournées dans toute l’Afrique où il remplit des stades entiers, du Congo Kinshasa au Cameroun. En 2013 sort un album du Quartier Latin intitulé Affaire d’Etat dans lequel l’on retrouve des titres de Fally Ipupa, alors sous les ailes de Koffi Olomidé. C’est David Monsoh qui avait confié le jeune Fally Ipupa au doyen Koffi pour apprendre auprès de lui. En 2014 parait Monde Arabe avec la maison de disques Sonodisc et les mois qui suivent il est à l’affiche au Royal Festival Hall. Le 4 décembre 2005, il remporte à la 10e édition des Kora Awards, le trophée de meilleur artiste de la décennie. Avant cette récompense, il avait déjà obtenu quatre autres Kora en 2002. Le quadra koraman continue aussi de récolter des succès avec sa troupe. Le 13 octobre 2007, le Quartier Latin sort son 7e album intitulé Danger de mort qui verra le départ de certains cadres comme Fally Ipupa. Ce même mois, il remplit le Zénith de Paris pour la quatrième fois de sa carrière. Après ces succès internationaux, Koffi Olomidé observe quelques années de repos, concernant les albums bien sûr. En décembre 2011 Abracadabra sort sur le marché discographique. Mais c’est un fiasco financier car il a été piraté trois semaines avant sa sortie. Koffi Olomidé accuse un groupe surnommé Les Combattants, un groupe qui soutiendrait le président Joseph Kabila. Après cet épisode, l’artiste met à nouveau un temps avant de sortir son dernier album en date, Treizième Apôtre, sorti le 13 octobre 2015. C’est le vingtième album connu de Koffi Olomidé depuis le début de sa carrière.

Koffi Olomidé et ses problèmes judiciaires

Koffi Olomidé a mauvaise presse auprès de la gente féminine depuis qu’il a commencé à porter main à ses danseuses. Deux affaires de violences envers ses danseuses auront terni son image. La première date du 13 février 2012. La juge d’instruction du Tribunal de Grande Instance de Nanterre, Sylvie Daunis, le met en examen pour viol et séquestration de trois ex danseuses de son groupe. Peu de temps après sa mise en examen, l’artiste décide de jouer des entourloupes à la justice française. Sans attendre la décision du magistrat sur sa mise en détention, Koffi Olomidé s’enfuit et décide de rentrer à Kinshasa. Pourtant c’est lui qui s’était présenté de son plein gré au tribunal de Nanterre. A ce jour, la plainte serait toujours valable en France. Il se raconte que Koffi Olomidé ne pourrait plus se rendre en France sous peine de se voir arrêter par les autorités judiciaires de Nanterre. Malheureusement la star du Ndombolo n’a rien retenu de cette affaire en France. Quatre ans plus tard, il récidive en Afrique. En effet, le 22 juillet 2016, il est arrêté et placé en garde à vue à Nairobi, la capitale kenyane. Cette arrestation intervient quelques heures après avoir donné un violent coup de pied à l’une de ses danseuses en public, à l’aéroport de Nairobi. L’artiste n’aura pas de chance car la scène a été filmée par les personnes présentes sur les lieux de la bastonnade. Elle est diffusée sur les réseaux sociaux, les minutes qui suivent l’agression. La vidéo fait le tour du monde et les internautes sont scandalisés. Peu après son arrestation, les autorités kenyanes l’expulsent vers son pays la RDC, où il devra répondre de son acte. Le 26 juillet 2016, conformément à la procédure, il est interpellé par la police de Kinshasa et placé en détention provisoire à la prison de Makala pour coups et blessures volontaires. Il y séjournera jusqu’à la libération sous caution du 30 juillet 2016. Depuis lors, Koffi Olomidé est vu comme un être violent et irrespectueux des femmes. Sa notoriété en pâtira car il sera souvent boycotté lors de ses déplacements et de ses prestations.

Rivalités et coups de gueule de l’artiste

Le Quadra Koraman a eu des démêlés avec quelques-uns de ses collègues qu’ils soient congolais ou africains. Ainsi a-t-il eu des dissensions avec JP Mpiana en octobre 2014. JP Mpiana, en raison d’une rivalité artistique, attribue à Koffi Olomidé, le qualificatif dépréciatif de « Vieux Ebola ». Ce sobriquet avait pour intention de faire très mal au plus illustre de ses rivaux. Pour contrer les insultes de JP Mpiana, Koffi Olomidé s’approprie le sobriquet à d’autres fins. Ainsi, il porte celui-ci sur les banderoles annonçant ses prochaines productions du 2 novembre 2004. Si l’idée est ingénieuse pour signifier à JP Mpiana que sa manœuvre lui glisse sur le corps comme de l’huile, la police pense que c’est un manque de respect aux personnes qui luttent pour éradiquer cette maladie. De fait, on ne met pas des moyens matériels et humains colossaux à combattre une épidémie qui n’existe pas ou plus. Il est interpellé le 21 octobre 2014 par la police Kinoise. Le colonel Pierrot Mwana Mputui, directeur de l’information et de la communication de la police kinoise affirme : « Il s’est présenté comme « Vieux Ebola » alors que nous sommes en train de combattre cette épidémie. C’est une immoralité (…). C’est un contre-message qu’il est en train de diffuser. Ebola ça signifie la mort. C’est comme si nous ramions à contre-courant des efforts de la communauté internationale pour vaincre la fièvre hémorragique. » L’homme aurait eu aussi des problèmes d’égo avec Ferre Gola même s’il a démenti les rumeurs en déclarant : « Moi et Ferre Gola, on n’a pas de problèmes. ». Koffi Olomidé n’a pas que de conflits avec ses compatriotes. Il a franchi les frontières pour se tailler une belle querelle jusqu’en Côte d’Ivoire avec Alpha Blondy la star ivoirienne et mondiale du reggae. Après avoir traité l’ivoirien de « fumeur de chanvre et d’alcoolique bon à rien, qui n’a rien fait pour son pays. », Koffi Olomidé demande à ce dernier s’il sait qui il est en vérité. Il estime que c’est seulement en Côte d’Ivoire qu’Alpha peut pousser des ailes. Il fait allusion, sans doute, à sa carrière riche et longue de plusieurs décennies. C’était bien une querelle de titans vu également la stature internationale de l’ivoirien.

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