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Dominique Ouattara

Dominique Ouattara, aussi appelée Dominique Nouvian Ouattara, est la Première Dame de Côte d’Ivoire depuis l’accession de son époux Alassane Ouattara à la tête de l’Etat en avril 2011.

Celle que les Ivoiriens surnomment « Fanta Gbê » est une femme à la charité presque légendaire. Elle est fréquemment célébrée pour ses nombreuses actions caritatives en Afrique de l’ouest et particulièrement en Côte d’Ivoire. Son humanisme en faveur des plus démunis et des plus faibles, notamment les femmes et les enfants, lui a valu plusieurs distinctions autant en Afrique qu’en Europe. Même une chaîne comme Afrique Media, que l’on sait très opposée à la politique de son époux, n’hésite pas à la classer parmi le Mérite Panafricain. C’est dire combien Dominique Ouattara est une femme au grand cœur. Pour endosser pleinement son statut de Première Dame de Côte d’Ivoire, elle a même dû abandonner la direction de tout son patrimoine économique, que l’on sait gigantesque. Mais que faisait-elle avant d’arriver, avec son époux, à la tête de la République de Côte d’Ivoire ? Dans quelles activités exerçait-elle plus justement ? D’où vient-elle et comment est-elle arrivée en Côte d’Ivoire ?
Dominique Ouattara, née Dominique Claudine Nouvian, est née de parents pieds noirs d’Algérie. De sa mère juive, elle a certainement hérité le sens des affaires et de la gestion des finances. A la tête d’un véritable empire dans sa première vie, la First Lady ivoirienne a largement contribué à l’ascension politique de son conjoint, son Excellence Alassane Dramane Ouattara. Même si elle le nie souvent, peut-être par humilité, le fait est bien là. Elle est son ange gardien, sa dame de fer, sa côte au sens le plus complet du terme. Comme le disait l’artiste ivoirien Gadji Celi, derrière un grand homme se trouve une femme de feu. Derrière Alassane Ouattara se trouvait en effet une femme de feu dont le pouvoir, toujours effacé, donnait de l’amplitude à la politique de l’ancien économiste du FMI. Voyons à présent toute la vie et tout le parcours de la blanche du palais présidentielle d’Abidjan.

Sommaire :

Enfance et première vie

Dominique Claudine Nouvian est née le 16 décembre 1953 à Constantine une ville située sur les bords de la Méditerranée. Elle naît dans un pays à l’aube d’un conflit qui durera 6 années et qui fera des dizaines de milliers de victimes. Cette guerre opposant le Front National de Libération d’Algérie à l’armée coloniale française commence en 1954 pour se terminer en 1962. Heureusement, Dominique Claudine Nouvian était très jeune et elle ne connaitra pas cet épisode sanglant de l’occupation française en Algérie, alors considérée comme un département de France. D’ailleurs ses parents durent rentrer en France comme la plus part des pieds noirs (appellation des français vivant en Algérie à l’époque). Pour bien faire, disons que Dominique Claudine Nouvian est la fille d’un Français d’Algérie et d’une juive. C’est dans un environnement chrétien rigoureux que grandit la jeune Dominique Claudine Nouvian. Elle n’abandonnera jamais sa religion d’enfance malgré les péripéties de sa vie et surtout malgré son mariage avec Alassane Dramane Ouattara, de confession musulmane. C’est en France qu’elle commence à fréquenter l’école primaire. Très vite elle passe les classes, arrive au lycée puis atteint la terminale. En 1972, la future Première Dame de Côte d’Ivoire obtient le baccalauréat en sciences économiques à l’académie de Strasbourg. A la suite de cela, elle s’oriente vers des études de langue, option économie, à l’Université Paris X et décroche un Diplôme d’Etudes Universitaires Général (DEUG) en 1975. Pour parfaire son curriculum vitae, la future First Lady de la Côte d’Ivoire, rentre à la FNAIM à Paris où elle obtient un diplôme d’administrateur de biens en 1987. Enfin, en 1989, elle suit une formation d’expert immobilier à Paris. Après ces études secondaires et universitaires, Dominique Claudine Nouvian songera à rentrer dans le monde du travail. Son cursus scolaire et universitaire l’a préparée à la carrière professionnelle qu’elle embrassera plus tard.

Carrière professionnelle

Après ses premières études universitaires, Dominique Claudine Nouvian, devenue entre-temps, Dominique Folloroux, rentre dans le monde des affaires. Dominique Folloroux commence sa carrière professionnelle dans l’immobilier. Après avoir fait ses preuves dans le milieu, elle fonde en 1979 le groupe AICI international dont elle devient la Présidente Directrice Général. Ce groupe est spécialisé dans la gestion des domaines et des biens immobiliers. Au sein de cette maison, elle gère des biens comme les propriétaires immobiliers des présidents ivoirien et gabonais, Félix Houphouët Boigny et gabonais Omar Ondimba Dongo. En 1989, Dominique Folloroux implante le groupe AICI en Europe en portant son choix sur la France comme vitrine européenne. La société immobilière prospère très vite et s’installe ailleurs en France. Ainsi, après une première antenne à Paris, AICI poursuit son développement dans le sud de la France dès 1991 avec le lancement d’une agence à Cannes. En 1993, le groupe AICI connaît une autre expansion avec l’implantation d’un cabinet de gestion de syndic de copropriétés appelé, Malesherbes Gestion. Cette entreprise gère au moins 200 immeubles dans tout Paris. La conquête de la France étant achevée, Dominique Folloroux devenue entre-temps Dominique Ouattara, lance sa société à l’assaut de l’Afrique. Ainsi AICI s’installe à Libreville au Gabon en 2001 et à Ouagadougou au Burkina Faso en 2006. Dominique Ouattara n’était pas que Présidente Directrice Générale de AICI International. Parallèlement à sa carrière dans l’immobilier, elle exerçait dans le domaine des produits de beauté avec la marque Jacques Dessange. En 1996, elle est nommée PDG et CEO d’EJD inc., une société qui gère l’institut français Jacques Dessange à Washington. Elle va plus loin car en 1998 elle acquiert les franchises Jacques Dessange aux Etats Unis et devient du coup PDG de French Beauty Services. C’est cet institut qui s’occupera de l’administration de toutes les franchises de la marque Jacques Dessange au pays de l’Oncle Sam. Dominique Ouattara ce n’est pas que les nombreuses actions et entreprises aux Etats Unis, en France, au Gabon ou au Burkina Faso. En tant que Première Dame de Côte d’Ivoire et fille du vieil Houphouët Boigny, Dominique Ouattara a aussi beaucoup investi en Côte d’Ivoire. Elle vivait déjà à Abidjan vers la fin des années 1979 avec son premier mari, le sieur Folloroux. Toute l’aventure de l’AICI (Agence Immobilière de Côte d’Ivoire) est partie de la Côte d’Ivoire. Si au début AICI n’employait que deux personnes, aujourd’hui, elle en emploierait plus de 200. Mais en Côte d’Ivoire, Dominique Ouattara ne s’est pas arrêtée à la création de l’AICI. Elle possède également une radio à Abidjan, la fameuse Radio Nostalgie, crée dans les années 1990. Cette radio est installée dans plusieurs autres pays en Afrique francophone. Radio Nostalgie a notamment été dirigée par Ahmed Bakayoko, l’actuel ministre de la défense de Côte d’Ivoire.

Vie privée de Dominique Folloroux Ouattara

L’on dit souvent que Dominique Ouattara a eu trois vies pour parler de sa carrière professionnelle, de son mariage avec Mr Folloroux et de son union avec Alassane Dramane Ouattara. En effet, Dominique Claudine Nouvian a connu deux vies de couple. Dominique Claudine Nouvian fut d’abord l’épouse de Jean Folloroux, un ancien professeur au Lycée Technique d’Abidjan. C’est avec lui qu’elle s’installe en Côte d’Ivoire en 1975. Avec ce dernier, elle sera mère de deux enfants que sont Loïc Folloroux et Nathalie Folloroux. Son fils Loïc est également un homme d’affaires. Il fut, entre autres, directeur de la branche africaine du groupe Armajaro Trading Limited, une société spécialisée dans le trading sur le cacao et les matières premières. Il rachètera les filiales francophones de ce groupe pour ensuite lancer sa propre entreprise. Dominique Claudine Nouvian vivra avec Jean Folloroux jusqu’en 1984, année à laquelle l’ancien professeur du lycée technique meurt à Abidjan. En 1985, elle fait la rencontre d’Alassane Dramane Ouattara alors vice-gouverneur de la BCEAO à Dakar. Dès lors, elle entretient avec lui une relation assidue qui aboutira, en 1991, sur un mariage à Paris. De fait, le futur chef d’Etat ivoirien épouse Dominique Claudine Nouvian, ex épouse Folloroux, le 24 août 1991 à la marie parisienne du 16e arrondissement de la capitale française. Des personnalités françaises de haut rang étaient présentes à ce mariage à savoir Jean Christophe Mitterrand et Martin Bouygues, des amis de longue date de Dominique Claudine Nouvian et surtout Nicolas Sarkozy, le parrain de leur union. Selon certaines indiscrétions, les liens d’amitié de longue date avec Nicolas Sarkozy ont décidé ce dernier à s’impliquer personnellement dans la crise ivoirienne de 2010. Le mariage de Dominique Claudine Nouvian et d’Alassane Ouattara a paru comme une union de raison ou d’ambition plutôt que d’amour. Pour ses détracteurs, ce qui les liait n’était qu’appât du gain et appétits démesurés. Des rumeurs courraient même sur une liaison avec l’ancien chef d’Etat Houphouët Boigny dont elle était comme la fille d’adoption. Si elle rejette ces accusations qu’elle traite de farfelues, elle reconnait en revanche que ce qui a séduit le président du RDR, chez elle, c’est bien son sens des affaires. Elle confiera justement :

« Quand Alassane Ouattara m’a rencontrée, il a aimé le côté femme d’affaires, indépendante. ».

Ce qui est certain en tout cas c’est qu’Alassane Ouattara et Dominique Claudine Nouvian formeront un duo à toute épreuve dans le domaine politique.

La vie politique aux côtés d’Alassane Ouattara

Derrière un grand homme, se trouve une femme de feu dit-on. L’adage prend tout son sens quand on s’intéresse au couple Ouattara. Sans vouloir faire passer Alassane Ouattara pour un opportuniste, le président du RDR a été attiré par l’abnégation et le sens des affaires de « Fanta Gbê ». La belle blonde, semble-t-il, a porté les ambitions de son mari jusqu’à la tête de la Côte d’Ivoire. Sa fortune colossale ainsi que ses relations ont été d’un secours inestimable pour l’actuel locataire du palais présidentiel d’Abidjan. Prenant le contre-pied de la vision qu’on a des femmes blondes, Dominique Ouattara s’est construit un empire financier loin de la fortune de ses maris. Elle a été si présente dans la vie politique d’Alassane Ouattara que les gens se demandent aujourd’hui si Ouattara aurait pu accéder à la magistrature suprême sans son appui. A moins de vouloir refaire l’histoire, l’on ne pourrait savoir ce qui serait advenu. Mais tout le monde s’accorde à dire qu’elle fut d’une grande aide.

« Je crois qu’Alassane a un destin et je l’ai accompagné sur cette route »

reconnait-elle avec humilité quand on l’interroge sur son rôle dans la carrière politique du chef d’Etat ivoirien. Entre la fin des années 1999 et la fin de la crise militaro-politique en Côte d’Ivoire, les adversaires de son époux auraient tenté de la démolir sinon physiquement, du moins moralement pour affaiblir politiquement son mari. A ce propos, c’est aux côtés de son époux qu’elle a dû fuir, une nuit de septembre, son domicile conjugal. Les Forces de Défense et de Sécurité de Côte d’Ivoire auraient tenté d’assassiner Dominique et Alassane Ouattara aux premières heures de la rébellion. Cette nuit si trouble a vu la mort de personnalités dont l’ancien Général putschiste Robert Guei, Boga Doudou le ministre de l’Intérieur de Laurent Gbagbo à l’époque, Dagrou Loula un ponte du régime Gbagbo et Marcellin Yacé, un célèbre arrangeur et compositeur de musique ivoirien. Malgré cet épisode de sa vie, elle n’a pas jeté l’éponge et a toujours soutenu son mari qui souffrait alors d’être exclu du jeu politique ivoirien pour « nationalité douteuse ». La fragile femme d’apparence était donc une battante, une fonceuse que les tentatives de déstabilisation n’ont nullement échaudée. Aux côtés de son époux, elle vit la crise ivoirienne jusqu’à son dénouement en 2010. Une élection présidentielle est organisée pour mettre fin à la crise. Pour l’occasion, tous les candidats sont présidentiables, d’office. C’est ainsi que son mari se présente sous la bannière du Rassemblement Démocratique des Républicains dont il était le président. Après le deuxième tour qui opposait Alassane Ouattara au président sortant Laurent Gbagbo, une contestation électorale est déclenchée. Chaque camp se dit vainqueur, fort d’une certaine proclamation. En effet, le président sortant est proclamé vainqueur par le Conseil Constitutionnel qui a pris soin d’annuler les votes de plusieurs départements du nord pour fraude massive. Quant à la Commission Electorale Indépendante, elle proclame vainqueur le président Alassane Ouattara. Dans cette cacophonie, la communauté internationale prend vite une décision. Elle reconnait la victoire du président du RDR et appelle Gbagbo à quitter le pouvoir. Ce dernier s’accroche tout en demandant le recomptage des voix. Il s’en suit un conflit armé entre les forces restées fidèles au président Laurent Gbagbo et les soldats de l’ex rébellion appuyés de l’ONU et de la France de Nicolas Sarkozy, l’ami de longue date de l’actuel couple présidentiel. Dominique et Alassane Ouattara se réfugient au Golf Hôtel pour échapper aux hommes de Laurent Gbagbo. Le cauchemar de 2002 se répète mais Dominique s’accroche autant qu’elle le peut. « On était enfermé avec des orgues de Staline constamment sur nous. On se demandait si on allait en ressortir. » avait confié Dominique quelque temps après la fin de la crise. Heureusement que le couple Ouattara en réchappera comme d’ailleurs ses alliés du RHDP en l’occurrence Henri Konan Bédié et Soro Guillaume.

Dans la peau d’une Première Dame de Côte d’Ivoire

Lorsque prend fin la crise, Dominique Ouattara peut enfin jubiler car non seulement elle a survécu, mais également elle pouvait voir l’aboutissement heureux de longues années de lutte. N’est pas Première Dame de Côte d’Ivoire qui veut et il ne suffit pas que de jouer le rôle comme un décor vivant. « Fanta Gbê » entend donner un coup de pouce, comme d’habitude, à son époux. Au sein du pouvoir, elle prendra toute sa place, mais quand cela s’impose. Elle clarifie tout d’ailleurs en affirmant :

« Alassane connaît mon caractère, il ne m’impose pas de l’accompagner là où je n’ai pas ma place. ».

A la lumière de cette confidence l’on comprend bien pourquoi, le chef de l’Etat se déplace souvent tout seul, lors de ses nombreux voyages. Mieux encore la Première Dame s’est trouvé une autre vocation, bien avant même d’accéder à la présidence de la Côte d’Ivoire. « Maman Dominique » comme on l’appelle à Abidjan, est dans l’humanitaire depuis 1980. En 1988, elle a mis en place la Fondation Children of Africa dont le groupe Magic System est un ambassadeur avec Asalfo. Avec son amie et marraine la Princesse Ira Von Fürstenberg, elle vient en aide à de nombreux enfants en Afrique. La vaccination, le don de fournitures scolaires, la prise en charge d’enfants déscolarisés, sont quelques-unes des actions de cette fondation humanitaire. Dominique Ouattara vient aussi en aide aux jeunes filles afin qu’elles reçoivent aide et éducation de sorte à les mettre à l’abri d’une quelconque exploitation. Enfin la Première Dame œuvre pour l’indépendance financière des femmes ivoiriennes avec des dons en matériels agricoles ou industrielles. A côté des actions de cette fondation, Dominique Ouattara procède à la construction d’infrastructures de développement comme les marchés dont celui de Selmer à Yopougon. Toute cette générosité lui a valu des distinctions et des récompenses dont « Commandeur de l’ordre national ivoirien » (Côte d’Ivoire, « Grand-Croix de l’ordre du mérite » (Portugal) ou encore le « Prix Global Impact Leadership Awards ». Son humanisme est reconnu dans l’Afrique toute entière au point de s’attirer quelque fois la sympathie des détracteurs de la politique de son mari. Avec Mesdames Biya, Deby et Dos Santos, elle fait partie des Premières Dames les plus engagées dans la cause humanitaire.

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Michel Gbagbo