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Ariel Sheney

Découvrez la bio et tout le parcours de l’homme du ghetto. Il incarne à lui seul l’espoir de tout un genre musical, le coupé décalé. L’on s’est même étonné de le voir ravir deux années de suite le titre de « Meilleur espoir du Coupé décalé» aux Awards du genre.

Cette double nomination témoigne, sinon de l’absence de rivaux de taille dans sa catégorie, du moins de l’immensité de son talent. Depuis le succès récolté avec Ghetto, un single qui fut numéro sur les chaînes musicales pendant des semaines, Ariel Sheney est respecté de ses pairs. Il ne passe plus pour l’artiste de seconde zone qu’il avait été avant la sortie de ce titre. De plus, à l’instar des DJ tels que DJ Mix ou Debordeau Leekunfa, Ariel Sheney séduit par ses performances vocales, principalement sur son morceau « Yelelema ». L’on le verrait même plus du côté des genres comme le RnB ou la variété. C’est au sein de la Yorogang que le compositeur du tube « Ghetto » a affûté les armes qu’on lui connait. Dans ce gang, il a fait ses premiers pas, sous l’ombre protecteur de son boss, Arafat DJ. Pourtant ce lien très fort entre les deux hommes connaîtra une rupture brutale en fin d’année 2017. Chassé de la « maison paternelle », maudit par son bienfaiteur, l’homme du ghetto se retrouve à nouveau tout seul. Tous les privilèges dont il jouissait lui ont été arrachés par son parrain. Le chouchou de la Yorogang n’est plus que l’ennemi juré du désormais ex patron, malgré lui. L’homme retourne dans la « rue » et devra à nouveau se reconstruire, partir de zéro, mais pas exactement car il a un nom à présent. Maintenant allons à la rencontre de l’un des plus grands espoirs de la musique ivoirienne.

Sommaire :
Un passé compliqué dans le ghetto
Ariel Sheney et la Yorogang
Les premiers succès de l’artiste
La séparation d’avec Arafat DJ
De la séparation à la destruction

Un passé compliqué dans le ghetto

Sré Ariel Jean Arthur est né le 1er juillet 1990 de parents originaires de l’ouest de la Côte d’Ivoire. Celui que l’on connait aujourd’hui sous le pseudonyme d’Ariel Sheney a grandi dans une famille de passionnés de musique. Son nom Sheney lui serait venu de ses amis parce qu’il est reconnu comme un grand amateur du vin du même nom. Sré Ariel Jean Arthur commencera la musique avec le gospel et le jazz. Il jouera de la percussion, de la batterie, du piano et de la guitare avant de se lancer dans l’arrangement et la composition. C’est plus tard, devenu arrangeur, qu’il tombe amoureux du coupé décalé, alors très en vogue. Ariel Sheney a fait la rencontre d’Arafat Dj lorsqu’il jouait pour le compte de l’orchestre de la Radio Télévision-diffusion Ivoirienne. C’était à l’occasion de la finale de Podium 2010 où Arafat devait prester. L’orchestre de la RTI avait accompagné la prestation scénique de DJ Arafat et ce dernier aurait vraiment apprécié la partie. En décembre de la même année, Arafat a sollicité les services du même orchestre pour son concert live, le premier qu’un artiste coupé décalé ait donné. Quand survient la crise militaro-politique de 2011, Ariel Sheney se réfugie au Togo, précisément à Lomé. Là-bas, Arafat tombe par hasard sur le jeune compositeur lors d’une prestation dans une boîte de la ville. Le Yorobo lui fait part de son envie de le voir retourner en Côte d’Ivoire pour entamer une collaboration. Le Colonel Lobôffouët, qui vivait mal la galère à Lomé malgré son poste de Disc-joker, voit dans cette proposition, une aubaine pour commencer une nouvelle vie. Malheureusement, quand il rentre au pays, il n’arrive pas à rencontrer le patron du coupé décalé. Ce n’est pas qu’il ne retrouvait pas ses traces comme un ami d’enfance qu’on a perdu de vue. Arafat est un homme célèbre en Côte d’Ivoire et ce n’est pas bien compliqué d’avoir une audience surtout quand on a eu ses bonnes grâces. Le problème c’est que le jeune compositeur n’aime pas forcer les amitiés. Ainsi, il se contentait de travailler dans les studios des Dj Molare et Kedjevara dont il fut un bras droit. Néanmoins, l’arrangeur n’arrive toujours pas à s’en sortir financièrement. Bien que sa situation soit meilleure que celle de Lomé, il ne se retrouve. Lui-même chantera ce passé de galère dans une vidéo publiée sur Youtube. Le déclic se produit lorsqu’il se rend un jour à Yopougon, à la soirée dédicace de l’album d’un artiste qu’il arrangeait. Encore une fois il retrouve, par hasard, Arafat qui ne le lâche pas cette fois ci.

Ariel Sheney et la Yorogang

Ariel Sheney, alias Colonel Lobôffouet, a fait les beaux jours de la Yorogang, le groupe géré par Arafat DJ. Cette bande, crée il y a quelques années par Yorobo, regroupe des artistes, des danseurs, des compositeurs. Les danseurs comme BB Sans Os ou Magicien sont passés par cette écurie. Quand Arafat le retrouve à Yopougon, il décide de le prendre sous son aile car il trouve en lui un talent fou. Au sein de cette bande, Ariel Sheney fait d’abord ses preuves dans l’arrangement et la composition. Très vite, le nom de ce jeune est cité dans plusieurs morceaux d’artistes. Ces arrangements, ainsi que ses instrumentaux sont appréciés du public. Il arrange des artistes de renom comme Arafat DJ et Molare DJ. Dès lors il rentre dans le cercle très restreint des arrangeurs de renom : Champi kilo, Elvis Segond, Bebi Philip…Avec lui et Yorobo dans la Yorogang, ce sont les clashs journaliers. La Yorogang tourne en dérision tous ses rivaux à travers des vidéos sur Facebook et YouTube. En 2017 par exemple, Ariel Sheney s’est littéralement payé la tête de Debordeau Leekunfa quand Bebi Philip a décidé de ne plus arranger ses morceaux. La Yorogang c’est aussi une famille qui soutient l’un de ses membres quand ce dernier est en conflit avec un autre artiste. Le soutien va parfois jusqu’à la bagarre dans les boîtes de nuit. Mais la Yorogang est avant tout une famille musicale qui produit des artistes de qualité. L’on peut citer entre autres BB Sans Os (danse), Elysée (batterie), Ariel Sheney (arrangement et chanson) et Pantcho le Gataire (comédie). C’est la Yorogang qui propulse effectivement Ariel Sheney au-devant de la scène musicale ivoirienne. Ce sera sa rampe de lancement, son appui inestimable, pour faire un clin d’œil à Soundiata Keita.

Les premiers succès de l’artiste

Ariel Sheney commence d’abord par arranger les morceaux de son mentor DJ Arafat dont il devient l’arrangeur et le compositeur attitré. Dans le studio du champion du coupé décalé, il conçoit de nombreux beats qui font fureur quand Arafat pose dessus. Cependant il n’assure pas seul la composition et l’arrangement du Berus Sama. Quelques fois il recommande Arafat auprès de ses collègues : « Souvent je lui fais la proposition de se faire arranger par certains de mes collègues. Je pense qu’il a fait quelques titres avec Elvis Ségon et Champi Kilo qui ont aussi cartonné. », dit-il. Quelques autres fois, c’est l’artiste même qui arrange ses propres morceaux ou fait des propositions de mélodie.

« Je précise que j’arrange certains titres d’Arafat, parce que lui-même il arrange aussi certaines de ses chansons. Entre lui et moi c’est un travail d’équipe.»

Parallèlement à ces arrangements, Colonel Lobôffouët entame une carrière musicale en 2015. Cette année-là, il lance sa carrière avec son premier album intitulé Dis Moi Master dans lequel on retrouve des titres tels que « Kadigbeu », « Laisse-moi le Kplo » et « Falacha ». Les deux premiers morceaux font toute la différence car ils sont bien accueillis par les Ivoiriens autant dans les maquis et bars que dans les quartiers. Après la phase de révélation, le compositeur et arrangeur va conforter la bonne impression que le public avait de lui avec de nouvelles tueries. En 2016 il sort les singles « Pêtêpêtê » et « Yelelema » qui récoltent encore plus de succès que les précédents. La chanson « Pêtêpêtê » est utilisée pour de nombreuses chorégraphies lors d’émissions comme Wozo Vacances ou Babi Dance Battle. Le concept engendre même un concept vestimentaire qui a toujours cours auprès des filles à Abidjan. Quant au single « Yeleleman » il révèle une autre facette de l’artiste. L’on découvre aussi qu’il est fin chanteur et fin lover, un profil qui lui va bien. En 2017, c’est dejà la confirmation avec un autre morceau, intitulé « Ghetto ». Cette fois ci c’est vraiment « Le boss » comme il le dit dans le titre. En effet, dans cette chanson, il adopte un style hip-hop et ragga. Ariel Sheney montre, par-là, qu’il a plusieurs cordes à son arc et que tous les styles lui vont comme un gant. Pendant plusieurs semaines, « Ghetto » va caracoler en tête des hits parades sur Trace Africa. C’est la consécration et Arafat peut s’enorgueillir d’avoir sortir de sa Yorogang un talent aussi pur. Mais l’osmose dura-t-elle éternellement entre Ariel Sheney et Arafat DJ ?

La séparation avec Arafat DJ

En novembre 2017, la nouvelle de la rupture entre Arafat DJ et Ariel Sheney s’est répandue comme une traînée de poudre. Ariel Sheney aurait été chassé de la Yorogang par son mentor Arafat DJ. L’information était à peine croyable dès le départ. L’on aurait crié au poisson d’avril si l’on était dans le fameux mois des blagues tant les deux artistes s’entendaient bien. Grâce à des informations relayées sur les réseaux sociaux, le public a pu en savoir davantage sur la raison qui a poussé les deux artistes à rompre leur collaboration. En effet, quelques jours après la rupture, des proches d’Ariel Sheney ont affirmé que ce sont les clauses du contrat, liant Ariel Sheney à Arafat, qui ont poussé le Colonel Lobôffouet à prendre la porte. Arafat aurait fait signer un contrat de cinq ans à Ariel Sheney, renouvelable sur consentement mutuel. Par la suite, le Berus Sama, semble-t-il, a fait signer à trois autres reprises le Colonel Lobôffouet afin de prolonger le contrat. Ce dernier se serait contenté des clauses de l’engagement malgré quelques réticences dues à certains termes. Dans un tel contexte, le Berus Sama était de facto le producteur du jeune artiste. Malheureusement Yorobo n’aurait jamais assumé ce statut, officiellement du moins. Un proche d’Ariel Sheney avait alors déclaré :

« Arafat ne s’investit pas dans la production d’Ariel Sheney, et touche pourtant 60% des cachets de ce dernier. Arafat DJ ne s’est jamais déclaré comme producteur d’Ariel Sheney au Burida. Il ne respecte aucun engagement de leur contrat, mais touche toujours son pourcentage. ».

L’auteur du tube « Ghetto » ne se satisfaisait donc pas des clauses de son contrat et, quand Arafat demande qu’il rejoigne la caravane de sa tournée internationale, il saute sur l’occasion pour imposer son diktat. Selon les informations recoupées, Arafat a demandé à Ariel Sheney de le retrouver au Bataclan le soir du 2 décembre afin de prester. Le protégé aurait refusé, prétextant que les deux devraient d’abord parler de son contrat avant qu’il ne vienne. Arafat aurait fait savoir que tout ceci sera réglé au retour à Abidjan. Mais Ariel Sheney a insisté, dit-on, sentant encore un faux coup de son mentor, comme il était de coutume. Enervé de l’attitude de son protégé, Arafat aurait prévenu qu’il le chasserait de la Yorogang s’il ne s’emmenait pas maintenant. L’on connait la suite, Ariel Sheney a maintenu sa position pour faire pression sur Arafat. D’autres ont affirmé qu’il se faisait désirer parce qu’il avait un concert au Maroc dans le même temps. Après le fiasco de son concert du 2 décembre au Bataclan à Paris, Arafat décide de mettre un terme à leur collaboration. Au début, Arafat a donné une autre version du conflit, sans doute pour laver le linge sale en famille :

« Je me permets de vous dire que désormais, Ariel Sheney a décidé de voler de ses propres ailes. Ensemble on va lui dire merci. Au moins, de l’école de la Yorogang est né un talentueux artiste qui promet. Dans la vie on ne force pas les choses. Si Ariel Sheney veut maintenant voler de ses propres ailes, c’est qu’il se sent prêt. Il a signé avec une autre maison de production. ».

Même si cette dernière information n’est pas confirmée par Ariel Sheney, celui-ci dit la même chose qu’Arafat à propos de son envie de prendre son indépendance.

De la séparation à la destruction

Aux premières heures de l’annonce du départ d’Ariel Sheney de la Yorogang, les fans ont cru que c’était encore un coup d’Arafat pour faire du buzz. Malheureusement il fallait se rendre à l’évidence, le divorce était consommé. Quelques jours après avoir annoncé sa séparation d’avec Ariel Sheney, Arafat hausse le ton et durcit ses propos. Il ne se contente plus de déclarer que l’arrangeur s’en est allé pour prendre son envol. Il commence à le clasher sur les réseaux sociaux. Il affirme, en mi-décembre, qu’Ariel Sheney fait désormais partie de la « Destruction » (un terme qu’il emploie régulièrement pour parler de ses ennemis). Il ne se passe plus de jours sans que Yorobo ne décharge sa colère sur le jeune arrangeur et interprète du morceau « Ghetto ». Arafat va plus loin que les menaces, il fait retirer le titre à succès, « Ghetto » de YouTube et de Trace Tv. Le clip de Ghetto ne passe plus sur ses médias, sans raison apparente. Le public est scandalisé et ne comprend pas un tel déchainement de la part du « 8500 vol »t. Pour beaucoup, Arafat serait allé trop loin avec un tel boycott. Il avait promis qu’il le détruirait et c’est exactement ce qu’il fait. Pendant ce temps, Ariel Sheney observe un silence total comme s’il ne voulait pas froisser le « grand-frère » Arafat en lui répondant du tic au tac. Beaucoup d’internautes parlent alors de sagesse de la part de Colonel Lobôffouet. L’on en vient même à supposer que la raison est de son côté dans cette affaire. Arafat continue, pourtant, à jeter son dévolu sur l’auteur de « Pêtêpêtê » en le déclarant persona non grata à son concert du nouvel an. Il avait affirmé que « Le Rataplan Serge Beynaud et puis celui qui dit qu’il fabrique les numéros Un, sans oublier l’homme du Ghetto » ne sont pas invités à sa fête à l’Ivoire Golf Club. Peu après, il revient sur la participation des deux premiers, mais le troisième, l’homme du Ghetto reste indésirable. Ariel Sheney ne comprend pas le déchainement de son ancien mentor. Même après l’entretien avec Alpha Blondy visant à taire les différends avec ses collègues, Arafat reste inflexible. Il se réconcilie avec tout le monde, sauf Ariel Sheney qui ne mériterait pas son pardon. Dans un ultime accès de colère, Arafat DJ affirme le 4 janvier 2018 sur son compte Facebook : « Je ne peux jamais lui pardonner, c’est lui qui m’a le plus trahi dans ma vie. C’est le diable en personne. ». Malgré la violence des propos, Ariel Sheney reste tout aussi stoïque qu’au début. Il finit par répondre à son ancien parrain en disant : « Moi aussi j’ai mal. », sous-entendu, de la séparation. Pour lui, Arafat a mal de leur rupture, raison pour laquelle il se défoule Arafat. C’est analyse freudienne du comportement de Yorobo n’est pas dénué de sens. Par contre le compositeur de « Faut chercher pour toi » continue sa croisade contre Ariel Sheney. Selon Arafat, si son ancien poulain pense qu’il peut réussir sans lui, qu’il le prouve maintenant. A la lumière de l’expérience et des statistiques, l’avenir de Colonel Lobôffouet ne semble pas radieux. De fait, tous ceux qui ont quitté l’aile protectrice d’Arafat n’ont pas connu une meilleure carrière que celle qu’ils avaient en fréquentant celui-ci. Artistes comme danseurs, tous mènent une carrière moins bien dense. Magicien, Vetcho Lolas, Carina Style, BB Sans Os, Ordinateur… n’aurait pas connu le succès après qu’ils ont quitté Arafat DJ. Cependant comparaison n’est pas raison et Ariel Sheney sera peut-être l’exception à la règle. Mais pourra-t-il y parvenir, avec un Arafat DJ qui tient les leviers et qui fait le beau temps et la pluie en Côte d’Ivoire voire en Afrique ?

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