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Johnny Hallyday : l’histoire d’un immortel de la musique française

Johnny Hallyday est un nom passé du côté des immortels fort de sa carrière exceptionnelle et prolifique.

Pendant au moins cinquante ans, le chanteur français est resté au-devant de la scène, sans jamais décliner. Le natif de Paris a donné ses lettres de noblesse au rock’n’roll de l’Hexagone quoiqu’il en n’a pas été le précurseur.

Johnny Hallyday s’est adonné à plusieurs genres musicaux que sont la pop, rhythm and blues, la soul, le rock, la variété et la country dans lesquels il a toujours excellé. Toutefois son fonds de commerce demeure le rock’n’roll, genre avec lequel il est aujourd’hui identifié. Sa discographie est énorme avec des dizaines d’albums et de récompenses. Plus de 3000 concerts l’ont porté à travers toute l’Europe, mais aussi l’Amérique où il a quand même eu du mal à s’imposer. L’on imagine bien les raisons, propres à tous les grands artistes francophones. N’empêche qu’en Europe, et principalement en France, c’est un chanteur hors catégorie fort de ses multiples distinctions. L’idole des jeunes s’est finalement éteint le 5 décembre 2017 après des années de combat contre un cancer de poumon. Plusieurs personnalités de haut rang, dont le Chef de l’Etat Emmanuel Macron, ont rendu un vibrant hommage au célèbre chanteur. Johnny Hallyday a laissé un legs fait de propriétés immobilières et de droits d’auteur. Son décès a ouvert sur une querelle féroce d’héritage entre ses enfants et sa dernière épouse.

L’enfance et l’adolescence de l’artiste

De son vrai nom Jean-Philippe Léo Smet, Johnny Hallyday est né le 15 juin 1943 dans le 9e arrondissement de Paris et mort le 5 décembre 2017. Il est le fils de Léo Smet, un artiste de cabaret belge et d’Huguette Clerc, autrefois employée de crèmerie. Le petit Johnny Hallyday connaitra une enfance de bâtard puisque son père ne vivra pas avec sa mère. De fait, lorsque naît Jean-Philippe Léo Smet, son père ne l’a pas reconnu. Jean-Philippe portait alors le patronyme de sa mère et son père Léon Smet vivait avec une autre femme du nom de Jacqueline Harpet. Huguette Clerc réussit, néanmoins, à obtenir un contrat de mariage et la signature d’une reconnaissance de paternité le 7 septembre 1944. Léon Smet n’a pas eu le choix, il s’y plia pendant un certain temps, puis reprit sa vie avec Jacqueline Harpet. Dès lors Jean-Philippe Smet, autrefois Clerc, vivra sans son père et il en souffrira, notamment à l’école. Devenu mannequin de cabinet, sa mère le confie à sa belle-sœur Hélène Mar, mariée à un Américain du nom de Lee Hallyday. Sa nouvelle famille de substitution travaille dans la danse classique sous le nom des « Hallyday’s ». C’est ce danseur américain qui donne le nom de Johnny à Jean-Philippe. Le petit Johnny suit sa tante et son compagnon dans leur tournée et joue de temps en temps de la musique en introduction de leur spectacle. Il joue du country, dans des costumes de cowboys pour faire comme les ancêtres de l’oncle Lee. C’est à 14 ans qu’il choisit sa voie, le rock’n’roll, après avoir vu jouer à la télévision Elvis Presley.

Les débuts dans la musique

Sous la houlette de Lee Hallyday, Johnny Hallyday débute sa carrière musicale. C’est l’Américain qui le produit, convaincu que sa musique fera du tabac en France. Pour l’aider à affûter son style, conformément au genre qu’il s’est choisi, Lee Hallyday fait parvenir, des Etats Unis, des disques de chanteur rock’n’roll, et non des moindres. Il s’agit des collections de disques de grands rockeurs comme Elvis Prestley et Bill Haley. C’est en écoutant ces disques venus d’Outre Atlantique que Johnny Hallyday apprend la musique rock. L’un de ses amis, Eddy Mitchell confiera d’ailleurs que Johnny et lui passaient de longues heures à écouter des tas de « trucs qui n’étaient pas encore disponibles » en France. Bientôt il fréquente les adresses les plus célèbres du rock’n’roll naissant d’Hexagone. C’est au cabaret Golf-Drouot qu’il fera la connaissance de ses compères, puis concurrents, Long Chris et Jacques Dutronc entre autres. Il aura l’occasion de prester à l’Orée du Bois, mais il n’a pas eu l’accueil attendu. Il est sifflé et ce sera à peu près le même accueil dans tous les autres cabarets. Finalement ce sont les soldats Américains qui s’extasieront devant ce genre de musique dont ils ne sont pas étrangers. Cependant, grâce à un passage très remarqué à l’émission radio Paris Cocktail, il est recruté à la maison de disques Vogue.

L’ascension vertigineuse à l’aulne du rock’n’roll

En 1960, Johnny Hallyday commence clopin-clopant avec déjà quelques déceptions après ses premiers titres dont « T’aimer follement ». Pour se construire un mythe et doper ses vente de disques, Johnny Hallyday se fait passer pour un franco-américain. Il joue notamment sur ses liens avec Lee Hallyday et se fait passer pour son frère. Très vite il rétablit la vérité, sur conseil de l’autre grand de la musique française, Charles Aznavour. En juin 1960, il sort Souvenirs souvenirs, un disque qui lui permet d’accéder à une certaine notoriété. En 1961 il prend le trône du rock’n’roll français mais est bientôt bousculer par la concurrence de ses amis d’hier, dont Eddy Mitchell. Agé de dix-huit à présent, il se sépare de sa maison de disques Vogue pour s’engager avec Philps. Déjà il était très prolifique et le sera davantage dans les années qui vont suivre. Johnny construit sa légende avec plusieurs autres titres dont de gros succès comme « Da dou ron ron » en 1963. Après un bref moment d’insuccès et de difficultés (1963-1968), Johnny s’engage dans le rock contestataire. Il s’engage dans un rock plus dur, plus violent, plus engagé. Dans le courant des années 70, en revanche, Johnny Hallyday se fait plus poétique avec des titres comme « Je t’aime, je t’aime, je t’aime ». Le rockeur se lance aussi à la conquête des Etats Unis avec un succès moindre. Après des années de tumultes, mais aussi de succès fulgurants ponctués de glorieux titres, Johnny Hallyday marque une pause et se ressource. Dans les années 1980 et 1990 la légende se construit durablement avec des concerts spectaculaires comme celui au Parc des Princes en juin 1993 ou au Stade de France en septembre 1998. A partir des années 2000 il commence la réédition de ses plus grands succès. Dans le même temps il participe à des collaborations internationales et non des moindres. Ainsi, Johnny Hallyday est le seul chanteur francophone au CD Good Rockin’ Tonight The Legacy of Sun Records, réalisé en hommage au studio
américain Sun Records.

Vie privée et familiale

En matière d’amour, Johnny Hallyday a été un véritable Don Juan, si le mot n’est pas exagéré. Sa première compagne se nomme Sylvie Vartan avec laquelle il se marie le 12 avril 1965. Avec cette femme qu’il a rencontrée dans les coulisses de l’Olympia, lors d’un concert, il aura un fils, David Smet, né le 14 août 1966. Le couple se sépare le 5 novembre 1980 après quinze ans de vie de couple tumultueuse. Ensuite il se lie d’amour avec Elisabeth Etienne, mais la relation ne dure que 3 mois (décembre 1981-février 1982). En 1982, il s’attache à sa partenaire de théâtre Nathalie Baye qui lui donne une fille baptisée Laura Smet. Il quitte la comédienne en 1986 et épouse, en 1990, Adeline Blondieau, fille de son vieil ami Long Chris. Avec cette dernière il se marie deux fois, coup sur coup, après un divorce de courte durée. Le 9 mai 1995 il la quitte définitivement et fait la rencontre de Laetitia Boudou. Comme sa nouvelle compagne est stérile, Johnny adopte deux filles d’origine vietnamienne qu’ils prénomment Jade (née en 2004) et Joy (née en 2008).

La bataille de l’héritage chez les Hallyday

Johnny Hallyday meurent le 5 décembre 2017, à l’âge de 74 ans en laissant derrière lui un patrimoine considérable. Ayant par des ruses diverses réussi à souvent s’exfiltrer du fisc français, Johnny Hallyday est parvenu à se construire une fortune non négligeable. Malgré ses orgies et son goût prononcé pour le luxe, il aurait laissé à sa femme plus de 100 millions d’euros selon des medias français. Le célèbre chanteur du rock’n’roll possédait aussi un patrimoine immobilier assez fourni s’élevant à 50 millions d’euros. Il avait acheté une somptueuse villa à Saint-Tropez qu’il a baptisé Lorada, en référence aux prénoms de ses enfants Laura et David. Malheureusement cette demeure a été vendue il y a quelques années. En revanche il dispose d’une demeure de 900 mètres à Marnes-la-Coquette, d’une maison à Los Angeles et d’une « villa Jade » à Saint-Barthélemy où il est enterré. En plus de ce patrimoine immobilier, il y aurait aussi des droits d’auteurs pouvant s’élever à 200.000 euros chaque année. Ce patrimoine mirobolant est au cœur d’une querelle entre sa femme, l’héritière exclusive, et ses enfants dont David Hallyday, l’aîné et seul garçon. Les enfants contestent la sanction du testament qui dit que son épouse Laetitia est la seule dépositaire des biens du défunt. Depuis des mois, les enfants Hallyday et la dernière femme de leur papa s’affrontent par avocats interposés. Cette contestation des dispositions testamentaires de Johnny Hallyday continue de s’enfler jusqu’à ce jour du 30 mars où une décision des magistrats est attendue.

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