Côte d’Ivoire : Kandia Camara préfère l’école des autres

Kandia Camara et sa fille se sont retrouvées sous une avalanche de critiques très dépréciatives.

Cette controverse est née à partir d’une photo publiée sur les réseaux sociaux. Elle y pose fièrement à côté de sa fille qui venait visiblement de recevoir un diplôme académique dans une prestigieuse école des Etats Unis. Les internautes se sont acharnés, quelques fois avec férocité, sur cette image non datée.

Les internautes, et partant les Ivoiriens, se sont insurgés contre cette manie des dirigeants africains de privilégier leurs progénitures. Ceux-ci assureraient un avenir radieux à leurs enfants quand ils n’en auraient cure avec l’avenir de ceux de leurs concitoyens. Pour beaucoup madame la ministre de l’éducation nationale n’a pas d’estime pour l’école ivoirienne.

Maman Kandia honorée par sa fille

Depuis quelques heures la photo de Kandia Camara, la ministre de l’éducation nationale et de l’enseignement technique, et sa fille est partagée sans fin sur les réseaux sociaux, principalement Facebook. La photo n’est pas datée pour savoir à quelle période elle a été prise. Vu le calendrier actuel de la ministre, l’on pourrait supposer qu’elle a été exhumée par certains individus. Elle pourrait être aussi bien récente comme rien ne peut échapper au tamis d’internet. En tout cas on l’y voit fièrement posée à côté de sa fille. Elles se ressemblent comme deux gouttes d’eau, comme si on avait affaire à un photomontage de Candia jeune et Candia actuelle. Les deux femmes sont toutes souriantes devant un bâtiment avec cette enseigne : « Congrats » qui signifie en anglais « Félicitations ». Les informations permettront de situer le cadre dans une ville des Etats Unis. Il n’en fallait pas plus pour provoquer une pluie de critiques majoritairement défavorables.

Kandia Camara le prototype des dirigeants africains

Comme s’ils ne le savaient pas, les internautes se sont dits scandalisés par une telle révélation. L’on accuse Kandia Camara d’envoyer étudier ses enfants dans les meilleures écoles du monde, alors qu’elle ne s’occuperait pas de l’école ivoirienne dont elle a la charge. Selon ces internautes Kandia Camara fait l’apologie de l’éducation nationale alors qu’elle envoie ses progénitures aux Etats Unis. Il y aurait par conséquent un paradoxe, mieux, une ambiguïté. « On nous gouverne en gombo, leur vraie vie c’est là-bas. Nos enfants peuvent se battre avec les margouillats sur les murs de nos écoles (…). On forme nos enfants pour marcher, applaudir et mourir pour leurs enfants demain », s’indigne un internaute.

Il y’ a-t-il matière à s’étonner

« Depuis quand même nos dirigeants scolarisent leurs enfants ici ? Ici c’est pour nous, là-bas c’est pour eux » se montre plus lucide un internaute. En effet Kandia Camara n’est que le bouc émissaire occasionnel d’une pratique profondément enracinée. Beaucoup des dirigeants africains envoient étudier leurs enfants dans les plus prestigieuses écoles de Paris ou des Etats Unis. Cette habitude montre à quel point ils n’ont pas foi en l’éducation nationale. L’on comprendrait donc aisément pourquoi ils n’œuvrent pas à l’améliorer. De même ils préfèrent se soigner à l’étranger ou y faire leurs emplettes comme le signalaient les zougloumen Yodé et Siro dans leur morceau « Président ». Ils déclarent dans ce titre « Les femmes de Président, elles prennent le panier pour aller faire marcher à Paris, Madame la Présidente y’a marché à Gbata »
Voir Kandi Camara poser à côté de sa fille couronnée d’un diplôme n’est pas un scandale en soi. C’est comme tout bon parent qui garde un souvenir de l’excellence de son enfant. Le problème ici c’est cette habitude qu’ont prise nos politiques et qui consiste à construire un avenir radieux à leurs enfants tandis que l’avenir des enfants de ceux qu’ils gouvernent est hypothéqué par leur gouvernance. Ce n’est pas donner un exemple aux citoyens en agissant de la sorte même si tout le monde est en droit de chercher le meilleur pour ses enfants. La bonté voudrait qu’on construise chez soi ce qu’on va chercher chez les autres. La préférence nationale n’est-elle pas le pilier de l’émergence d’un pays ?

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