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Bayiri, la Patrie de St Pierre Yameogo : l’histoire d’une sempiternelle problématique ivoiro-burkinabé

Bayiri, la Patrie est un film du réalisateur burkinabé Saint Pierre Yameogo qui traite d’un épineux problème toujours d’actualité. Le film est daté de 2012 juste après la crise post électoral qui aura opposé d’une part des ivoiriens dits pro-Gbagbo et d’autres qualifiés de pro-Ouattara.

Mais au-delà d’une simple catégorisation d’électeurs c’est la triste réalité d’un pays en proie aux replis identitaires qui est peint par le cinéaste burkinabé.
Bayiri, la Patrie du réalisateur du pays des hommes intègres St Pierre Yameogo se veut une analyse critique du sort des ressortissants burkinabés pendant la crise ivoirienne poste électorale de 2010 d’un point de vu burkinabé.

L’histoire déchirante d’une communauté presqu’apatride

A travers ce film, véritable documentaire d’une époque douloureuse et d’un sujet encore sensible, le réalisateur St Pierre Yameogo a voulu donné une version de l’histoire de l’autre côté de la frontière, un point de vue qu’il voulait objectif de ressortissants burkinabés vivant en Côte d’ivoire durant la crise militaro-politique qui a secoué ce pays voisin. Rappelons qu’environ 6.000.000 millions des ressortissants du Faso vivent en Côte d’ivoire jusqu’à aujourd’hui mais les circonstances de la guerre ivoirienne auront mis ceux-ci au cœur d’un palabre qui était censé ne pas être les siens.

Le film des exactions passées sous silence avec le temps

Ce film documentaire montre les violations graves en tant de guerre comme les viols, les massacres ou toute autre persécution d’ordre morale ou physique. Les immigrants burkinabés, menacés en Côte d’ivoire à cause de problème de terres ou de nationalité sont rentrés chez eux, mais la bas encore ils ont traités comme des expatriés ivoiriens. Qualifiés de « bouki » (diminutif péjoratif de burkinabé) en Côte d’ivoire et d’ivoiriens au pays natal ces burkinabés ci ne savent plus à quel saint se vouer à l’image d’Abdoulaye Kondoubri qui arrive à la frontière et se voit rudoyé par les gardes côtes burkinabés qui ne reconnaissent pas en lui un compatriote. Cette question de l’apatridie est soulevée à juste titre par le film documentaire car il est notoriété publique en Côte d’ivoire que beaucoup de ressortissants burkinabés voire même de la sous-région sont binationaux et souffrent d’une reconnaissance de part et d’autre de la frontière comme l’illustre si bien la chanson « Quel est mon pays » du groupe zouglou ivoirien Yodé et Siro.

Les espérances du film de Yameogo st Pierre

A travers ce film l’auteur veut interpeller les politiques sur les effets pervers des crises civiles dans un espace ouest africain en pleine construction. Si l’auteur insistes sur le sort de ses compatriotes en Côte d’ivoire il n’oublie tous les autres étrangers Sénégalais, Béninois ou Maliens qui ont aussi payés les lourds tribus de la guerre du pays hôte qu’ils aient été commis par les troupes loyalistes ou les forces dites rebelles à l’époque. Maladies sexuellement transmissibles, grossesses ou enfants issus de viols, dépouillements de biens et de terres telles sont les injustices qu’a énumérées ce film soumis à l’occasion aux nouvelles autorités ivoiriennes pour demander une reconnaissance et un pardon officiels de ce pays.
Ce film s’inscrit dans un contexte encore tendu entre les deux nations au sujet d’un litige non encore vidé. Conflit de terres, implications politiques et identitaires qui ont d’ailleurs conduit à la crise de 2002, rien n’a encore été résolus. Dernier épisode en date, et comme pour renchérir la polémique de Yahiri, la Partie, le nouveau président burkinabé dit ne pas s’inscrire dans la démarche de ses pairs au sujet de la libération de l’ex président Laurent Gbagbo qu’il accuse d’avoir orchestré les souffrances de ses compatriotes en 2010.

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