Accueil Côte d'Ivoire Après les récentes mutineries quel est le risque d’un coup d’Etat ?

Après les récentes mutineries quel est le risque d’un coup d’Etat ?

Un putsch militaire est-ce possible après ces mutineries à répétition, nombreux sont les ivoiriens qui se demandaient si ces multiples revendications militaires n’étaient pas vouées à d’autres dessins, plus particulièrement celui d’un putsch contre l’actuel régime en place ? La question s’est posée avec beaucoup plus d’acuité depuis que le mouvement d’humeur des soldats ivoiriens qui a vu le jour à Bouaké début janvier, s’est étendu à plusieurs grandes villes du pays. Même la capitale Abidjan, le centre des affaires, n’a pas été épargnée par la vague de protestation des soldats partis depuis Bouaké. Après des négociations, le gouvernement s’était engagé à verser une prime de 12 millions de francs CFA à chaque soldat, une décision qui n’a pourtant pas mis un terme aux protestations. On serait tenté de dire que le pays était quasiment à genou pendant le mois de janvier dernier, d’autant plus que le mouvement d’humeur des militaires avait coïncidé avec la grève des fonctionnaires ivoiriens. Après un calme apparent, les forces spéciales ivoiriennes basées à Adiaké ont à leur tour manifesté début février pour réclamer elles aussi des primes. Un des éléments de l’unité spéciale aurait même averti des représailles si le gouvernement refusait de prendre leur revendication en compte. Toutes ces mutineries nous ramènent à la question de savoir quel est le risque que de tels évènements virent à un putsch militaire ?

Très peu de soldats engagés dans les mutineries

Selon des chiffres officiels datant de janvier 2016, l’armée ivoirienne compterait actuellement 41515 soldats, un nombre qui sera arrondi à 40.000 hommes dans le cadre de la mise en place de loi de programmation militaire portant sur la période 2016-2020. Dans la prise en compte des revendications, le gouvernement s’était engagé à verser des primes à environ 8000 soldats, 12.000 selon certains chiffres. Partant de ce constat, on peut donc affirmer que seulement une faible proportion de l’armée ivoirienne avait pris part à ces protestations. Concernant les forces spéciales qui avaient, elles aussi, rejoint la mutinerie début février, l’un des leurs avait averti qu’ils étaient prêts à aller le plus loin possible pour avoir gain de cause. Basé à Adiaké, le contingent de l’unité spéciale est estimé à 2600 hommes. En gros, une grande partie de l’armée s’était tenue à l’écart des mutineries, ce qui balaie du coup la théorie d’un possible putsch militaire contre le pouvoir en place.

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