Affrontements à Béoumi : le chauffeur à l’origine du conflit toujours vivant

par Kohan Kioshiko
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VIOLENCES INTERCOMMUNAUTAIRES BEOUMI – 10 morts et plus de 80 blessés, c’est le triste tableau des affrontements qui ont opposé en milieu de semaine dernière malinké et baoulé dans la ville. Partis d’une altercation entre chauffeur, les heurts ont très vite dégénéré en conflit interethniques, mettant ainsi la ville à sang et à feu pendant 48h.

Le calme revient progressivement dans la ville de Béoumi après les heurts qui ont fait une dizaine de morts la semaine dernière. Ce bilan reste pour l’instant provisoire car le décès de la dixième victime de ce conflit interethnique n’a été confirmé que ce lundi 20 mai. Un fort détachement de l’armée ivoirienne est présent dans la ville pour ramener le calme mais aussi pour épauler la gendarmerie dans les opérations de désarmement des civils armés ayant pris part à ces heurts. L’identité des dix personnes tuées n’a pas été révélée mais l’on le chauffeur dont la mort serait à l’origine du conflit intercommunautaire, est toujours vivant aux dernières nouvelles.

La ville de Béoumi était à feu et à sang la semaine dernière après une altercation entre transporteurs dioula et baoulé. Au cours de ces affrontements entre les deux communautés, une dizaine de personnes ont été tuées. Le bilan matériel se chiffre à plusieurs millions de francs Cfa car de nombreux commerces et magasins sont partis en fumée au cours de ce nouveau conflit intercommunautaire en Côte d’Ivoire. D’après les témoignages recueillis, c’est l’agression d’un transporteur baoulé répondant au nom de N’Guessan Konan Roméo, par un transporteur malinké, qui aurait déclenché ces heurts : «C’est une histoire de transport qui a conduit à ça. Les chauffeurs de Massa qui sont des Dioula, disent que pourquoi les moto-taxis prennent les clients dans leur gare. Tous ceux qui font des activités de moto-taxi ici à Béoumi, sont des jeunes Baoulé. Les chauffeurs de Massa disent que les moto-taxis ne doivent pas avoir accès à leur gare. À la suite des échanges avec le jeune Baoulé, celui-ci se rendait au commissariat de police pour expliquer la situation et c’est en cours de route qu’il a été sauvagement tailladé à coups de machette par un jeune de la gare de Massa». La situation a rapidement tourné au vinaigre au cours de cette même journée lorsque le transporteur blessé a été annoncé pour mort par certains médias. La riposte ne tardera pas, ce qui plongera la ville de Béoumi dans un conflit intercommunautaire sans précédents, faisant actuellement 10 morts et plus de 80 blessés. D’après les informations que nous avons recueillis, N’Guessan Konan Roméo, donné pour mort aux premières heures du conflit, est toujours vivant : « Effectivement, il n’est pas mort mais il n’a pas encore retrouvé l’usage de la parole à cause des coups à la tête suite pendant les bagarres». Rappelons que cette information avait été par ailleurs confirmée par le préfet de la ville de Béoumi, ce qui n’a pas hélas permis de désamorcer la haine dans les cœurs.

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Vers une enquête pour retrouver les coupables ?

Si le retour à la paix reste une priorité pour le gouvernement, les langues se délient de plus en plus pour exiger qu’une enquête soit diligentée afin que les auteurs des meurtres commis répondent de leurs actes. Dans son communiqué relatif au conflit intercommunautaire survenu la semaine dernière dans la ville de Béoumi, le PDCI RDA a d’ailleurs insisté sur la nécessité d’une enquête pour savoir réellement ce qui s’est passé, et qui sont les vrais responsables de ces heurts : «Le PDCI-RDA marque sa grande inquiétude devant les armes qui circulent encore, aux mains des civils qui ne manquent pas de s’en servir à tout venant…Exige du Parlement, Assemblée Nationale et Sénat, d’initier une enquête parlementaire sur le désarmement des civils en arme en Côte d’Ivoire».

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