Mandat d’arrêt Soro : les mises au point de Tiémoko Assalé

Poursuites contre Guillaume Soro – L’ancien chef du parlement ivoirien est depuis une semaine, visé par un mandat d’arrêt international émis par les autorités judiciaires de son pays. Pour ses militants, le pouvoir actuel tenterait de l’empêcher de se présenter aux élections présidentielles prévue en 2020, tandis que les partisans du régime actuel sont formels sur l’idée selon laquelle l’ancien chef du parlement ivoirien envisageait de renverser le régime Ouattara par les armes.

Le mandat d’arrêt international émis contre Guillaume Soro suscite diverses réactions en Côte d’Ivoire. Au sein de l’opposition ivoirienne, le PDCI RDA est l’un des partis politiques à avoir apporté un plein soutien à l’ancien président de l’Assemblée Nationale, aujourd’hui dans le collimateur de la justice ivoirienne. La coalition de l’opposition mise en par Henri Konan Bédié a elle aussi dénoncé les poursuites à l’encontre du candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle en Côte d’Ivoire. Sans prendre position, le journaliste ivoirien Tiémoko Assalé fait partie des personnalités ivoiriennes à avoir réagi au mandat d’arrêt émis contre l’ex-chef de l’Assemblée Nationale ivoirienne. Le maire de la commune de Tiassalé est notamment revenu sur les perquisitions qui auraient été effectuées au domicile de plusieurs proches de Guillaume Soro, en l’absence de ces derniers.

Le mandat d’arrêt émis contre Soro en Côte d’Ivoire fait toujours la une de plusieurs journaux ivoiriens, une semaine après la première déclaration du Procureur Adou Richard sur cette affaire. Accusé de vouloir déstabiliser le régime actuel, voire même attenter à la vie du chef de l’Etat, l’ancien chef du parlement ivoirien dénonce les accusations dont il fait l’objet dans son pays. Pour lui comme pour ses partisans, ce mandat d’arrêt est la preuve irréfutable que le président Ouattara serait opposé à sa candidature à la prochaine élection présidentielle. Outre les poursuites contre Guillaume Soro, plusieurs proches de ce dernier ont fait l’objet de perquisition durant l’enquête menée par le Procureur de la République. Pour Tiémoko Assalé, ces perquisitions n’auraient en aucun cas, dû être effectuées en l’absence des concernés : «Dans un Etat de droit, le parquet qui poursuit des individus mis en cause dans une affaire pénale, n’a pas le droit de se comporter comme l’homme de la rue. L’Etat de droit signifie a pour caractéristique essentielle, l’absence de l’arbitraire dans les procédures judiciaires et l’impossibilité de priver un citoyen de sa liberté, sur la base de simples soupçons. Les perquisitions annoncées par le procureur et qui auraient permis de mettre la main sur des dizaines d’armes de guerre, jusqu’à inscription contraire, semblent avoir été faites, dans des domiciles de personnes arrêtées, en leur absence. Or, la perquisition du domicile d’un mis en cause est rigoureusement encadrée par la loi. Jamais elle ne peut se faire en l’absence du mis en cause ou, s’il est dans l’impossibilité de se présenter, qu’avec la présence d’une personne dûment désignée par lui. S’autoriser à faire des perquisitions en l’absence des mis en cause, c’est créer une insécurité juridique pour tous et créer des précédents dangereux. Dans un Etat de droit qui se donne le nom de république, cela est inacceptable.», souligne le journaliste ivoirien.

Déstabilisation du régime, des menaces à ne pas négliger

«En politique, il ne faut rien négliger, quand on est un chef de l’Etat, responsable de la sécurité et de la tranquillité d’un peuple…Par conséquent, que cette affaire soit un montage pour écarter un adversaire politique ou un véritable projet de déstabilisation démasqué, le premier devoir d’un chef de l’Etat étant la sécurité de son pays, le pouvoir Ouattara a le droit de mobiliser toute la force de l’État pour faire la lumière sur cette affaire et mettre hors d’état de nuire, toutes les personnes présumées impliquées…S’il fait le gros dos et prend des menaces à la légère et que le pire survient, que le pays est déstabilisé, que la tranquillité des ivoiriens est troublée, quelles que seraient les justifications ultérieures, sa responsabilité et sa seule responsabilité sera retenue.», souligne le journaliste ivoirien d’investigation.

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