Documentaire sur la crise ivoirienne : Saïd Penda remonté contre 2 journalistes

Crise militaire ivoirienne – Depuis quelques jours, circule sur la toile un film documentaire sur la crise militaire que la Côte d’Ivoire a connu il y’a de cela, quelques années. Dans ce film exclusif, plusieurs acteurs majeurs de la vie politique se confient sur cette revolte militaire qui a conduit à la scission du pays en deux, pendant plusieurs années. Dans ce reportage, certains militaires, des ex-Forces Nouvelles, prennent également la parole pour s’exprimer sur les raisons pour lesquelles ils ont décidé de prendre les armes. Mais la diffusion de ce reportage, à quelques mois de la présidentielle ivoirienne, a suscité une réaction à chaud de plusieurs journalistes très critiques à l’endroit du régime.

Le documentaire sur la crise ivoirienne, diffusé depuis quelques jours sur les réseaux sociaux, fait de plus en plus réagir les ivoiriens. Pour certains, la diffusion d’un tel reportage alors que le pays tend vers les élections présidentielles d’octobre 2020, des élections qui suscitent déjà diverses tensions, risque encore de conduire à l’embrasement d’une situation bien déjà compliquée. Le journaliste africain Saïd Penda n’a pas manqué de réagir à la diffusion de ce film sur la crise ivoirienne, film diffusé sur la toile et non sur les antennes nationales. Si le journaliste a marqué sa tristesse à l’idée de voir ce film circuler sur les réseaux sociaux, Saïd Penda explique avoir été particulièrement choqué par l’attitude de certains journalistes ivoiriens, deux en particulier. Sans les nommer dans sa chronique du jour, l’homme de média a vivement condamné les propos musclés tenus par ces derniers qui s’offusquaient contre rappel de cette partie de l’histoire ivoirienne, aussi douloureuse soit-elle.

«J’ai lu avec beaucoup d’attention et un brin de tristesse la réaction de deux confrères ivoiriens à la diffusion récente de deux documentaires qui reviennent sur la crise ivoirienne (2000-2011). Les deux journalistes sont très critiques, non pas de faits qui auraient pu avoir été tronqués, mais plutôt sur l’opportunité même de produire un tel film.  Cette réaction de journalistes, véritables historiens du factuel, me désole et m’attriste, même si tous les deux semblent partir d’un bon sentiment apparent : la peur que cette œuvre de mémoire ne réveille les vieux démons de la haine entre Ivoiriens. Que des journalistes en viennent à vouloir interdire le rappel des faits à la mémoire des contemporains est assez surprenant.», rapporte Saïd Penda. Pour le journaliste africain, la réaction à chaud de ses deux confrères ivoiriens, qu’il refuse de nommer convient-il de préciser, paraît surprenante d’autant plus que l’ancienne première dame militait il y’a quelques mois pour la reconnaissance du génocide Wê pendant la crise ivoirienne. Saïd Penda s’offusque contre le silence de ses deux confrères sur ce rappel historique que souhaitait imposer l’ancienne première dame Simone Gbagbo et certains cadres de l’ancienne mouvance présidentielle en Côte d’Ivoire : «Mon étonnement est d’autant plus grand qu’il y a quelques mois, la génocidaire simone gbagbo avait tenté de réécrire cette histoire récente de la Côte d’Ivoire en évoquant un imaginaire « génocide des wê » sans que cela ne soulève la réaction autant indignée de mes deux confrères.», fait remarquer l’homme de médias.

Se remémorer l’histoire pour avancer ensemble

«Ce n’est pas en refusant de se voir dans un miroir rétrospectif que les Ivoiriens vont se soigner des profonds traumatismes des années bédié et gbagbo. C’est plutôt en revisitant avec courage et objectivité les bêtises de ce passé récent, et en s’engageant dans une démarche de confession collective que les Ivoiriens pourront, enfin, amorcer la marche vers des lendemains moins haineux et plus affectueux. Une société qui ne se tourne jamais vers son passé pour y tirer les leçons qui permettent de ne pas reproduire les mêmes erreurs (bêtises), est comme un conducteur qui ne regarde jamais dans son rétroviseur, il ne pourra pas éviter des accidents.», fait remarquer Said Penda. Pour l’opposition ivoirienne, notamment le FPI, la diffusion de ce documentaire sur la crise vise à priori à discréditer l’ancien président ivoirien qui sera dans quelques jours à la Haye.

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