Mise en place d’une transition : Venance Konan dénonce une ruse politique

Présidentielle ivoirienne – Malgré la menace du nouveau coronavirus en Côte d’Ivoire, le processus d’enrôlement et d’identification des ivoiriens suit toujours son cours, en dépit de la faible affluence sur les sites d’enrôlement.

La mise en place d’une transition politique sans Ouattara Alassane, c’est la solution proposée par Boni Claverie, opposante au régime actuel, pour diriger le pays, au soir du 31 octobre, si les élections prévues pour cette date étaient reportées. Sur ce sujet, le premier ministre s’est montré clair il y’a quelques jours. Faisant le point de la riposte sanitaire dans la lutte contre l’épidémie du nouveau coronavirus, Amadou Gon Coulibaly a indiqué que le président actuel conserverait son poste en cas de report du scrutin, et ce jusqu’à l’organisation de nouvelles échéances électorales. Le journaliste ivoirien Venance Konan voit en cette transition une nouvelle ruse politique de l’opposition. En souhaitant écarter le président Ouattara de la transition, l’opposition envisagerait de proposer Henri Konan Bédié comme président de la transition ivoirienne. C’est en tout cas l’hypothèse émise par le DG de Fraternité Matin ce jeudi dans un éditorial consacré à l’après 31 octobre en Côte d’Ivoire, mais aussi au processus d’identification en cours pour la mise en place d’un nouveau fichier électoral.

«Notre opposition ne voulait pas de la commission électorale indépendante (CEI). Elle ne voulait pas du code électoral. Elle ne veut pas que ses militants aillent se faire identifier afin de se faire établir des cartes d’identité pour pouvoir s’inscrire sur les listes électorales. Que veut-elle finalement ?  Un journal proche de cette opposition a levé le lièvre il y a quelques jours : elle ne veut pas d’une élection présidentielle, mais une transition politique sans Alassane Ouattara. Aussi simple ! C’est le rêve debout que cette opposition fait depuis quelques temps, au nom d’on ne sait trop quel raisonnement. Elle espère donc, si l’on en arrive à ne pas pouvoir organiser d’élection en octobre, que l’on mette en place un régime de transition, sans l’actuel Président de la République, mais où eux se retrouveraient.», a indiqué ce jeudi Venance Konan. Le journaliste ivoirien, par ailleurs patron de Fratmat, est revenu sur les récentes déclarations de Boni Claverie qui appelait à la mise en place d’une transition politique sans l’actuel président ivoirien. Pour le journaliste ivoirien, cette transition n’est qu’une nouvelle ruse politique de l’opposition pour accéder au pouvoir : «Ainsi, Danielle Boni Claverie dont le parti se résume à sa seule personne dit-elle, si j’en crois Le Quotidien d’Abidjan du 22 avril dernier, qu’il « faut nécessairement une transition politique pour l’élaboration d’un contrat social, sans l’actuel Président de la République. » Et cette transition aura pour tâche de mettre sur pied une assemblée constituante qui proposerait une nouvelle loi fondamentale. Carrément ! Et qui dirigerait cette transition ? Henri Konan Bédié naturellement, si je lis bien entre les lignes des journaux qui sont proches de ce dernier. Oui, c’est plus facile d’accéder au pouvoir de cette manière que d’affronter des adversaires au cours d’une élection.», précise le journaliste ivoirien.

Aucune transition prévue par la loi

«N’en déplaise aux rêveurs d’un soir de temps de coronavirus, ce pays est doté d’une Constitution qui dispose en son article 59 que : « les pouvoirs du Président de la République en exercice expirent à la date de prise de fonction du Président de la République élu ».  Cela veut dire que, si pour une raison ou une autre, il n’est pas possible d’organiser l’élection présidentielle en octobre prochain, le Président de la République en fonction demeurera à son poste. Non, je suis désolé Madame Boni Claverie, je suis désolé mes amis du PDCI et du FPI, mais notre Constitution ne prévoit pas de transition sans le Président en fonction, et elle n’en prévoit pas non plus avec Bédié et Danielle Boni Claverie. Il n’y a aucun débat juridique à mener là, sauf pour ceux qui n’ont vraiment rien à faire.», a souligné Venance Konan.

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