Réouverture des écoles : un pari risqué selon Boni Clavérie

Reprise des cours – Après la levée du couvre-feu et l’assouplissement des mesures de lutte contre le nouveau coronavirus en Côte d’Ivoire, le président ivoirien avait annoncé la date du 8 mai comme date de reprise des cours dans les établissements d’enseignement scolaires. En conférence de presse, la ministre de l’éducation nationale Kandia Camara a livré de plus amples détails sur cette réouverture des classes annoncée par le chef de l’Etat. Pour l’opposante ivoirien Boni Clavérie, toutes les conditions ne semblent pas avoir été réunies pour cette rentrée qu’elle qualifie d’improvisation.

La réouverture des écoles en Côte d’Ivoire se déroule dans un contexte mitigé. Si le gouvernement a pris les dispositions pour s’assurer du retour des acteurs de l’éducation nationale qui étaient confinés à Abidjan, le retour des élèves à l’école suscite un sentiment d’inquiétude chez certains parents, eu égard des effectifs pléthoriques dans certains établissements d’enseignement. Pour pallier à cette difficulté, la ministre de l’éducation nationale a annoncé la mise en place d’un système d’enseignement par rotation. Aussi la ministre a insisté sur le respect des mesures de distanciation sociale dans les établissements qui rouvriront, pour éviter que ces établissements soient des canaux de transmission de la maladie à Covid-19. L’opposante ivoirienne Bonie Clavérie n’a pas manqué de réagir à la reprise des cours dans les villes de l’intérieur. L’opposante ivoirienne dénonce un pari risqué du gouvernement, car estimant que toutes les conditions nécessaires à une reprise n’ont pas été prises dans l’ensemble des établissements d’enseignement.

La réouverture des écoles en Côte d’Ivoire reste un défi de taille pour le gouvernement. Alors que le pays compte plus de 2100 cas confirmés de Covid-19, les élèves doivent reprendront progressivement le chemin de l’école, après plus de deux mois passés à la maison, en raison de l’épidémie du nouveau coronavirus en Côte d’Ivoire. Pour Boni Clavérie, «La décision a été prise de rouvrir les écoles et lycées de l’intérieur et comme d’habitude ces mesures sont prises dans l’improvisation, et la précipitation mais cette fois-ci avec des conséquences graves car se joue ici la santé de nos enfants, des enseignants, de nous tous en fait. Comme d’habitude, ordres et contre ordres se croisent, preuves de la non maîtrise des Autorités sur une riposte réfléchie, coordonnée et efficace pour lutter contre le covid 19. Les cours reprennent alors que beaucoup d’élèves et d’enseignants ne disposent pas de masques ce qui amène des professeurs comme ceux de Dimbokro à refuser de dispenser des cours. Dans de nombreux établissements scolaires, les mesures barrières ne sont pas prises en compte. Manque ou insuffisance de seaux à robinets, absence de gel ou de cache-nez. Or, il nous a été promis 200 millions de masques dont 22 millions déjà distribués. A qui ? Pourquoi les élèves et enseignants n’en sont-ils pas les premiers bénéficiaires ?», rapporte l’opposante ivoirienne.

Un déconfinement précipité ?

«Comment expliquer que le test de dépistage après avoir été déclaré obligatoire pour tout déplacement ne le soit plus ? Le vaste mouvement de transhumance des élèves et enseignants d’Abidjan vers l’intérieur sans les soumettre à la moindre quarantaine multiplie les risques de propagation de la pandémie dans un arrière pays qui jusqu’ici ne comptait plus de contaminés. Les populations ont peur. On ne peut comprendre les raisons qui poussent le gouvernement à prendre de telles décisions alors que nous savons que le pic de la pandémie n’est pas atteint. Nous sommes en décalage de plus d’un mois avec l’Europe et avons déjà atteint le chiffre de 2219 cas au 18 mai et le nombre augmente régulièrement. Juste au moment où les Ivoiriens commençaient à comprendre la nécessité des mesures barrières et se les appropriaient, tout est remis en cause et les forces de l’ordre ne peuvent se démultiplier pour surveiller chaque citoyen.», fait savoir l’opposante ivoirienne. Rappelons que certaines associations syndicales avaient à l’occasion de la reprise des cours, formulé quelques propositions à la ministre de l’éducation nationale.

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