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Le Dioula la langue des affaires et du commerce

Comme la plus part des pays d’Afrique de l’ouest voire d’Afrique tout court, la Côte d’Ivoire abrite des langues qui ne lui sont pas propres.

Parmi ses 63 ethnies en effet l’on retrouve des ethnies communes à plusieurs pays de la sous-région. C’est le cas du dioula, un dialecte qui traverse les frontières et dont la définition est très poreuse aux interprétations parfois malencontreuses. Du fait de ce flou dû souvent à la nationalité, la langue dioula est tantôt considérée comme la langue qui a le plus de locuteurs, tantôt juste comme la langue la plus parlée de Côte d’Ivoire.

Le terme dioula regroupe un certain nombre de peuples partageant plus ou moins le même langage en Côte d’Ivoire comme dans d’autres pays à l’instar du Mali ou du Burkina Faso. Intéressons-nous par conséquent au dioula pour savoir ce que recouvre cette langue.

Le Dioula ou l’histoire d’une langue transfrontalière

Le Dioula est une langue commune à des peuples qui faisaient autrefois partie du grand royaume mandingue. Ainsi désigne-t-on par Dioula le dialecte commun aux Bambaras, Soninké, Malinkés, bref aux Mandingues de la sous-région. De ce fait, le Dioula est tantôt appelé Bambara ou encore Malinké selon la fantaisie de l’auteur. Mais tout le monde s’accorde pour dire que Dioula, qui signifie commerçant, est une langue propre à un peuple qui recouvre une grande partie du Mali, une partie du Burkina, de la Guinée et de la Côte d’ivoire. En Côte d’Ivoire, dans l’acception populaire, le Dioula renvoie aux langues du nord comme le Malinké. Ici nous nous limiterons au Malinké tel que nous le connaissons. En Côte d’Ivoire le groupe Malinké autrement dit Dioula s’est établi au nord-ouest autour de la ville d’Odienné dans la région du Denguélé.

Quelles sont les manifestations du dioula

Le Dioula est une langue extrêmement policée du fait de sa longue histoire parfois très glorieuse. Le Dioula possède l’une des structures linguistiques les plus élaborés ce qui fait que certains groupes plus au sud de la Côte d’Ivoire ont repris certains de leurs termes. Ainsi quand le Dioula dit « Nêguê soh » pour signifier « Le Vélo » le Guéré dit « Nin nin soh » ou quand le Malinké affirme « I to go bé di » pour dire « Comment tu t’appelles », le Yacouba dit « I to go dé ». Rappelons que le dioula en Côte d’Ivoire fait partie des langues du groupe Mandé du Nord avec d’autres comme le Toura. La langue dioula connait également un alphabet intitulé N’ko ce qui signifie littéralement « Je dis ». Selon les experts en linguistique, le N’ko est l’un des alphabets les plus élaborés et les plus toniques. De ce fait il prêterait bien mieux à l’enseignement que d’autres dialectes.

L’importance de la langue dans la vie de la nation ivoirienne

Si le mot dioula recouvre l’ensemble des populations du nord et les immigrés maliens ou burkinabés la langue dioula serait alors la plus importante de Côte d’Ivoire car elle pèserait pour 21% des habitants natifs de ce dialecte. Ce pourcentage correspondrait à 4.977.000 Ivoiriens qui seraient issus du dioula. En outre la langue dioula est la langue du commerce en Côte d’Ivoire. Dans les marchés, c’est le moyen d’expression favorit des clients et marchands. Le Nouchi, sorte d’argot à l’ivoirien, tire en grande partie son vocabulaire du dioula.
Le dioula-et non l’ethnie Malinké de Côte d’Ivoire- est la langue la plus répandue du pays car elle est employée par tous les peuples. Langue commerciale par excellence, elle est destinée à une plus grande expansion et peut être au statut de langue nationale.

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