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La langue Tikar au cœur du territoire camerounais

La langue Tikar au cœur du territoire camerounais

Puissance économique de l’Afrique centrale, le Cameroun compte l’une des populations les plus dynamiques de la zone.

Cette population est aujourd’hui estimée à 23.739.218 habitants répartis en deux langues administratives que sont le Français au Sud et l’Anglais au Nord. Outre ces langues internationales il existe au moins 220 langues locales telles que le Peul, l’Ewondo, le Tikar et le Haoussa. Celle-ci sera l’objet de notre présent article, la dernière de la série des cinq langues majeures du Cameroun.

Le Haoussa est une langue camerounaise qui fait partie des langues les plus importantes du pays. Cette place lui confère le statut de choix de langues officielles d’où l’intérêt que nous lui portons dans cet article. La question qui nous préoccupe ici est de savoir l’histoire de cette langue, ses caractéristiques et ses manifestations essentielles.

Origine et histoire de la langue Haoussa

Le Haoussa, Hausa ou encore Hawsa est une langue tchadienne parlée en Afrique de l’ouest et en Afrique centrale, principalement au Tchad et au Cameroun. Dans ce dernier pays il est la langue maternelle d’environ 1% de la population nationale. Le plus gros lot des locuteurs Haoussa vivent au Nigeria et le nombre total de Haoussas s’élèveraient à 70 millions. Culturellement proches du Peul, du Sonrhaï, du Touaregs et du Mandé, le Haoussa est une langue afro-asiatique et nilo-saharienne qui aurait une origine dans l’ancienne Nubie. Ils seraient venus de cette région entre l’an 500 et 700 de notre ère et se seraient établis dans les zones actuelles où on les trouve c’est-à-dire l’ouest du Burkina, le Nord du Benin, du Nigeria et du Cameroun et au sud du Niger et du Tchad. Là ils auraient formé un grand empire au Moyen âge qui a été envahi par les Peuls. Mais les similarités socioculturelles des deux peuples a permis une entente parfaite et une cohabitation réussie. La langue Haoussa a influencé toute la région du Lac Tchad au temps au plan culturel que politique car les premiers Présidents de ces pays, après l’indépendance, étaient issus du Haoussa ou du Peul voisin. En outre le Haoussa est employé dans la région de l’Extrême Nord autant que le Peul.

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Ecriture et alphabet du Haoussa

Comme on l’a déjà dit, la langue Haoussa est issue de la famille des langues afro-asiatiques et compterait au moins 500.000 locuteurs ce qui fait de la communauté haoussa du Cameroun l’un des plus petites après celle du Tchad. Ce dialecte qui est écrit depuis 200 ans, s’est d’abord aligné sur l’alphabet arabe avant d’emprunter l’alphabet latin au début du XXe siècle avec l’arrivée des colons britanniques. Mais aujourd’hui deux écritures coexistent à savoir celle basée sur l’arabe et celle qui s’inspire du latin. L’alphabet de type arabe est appelé « ajami » et celui de type latin est dénommé « boko ». Celui-ci est le suivant : a-b-ɓ-c-d-ɗ-f-g-h-i-j-k-ƙ-l-m-n-o-r- r̃-s-sh-t-ts-u-w-y-ƴ/Y/y-z.

Exemple pratique du dialecte Haoussa

Le Haoussa pratiqué au Cameroun est sensiblement le même que celui pratiqué ailleurs grâce à l’alphabet « ijama » et « boko » indifféremment employé de part et d’autres. Ci-dessous trouvez certains termes et phrases issus de la langue Haoussa :
Je mange : Ina ci
Tu manges : Kana ci
Il mange : Yana ci
Eau : Ruwa
Homme : Namiji
Femme : Mace
Bonjour : Ina kwana
Faim: Yunwa
Soif: Kishirwa

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