BAD : Le Nigéria à la rescousse d’Akinwumi Adesina

Banque Africaine de développement – En début d’année, le président de la BAD s’est retrouvé au cœur d’une vive polémique après la diffusion de plusieurs informations anonymes l’accusation de favoritisme au sein de la BAD. A quelques mois de la tenue de l’élection du prochain président de la Banque africaine, l’étau se resserre autour du représentant nigérian qui souhaite briguer un second mandat à la tête de l’institution. Malgré la tenue d’une enquête du comité d’éthique qui l’a blanchi, Akinwumi Adesina n’est toujours pas tiré d’affaires, puisque les USA ont exigé la tenue d’une nouvelle enquête indépendante.

Une enquête indépendante à la BAD, c’est le vœu émis par les Etats-Unis d’Amérique, l’un des principaux actionnaires de la Banque africaine. Accusé de favoritisme dans la nomination de hauts cadres au sein de l’institution bancaire africaine, Akinwumi Adesina a toujours clamé son innocence, allant même à dénoncer une cabale contre sa personne, en vue d’empêcher sa réélection à la tête de l’institution dans quelques mois. Le Nigéria, principalement concerné par cette affaire, n’entend pas rester sans rien faire. Selon les révélations du journaliste Saïd Penda, la République fédérale africaine envisagerait de faire barrage à la nouvelle enquête exigée par les Etats-Unis d’Amérique. De plus en plus isolé sur la scène internationale, le président de la Banque africaine de développement a tout de même reçu le soutien de 11 chefs d’Etats africains dans ce bras de fer qui l’oppose à certains fonctionnaires de la Bad qui remettent en cause son équité dans nombre de ses choix.

«La décision ordonnant une enquête indépendante sur les allégations de favoritisme et de clientélisme portées contre le président de la BAD ne passe visiblement pas… Le Nigeria, dont le ressortissant est visé par cette enquête décidée le 26 Mai dernier par le Bureau du Conseil des Gouverneurs, a lancé une contre-offensive pour sauver le poste et laver l’honneur de son compatriote, candidat à sa propre succession. Selon mes sources, le dossier est géré directement par le président muhammadu buhari en personne, mais c’est un de ses prédécesseurs –le très influent Olusegun Obasanjo dont on vante la qualité du réseau d’influence en Afrique- qui est le deus ex machina, le maître à penser, de toute la stratégie nigériane. Cette stratégie est clairement définie et les éléments de langage bien travaillé. Il s’agit pour les Nigérians de d’attiser la fibre africaine : « Les puissants pays occidentaux veulent nous imposer leur diktat dans une institution Africaine ». L’enquête indépendante a en effet été demandée par les USA appuyé par les pays nordiques.», rapporte le journaliste Said Penda. A quelques mois de la tenue de l’élection du futur président de la BAD, le président actuel se retrouve au centre d’une vive polémique. Plusieurs employés de l’institution, l’ont accusé de népotisme, notamment lors des grandes nominations au sein de l’institution. Adesina aurait, selon ses détracteurs, privilégié ses compatriotes nigérians lors des nominations, des informations niées en bloc par le concerné : «Je suis très fier d’être président de la Banque africaine de développement. Ces accusations ne sont que des accusations. Ce sont des mensonges, des choses que les gens disent. On m’attaque parce que nous sommes dans une période de réélection, de tous ces politiques-là… Ce sont des mensonges. Je respecte les règles à 100 %, et je récuse ces accusations à 100 %.», confiait il y’a quelques peu le président sortant.

La Bad divisée sur l’affaire Adesina

«Les critiques sur la gestion et les suspicions de favoritisme à l’égard du président de la BAD ne datent pas d’aujourd’hui. Déjà, dans une note confidentielle adressée aux administrateurs le 11 Mai 2018, Moussa Dosso, alors administrateur représentant la Côte d’Ivoire, relevait de sérieux de manquements dans la gestion du Nigérian. M. Dosso, expert-comptable et actuel ministre des ressources animales et halieutiques de la Côte d’Ivoire citait, pour illustrer des pratiques de favoritisme, le cas de Mme Akin OLUGBADE qui, outre d’être Nigériane, appartient à la même ethnie Yoruba que le président de la BAD.», révèle le journaliste.

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