Côte d’Ivoire : le breuvage local Koutoukou tue 9 personnes à Abobo

Intoxication alimentaire – Alors que les autorités ivoiriennes sont pleinement engagées dans la lutte contre le Covid-19, une information révélée par le préfet d’Abidjan annonce la mort de neuf personnes qui auraient consommé une boisson locale dénommé Koutoukou. A en croire les premiers éléments de l’enquête, la boisson locale serait à l’origine de ces décès survenus il y’a quelques jours dans la commune d’Abobo, l’un des plus grands quartiers de la capitale économique ivoirienne. Des analyses toxicologiques sont en cours selon le préfet d’Abidjan.

Très prisé par certains ivoiriens, le breuvage local Koutoukou représente un probable danger pour la santé. Si les maquis et autres lieux de consommation d’alcool et boissons sont fermées en raison du coronavirus, les adeptes du Koutoukou trouvent eux, des alternatives pour satisfaire leur soif dans cette période de crise sanitaire. 9 consommateurs de cette boisson locale ivoirienne sont décédés dans la commune d’Abobo la semaine dernière, selon une information transmise par Toh Bi Vincent, le préfet d’Abidjan. S’il est trop pour tirer certaines conclusions, le préfet rapporte toutefois que les neuf individus ont tous fréquenté un bistrot où l’on servait cette boisson locale appelé Koutoukou. L’enquête a conduit les forces de l’ordre dans le quartier Belleville d’Abobo où 2300 litres de ce breuvage local ont été découverts. L’année dernière en Côte d’Ivoire, une dizaine de personnes perdaient la vie après avoir consommé ce breuvage local. L’analyse toxicologique menée a révélé que certains mélanges avec ce breuvage local, consommés par les adeptes du Koutoukou, était l’origine de ces décès en cascade. Le cas d’Abobo rappelle trait pour trait celui d’Abatta dans la commune de Cocody l’année dernière.

«Des personnes décédées dans le même rayon d’un sous quartier d’Abobo Belleville et dans les mêmes conditions : douleurs abdominales, vertiges , vomissements. Ces personnes ont en commun d’avoir fréquenté ces derniers jours le même bistrot où se vend la même boisson, le koutoukou.  Informé tôt ce matin par des personnes anonymes, nous nous sommes rendus sur le site , avec la Mairie d’Abobo et les forces de sécurité. L’Institut National d’Hygiene Publique (INHP) est à l’œuvre pour les analyses toxicologiques.  09 personnes seraient décédées entre le 16 et le 23 Avril 2020, mais ce sont 06 dont l’identité exacte a été vérifiée pour l’instant.  Sur place , nous avons fait la découverte de 2.300 litres de koutoukou entreposés dans de mauvaises conditions chez un grossiste du quartier.  En Juin 2019, la consommation de koutoukou frelaté avait coûté la vie à 10 personnes dans le village d’Abatta.  Nous rappelons que dans le cadre de la lutte contre le COVID-19 tous les restaurants, bars , maquis, buvettes, bistrots sont interdits de fonctionnement.», a révélé le préfet d’Abidjan. des enquête sont encore pour en savoir davantage sur cette série de décès survenue la semaine dernière dans la commune d’Abobo. Mais tous les éléments concordent pour l’instant vers la piste d’une intoxication à ce breuvage local tant prisé par certains en Côte d’Ivoire. Faute de pouvoir s’offrir de la bière, certains ont trouvé refuge dans les boissons locales comme le Koutoukou, un breuvage souvent fabriqué dans le non-respect de certaines mesures d’hygiène.

Faut-il interdire le Koutoukou pour de bon ?

«Selon les analyses profondes et crédibles du CIAPOL (Centre Ivoirien Anti-Pollution), les échantillons de boissons récupérées sur la scène des décès et sur les boissons saisies ont révélé un pourcentage anormalement élevé de : -Méthanol (8,8%)  -Propanol-2 (4,0%).  Ces produits peuvent causer une mort immédiate de ceux qui s’y exposent.  Par ailleurs, des alcools dont du pastis et des alcools avec des racines ont présenté des pourcentages à doses mortelles de 77,1% et 61%, pourcentages largement déconseillés par le Ministère du Commerce. La combinaison de la consommation de ces alcools est soupçonnée d’avoir causé les décès.», confiait le préfet d’Abidjan, dans une affaire d’intoxication au Koutoukou survenu l’an dernier dans la commune de Cocody, à Abatta pour être plus précis.

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