Guillaume Soro a-t-il été contraint à la démission ?

par Kohan Kioshiko
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DEMISSION DE GUILLAUME SORO – Le tabouret a été libéré depuis une semaine, mais les circonstances qui entourent le départ de l’ancien président de l’Assemblée Nationale suscitent toujours la confusion.

Suite à son refus d’adhérer au RHDP, Guillaume Soro a démissionné de son poste de président de l’Assemblée Nationale il y’a environ une semaine. Ce départ fait suite à de nombreux désaccords entre l’ancien premier ministre et le président Ouattara Alassane sur la question de son adhésion ou non au parti unifié. Bien avant l’annonce officielle de son départ, le président ivoirien confirmait lors de la cérémonie d’échange de vœux avec la presse une rumeur qui circulait depuis quelques temps. Mais pour Ouattara Alassane, Guillaume n’a en aucune manière été contraint au départ, mais le concerné livre une toute autre version du feuilleton de sa démission de la présidence de l’Assemblée Nationale, un poste qu’il occupe depuis 2012.

La démission de Guillaume Soro de la présidence de l’Assemblée Nationale était pressentie depuis des mois à en croire certains. A l’approche du congrès constitutif du RHDP, le président du comité d’organisation de ce rendez-vous, l’ancien ministre Adama Bictogo, n’avait pas hésité à affirmer que toute personne qui ne sera membre du RHDP devrait céder son fauteuil, fut-il le président de l’Assemblée Nationale ou de toute autre institution ivoirienne. Pour avoir refusé d’adhérer au Rhdp, Guillaume Soro a donc quitté la présidence de l’Assemblée Nationale qu’il assure depuis 2012. Aux premières heures de cette démission, le président Ouattara Alassane a réfuté toute idée selon laquelle le PAN aurait quitté son poste suite à des pressions : «Il est entré à la formation du parti. Mais un peu plus tard, après réflexion, il a estimé que peut-être sa place n’était pas au RHDP et qu’il préférait engager une nouvelle aventure. Il l’a dit lui-même. Donc je n’ai pas besoin de répéter ce qu’il a dit… Je ne suis pas homme à forcer qui que ce soit. Nous avons eu de bons entretiens. Il m’a confirmé tout cela. Il m’a dit qu’il voulait prendre un peu de temps. Il envisage d’aller faire des études de MBA à Harvard. Et puis après, on verra, je n’exclus pas qu’il revienne à la maison d’ailleurs.». Mais Guillaume Soro n’est pas du tout de cet avis sur la question.

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Une démission forcée selon Guillaume Soro

«Je lui ai dit non monsieur le président, c’était tout réfléchi je ne suis pas RHDP et que je ne comptais me rendre au congrès. Le président m’a dit dans ces conditions, il faut que je rende ma démission. Je lui ai dit d’accord, il ne restait que nous puissions nous mettre d’accord sur une date de démission. Après le congrès le 27, je peux vous dire que le président m’a appelé en colère, que j’avais fait une démission orale et que par conséquent, il m’enverrait des émissaires. Et ces émissaires sont arrivés chez moi, je dis bien le 28 janvier à 17 h 30. Ils m’ont envoyé une note et m’ont demandé de signer ma démission… Je leur ai dit que j’allais appeler le président. Par la suite j’ai envoyé un courrier au président pour lui dire que je voulais qu’on préserve la dignité de l’institution parlementaire et que si devais démissionner, je voulais que ça se fasse conformément à la constitution.  C’est-à-dire la convocation de l’actuelle session extraordinaire. Je vous informe, j’irai là pour rendre ma démission. On aurait pû attendre l’ouverture de la session ordinaire de l’assemblée le 1er avril pour que je rende ma démission, rien ne pressait. Après tout ce que viens de vous dire, si ce n’est pas le harcèlement, on peut parler d’insistance.».

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