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Les trois mannequins africain albinos les plus connus dans la mode

NOIR ALBINOS – l’univers du mannequinat a de plus en plus de nouveaux visages comme aujourd’hui les « albinos africains » à la peau blanche. Alors est-ce un effet de mode ?

Albinos Mannequin Afrique
Le mannequin Thando Hopa à gauche, au milieu c'est Adama Dosso ( Côte d'Ivoire ) et à droite, Adrienne Tankeu.

Les albinos, plus particulièrement en Afrique, sont régulièrement marginalisés dans la vie sociale. Mais loin de considérer leur couleur de peau comme un handicap, certains ont décidé de se battre pour se faire une place au soleil. Parmi les exemples de réussite sur le continent africain, nous avons le chanteur malien Salif Keita. Malgré la couleur de sa peau blanche, le chanteur malien a réussi à s’imposer comme l’un des plus grands chanteurs africains de sa génération. Mais il n’y a pas que dans l’univers de la chanson que les albinos africains tentent de se faire remarquer. Aujourd’hui, ces personnes à la couleur de peau plutôt particulière investissent en masse l’univers de la mode. Il n’est plus rare de voir de nos jours des mannequins atteints de « albinisme » défiler pour les plus grands couturiers et stylistes au monde. Ces personnes qui étaient autrefois marginalisées en raison de la couleur de leur peau sont aujourd’hui devenues incontournable dans l’univers de la mode. En Afrique, l’un des plus célèbres est l’ivoirien Adama Dosso. Certains l’ignorent encore sans doute, mais le jeune ivoirien a même sollicité par la chanteuse américaine Beyonce pour jouer dans son clip Flawless sorti il y’a quatre ans. Zoom sur quelques mannequins africains albinos qui font la une des grands évènements de mode sur le continent africain.

La cause de l’« albinisme » est une maladie génétique caractérisée par une production insuffisante du pigment qui colore la peau. Les albinos africains font l’objet d’une grande méprise dans certains pays du continent noir. Ces personnes à la peau génétiquement altérée en raison de l’absence de pigments dans l’épiderme sont même pourchassées en Afrique subsaharienne pour certaines raisons superstitieuses. Les causes de cette maladie génétique n’est pas encore bien définie mais nous savons par exemple en Afrique que c’est un l’albinisme de type 2 et le gène responsable est le gène P. Certaines croyances occultes laissent entendre que les organes d’albinos conféraient des pouvoirs surnaturels, une situation qui a donné lieu à une chasse à ces personnes à la couleur de peau génétiquement modifiée. Au Malawi par exemple, on dénombrerait environ 10 000 personnes souffrant d’albinisme. Mais ce nombre est encore plus faible dans certains pays comme la Tanzanie ou les albinos africains sont mêmes tués pour la vente de leur organe. Sur le marché noir, les ventes d’organes d’albinos peuvent rapporter jusqu’à 400 dollars. Malgré ces croyances occultes qui font d’eux une cible privilégiée en Afrique subsaharienne, certains albinos ont décidé de se battre pour changer le regard des uns et des autres sur leur communauté. Aujourd’hui, l’univers de la musique africaine peut être fier d’avoir connu un artiste comme le malien Salif Keita. Malgré l’albinisme qui l’a affecté, le chanteur malien s’est imposé comme l’une des plus grandes sommités de la musique africaine. L’artiste malien jouit même d’une réputation sur la scène internationale, pour avoir donné des spectacles dans les plus grandes salles de spectacles européennes. Salif Keita a été une source d’inspiration pour de nombreux albinos africains. Mais plutôt que de se lancer dans le domaine de la musique, nombre d’albinos africains ont choisi de s’exprimer à travers l’univers de la mode. Parmi les plus connues de l’univers de la mode africaine, il y’a la camerounaise Adrienne Ntankeu, mieux connue dans le milieu de la mode sous le nom d’Adina. C’est en 2012 que la camerounaise fait ses premiers pas dans ce milieu et depuis lors elle participe aux plus grands évènements de mode sur le continent africain. En plus d’être mannequin, la camerounaise a aussi créé une fondation baptisée Anida, une association à but non lucratif dont le but est de changer le regard des gens sur les personnes atteintes d’albinisme : « L’albinisme en Afrique Si aux Etats-Unis et en Europe, une personne sur 20 000 est albinos, ce taux atteint une personne sur 4000 en Afrique. L’albinisme engendre de nombreux handicaps pour les personnes qui en sont atteintes. Mais en Afrique, ces barrières ne sont pas toutes d’ordre médical: les croyances et le manque de sensibilisation jouent un rôle prédominant dans les difficultés sociales que rencontrent les personnes albinos. Depuis quelques années, elles conduisent même à des sacrifices humains. », fait savoir la camerounaise sur le site de son association. Mais Adina n’est qu’un mannequin albinos africain parmi tant d’autres, car les structures de mode se tournent de plus en plus vers ces personnes à la couleur de peau assez particulière.

Adama Dosso, mannequin ivoirien albinos

A l’image des mannequins albinos sollicitées par les grandes maisons de la mode, Givenchy, Jean-Paul Gauthier ou encore certaines marques comme Dior, Adama Dosso est lui aussi de plus en plus présent aux grands évènements de mode. La carrière du jeune ivoirien aujourd’hui âgé de 26 ans a connu un tournant majeur en 2012 lorsqu’il avait été sollicité pour prendre part au tournage d’un clip de la chanteuse noire américaine Beyonce. Adama Dosso fait partie de ces privilégiés qui ont eu la chance de côtoyer et de collaborer avec la diva américaine Beyonce, une des plus belles expériences de sa carrière comme il l’a lui-même indiqué au cours d’une interview accordée au média Newsfromabc : « Assurément celui qui précède le tournage du clip de Beyonce, Flawess. En toute franchise, il s’agit du seul réel casting d’envergure auquel j’ai participé. Les autres concernaient des artistes un peu moins connus ou alors j’étais directement appelé pour participer au projet, sans avoir à passer de casting au préalable. », a révélé le jeune mannequin ivoirien atteint d’albinisme. Si le tournage du clip Flawless a été l’une de ses plus belles expériences, le mannequin aussi collaboré avec le chanteur français Maître Gims pour son clip Marabout. Mais contrairement aux autres mannequins albinos qui préfèrent s’exprimer à travers les défilés, l’ivoirien Adama Dosso préfère lui s’exprimer à travers les séances de shooting. Mais le mannequin ivoirien de 26 ans, contrairement à la majorité des personnes souffrant d’albinisme, affirme lui qu’il n’a pas souffert durant son enfance : « Petit, je n’ai absolument pas souffert de mon albinisme. C’est grâce à cela que je suis mannequin. Cette activité n’a pas pour but de me permettre de me sentir bien dans ma peau… J’ai mon propre univers. Le mannequinat est un monde où chacun a sa façon de vivre et sa personnalité. Il ne faut pas mettre tous les albinos dans le même sac », révélait la nouvelle coqueluche africaine de l’univers de la mode. Aujourd’hui, la majorité des mannequins africains albinos nous viennent de l’Afrique du Sud.

Thando Hopa, nouveau visage du mannequinat sud-africain

Parmi les mannequins albinos les plus sollicités par les grandes égéries de la mode, Thando Hopa fait sans doute partie du top 3 des stars qui la une des grandes évènements de mode aujourd’hui. Celle qui a déjà fait la couverture de plusieurs magazines réputés n’a pas connu une enfance tendre, repoussée et marginalisée en raison de la couleur de sa peau. Et c’est en 2012 que Thando Hopa décide de combattre son complexe et de s’exprimer sur la scène de la mode. Mais avant de se lancer dans le domaine de la mode, Thando Hopa travaillait en tant que jeune procureure, une carrière judiciaire qu’elle abandonna pour s’exprimer dans l’univers de la mode africaine. Deux ans après ses premiers pas dans la mode, elle devient l’égérie de la marque française Vichy, bien connue dans le milieu de la cosmétique Haut de gamme. Le mannequin sud-africain fera aussi la une de la couverture du magazine Marie Claire South Africa. Elle posera même avec la très célèbre Naomi Campbell qui n’est plus à présenter dans le milieu de la mode internationale. Dans une interview accordée au média Jeune Afrique Thando Hopa est revenue sur les raisons qui l’ont poussé à se lancer dans le mannequinat et abandonner sa carrière de procureure :

« J’ai été repérée par Gert-Johan Coetzee, le fameux couturier sud-africain, dans un centre commercial de Johannesburg. À cette époque, je travaillais comme procureure, depuis l’âge de 22 ans, au sein du ministère public sud-africain (NPA, National Prosecuting Authority). J’ai d’abord été réticente mais ma sœur m’a convaincue de tenter le coup. Je me suis rendue compte que cette expérience me permettrait de transmettre un message positif sur la différence. Ce métier est donc devenu une incroyable opportunité d’interroger et de nouer le dialogue sur les normes qui ont cours dans l’industrie de la mode. ».

A l’instar de nombreux albinos, Thando Hopa milite également pour une meilleure intégration des personnes atteintes par l’albinisme sur le plan social :

« J’ai participé à la consultation des Nations Unies pour un plan régional d’action sur la question. Il était particulièrement axé sur des politiques de développement comprenant des mesures spécifiques dans la lutte contre les discriminations à l’encontre des personnes atteintes d’albinisme sur le continent. Il faut toutefois rappeler qu’en Afrique du Sud, les violentes agressions dont nous pouvons être victimes sont très rares. De plus, les solutions et les vécus diffèrent d’un pays à l’autre. »,

a-t-elle indiqué. Au passage, Thando Hopa n’a pas manqué de saluer le concours de beauté d’albinos qui a eu lieu au Kenya :

« De même, que les gens qui ne comprennent pas cette apparence la voient mise en valeur de la sorte devraient conduire à un changement de regard positif. Tout cela pour dire que, selon moi, ces événements en valent la peine. Quand il s’agit de parler d’albinisme, aucune réponse n’est facile à donner. Il est aussi intéressant de voir si les participants à de tels concours en ressentent les effets positifs tout comme la communauté qui les entourent. ».

Adrienne Tankeu, mannequin camerounais

Faire passer son handicap pour quelque chose de positif, c’est le message que la camerounaise lance à la communauté albinos africaine et même au monde, à travers son association. A l’âge de cinq ans, elle part en France avant de faire son grand retour dans son pays natal quelques années plus tard, quatorze ans plus tard pour être plus précis. En effet c’est à l’âge de 19 ans que le mannequin camerounais Adrienne Tankeu, connu dans l’univers de la mode sous le nom d’Adina, renoue avec sa terre natale. Choquée par la marginalisation et les persécutions dont font l’objet les albinos, Adina Tankeu décide de fonder en 2011 une association de lutte contre la discrimination à l’égard des personnes atteintes par l’albinisme. Un an plus tard, elle décide de mener son combat en s’exprimant aussi dans l’univers de la mode, comme de nombreux mannequins africains atteints d’albinisme. Si certains ont commencé leur carrière dans le mannequinat un peu plus tôt, Adrienne Tankeu fait elle ses débuts dans le milieu de la mode dès l’âge de 32 ans. Adina a déjà défilé pour le célèbre couturier français Christophe Guillarmé. La camerounaise a aussi déjà travaillé pour la marque française Repetto. Selon elle, le mannequinat est une façon pour elle de lutter contre les différentes formes de discrimination dont les personnes albinos sont victimes : « C’est une façon de financer les activités de mon association, mais aussi de changer le regard sur les albinos, du fait de son albinisme, a vécu une enfance et une adolescence effroyables. J’aurais préféré que le mannequinat arrive plus tôt dans ma vie, à l’époque où je souffrais énormément de mon apparence. Aujourd’hui, mes blessures ont presque cicatrisé, et l’accès aux podiums n’y est sans doute pas pour rien», a-t-elle indiqué dans une interview accordée au média Jeune Afrique. Dans sa lutte contre la discrimination, Adina Tankeu met particulièrement l’accent sur les massacres des personnes atteintes d’albinisme : « Depuis déjà plusieurs années, à cause de croyances colportées par des sorciers selon lesquelles les albinos auraient des pouvoirs magiques, ceux-ci sont chassés et assassinés. Les agressions dont les albinos sont victimes ont commencées dans la partie Ouest de la Tanzanie, puis se sont étendu à d’autres pays. Des marabouts s’attachent les services de tueurs, qui assassinent des albinos et découpent leur corps. Puis ils se servent des différents membres ( cheveux, langue, yeux, os, parties génitales, bras et jambes ) et du sang pour préparer des potions qui sont vendues aux pêcheurs, mineurs et politiques du pays, qui les utilisent pour s’attirer la chance. Dans des pays où environ 90% de la population vit avec moins de 1,5 euros par jour, tuer un albinos semble une véritable opportunité pour certains. On parle de 1500  euros pour un bras et de 57 100  euros pour la totalité des membres d’un même corps. Des milliers d’albinos ne peuvent donc plus se déplacer librement pour aller travailler, étudier ou cultiver leurs potagers par crainte des chasseurs. Leur vie est en suspens. », indique le mannequin camerounais sur la plateforme de son association. Rappelons que les Nations Unies ont institué une journée internationale de sensibilisation sur l’albinisme. Ces personnes marginalisées sont célébrées le 13 juin de chaque année par les Nations Unies.

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