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Côte d’Ivoire : Youssouf Bakayoko, partira ou ne partira pas ?

Le départ possible de Youssouf Bakayoko en avril prochain ? Dans son discours télévisé du 31 décembre 2017, le Président Alassane Dramane Ouattara avait annoncé la tenue des prochaines élections municipales, régionales et sénatoriales.

Prévues pour se tenir vraisemblablement en avril prochain, ces échéances électorales cristallisent déjà l’attention de tout le peuple ivoirien, principalement des partis engagés dans la bataille. Ces partis, que ce soit ceux de l’opposition ou de la majorité présidentielle, demandent des remaniements afin de donner toutes les chances à ce rendez-vous de la démocratie.
Cependant, il demeure une question fondamentale : Youssouf Bakayoko, le président de la Commission Electorale Indépendante, partira-t-il ou ne partira-t-il pas ? Force est de constater que Youssouf Bakayoko est toujours à la barre malgré l’expiration de son mandat. Quel est donc le sort réservé à Youssouf Bakayoko à la veille des élections ?

L’appel au changement au sein de la CEI

A l’approche des dates et élections municipales, régionales et sénatoriales d’avril prochain, les voix s’élèvent pour réclamer la refonte totale de la Commission Electorale Indépendante, en abrégée CEI. Le Front Populaire Ivoirien, dans sa logique d’opposant, avait réclamé, de longue date, un remaniement de fond en comble de la CEI. Pour elle, cette institution n’est pas assez crédible pour mener à bien les futures échéances électorales. Des organisations de la société civile ainsi que des partis politiques majeurs comme le PDCI-RDA ont également émis des réserves. Le parti dirigé par Aimé Henri Konan Bédié, allié du RDR d’Alassane Ouattara au sein du RHDP (Rassemblement des Houphouetistes pour la Démocratie et la Paix), a tenu la réunion annuelle de ses délégués départementaux et communaux le vendredi 12 janvier dernier. Au cours de cette réunion, les différents porte-paroles ont affirmé la nécessité de reformer la CEI, de procéder à un nouveau découpage et de faire la révision de la liste électorale. Ces dernières heures, c’est la personne même du président de la CEI qui poserait problème.

Youssouf Bakayoko forclos

Mr Youssouf Bakayoko est à la tête de la Commission Electorale indépendante depuis au moins 7 ans. De fait, il a été élu en février 2010 par l’ancien président de la République, Mr Laurent Gbagbo, pour répondre à des exigences d’équilibre au sein de la commission. Or les textes stipulent que tout président de ladite commission a un mandat de cinq. Il se trouve que Youssouf Bakayoko en a fait sept, soit deux de plus que la normale. Les partis d’opposition et la société civile appellent donc à son départ de la tête de la CEI pour respecter l’exigence démocratique. Pourtant son éviction ne semble pas être à l’ordre du jour du côté de la présidence de la République de Côte d’Ivoire, qui a en charge la nomination à la direction de l’institution électorale. Au-delà des calculs politiciens, la personne même de Youssouf Bakayoko poserait problème.

De la conscience morale et professionnelle

Pour beaucoup l’image de Youssouf Bakayoko est difficilement dissociable de la crise post-électorale. L’homme était aux affaires quand est survenu le conflit. Tout est d’ailleurs parti de sa commission, où un malentendu entre les parties a conduit à la catastrophe qui a fait plus de 3000 morts selon le bilan officiel. L’on aurait donc voulu que Youssouf Bakayoko démissionnât, de bonne foi, depuis cette date-là. Mais il ne l’a pas fait et son mandat a excédé le temps requis. A l’aube des prochaines élections, le spectre de la crise hante à nouveau les Ivoiriens. D’où le vœu pieux de ne pas partir au vote avec le même onze de départ que celui d’octobre 2010.
Le départ de Youssouf Bakayoko de la tête de la Commission Electorale Indépendant semble aujourd’hui être une condition raisonnable pour des élections justes et apaisées. Mais son départ seul ne suffira pas à gommer tous les problèmes qui planent autour de ces élections. Il faut en outre reformer la CEI pour la rendre plus équilibrée entre les membres issus de la majorité présidentielle et ceux de l’opposition. Il faut aussi sensibiliser les Ivoiriens et les partis politiques engagés sur l’esprit républicain qui doit animer chacun de nous dès à présent.

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