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RDC : Acculé par les manifestations, Joseph Kabila s’en prend à l’Eglise

La République Démocratique du Congo est en proie à une série de violences depuis quelques années. Le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, est de plus en plus confronté à un vaste mouvement de contestation.

Si au début, le départ du pouvoir de Joseph Kabila n’était qu’une injonction de l’opposition, aujourd’hui il est demandé par toute la communauté internationale.

L’Afrique se préoccupe des tensions au Congo, quel sont les solutions pour sortir de cette nouvelle crise ? Longtemps restée en retrait de la vie politique congolaise de ces dernières années, l’Eglise a refait surface. A travers une marche pacifique, durement réprimée, elle a demandé le départ sans conditions du président Kabila, dont le mandat est épuisé depuis 2016.
Acculé par ces nouvelles manifestations qui ont causé des morts, Joseph Kabila s’en est pris à l’Eglise nationale. Comme un Staline qui se montrait particulièrement allergique à la papauté, l’héritier de la dynastie Kabila voit d’un mauvais œil l’intrusion des hommes de Dieu dans ses affaires personnelles. Pour taire l’Eglise, un mandat d’arrêt aurait été émis par les autorités de la République démocratique du Congo contre les responsables de celle-ci. Que leur reproche-t-on au juste ?

L’Eglise se mêle de l’impasse politique

Le 31 décembre 2017, l’Eglise catholique de la République Démocratique du Congo s’est livrée à une épreuve de force pour dire « ça suffit » au chef d’Etat Joseph Kabila, au pouvoir depuis l’assassinat de son père en 2001. Théoriquement, il ne devait plus être dirigé le pays depuis 2016 car son deuxième mandat était épuisé. Étrangement il est toujours aux affaires après avoir affirmé que des difficultés économiques empêchaient la tenue de la nouvelle élection présidentielle. Non seulement l’intérim se prolonge sans fins, mais également Joseph Kabila envisagerait de se représenter pour un autre mandat, ce qui est anticonstitutionnel. C’est pour dénoncer ce statut quo que l’épiscopat a initié une marche de protestation le 31 décembre dernier. Bien qu’interdite, elle a eu lieu dans tout Kinshasa, la capitale. Cette marche a été réprimée par le pouvoir congolais qui avait affirmé qu’il n’y a pas eu de morts là où le Vatican et l’Eglise en dénombrent 6. Le 5 janvier, le gouvernement avait dénoncé cette manœuvre des chrétiens à l’encontre de son pouvoir. C’est tout naturellement qu’il prend des mesures drastiques pour pallier au pire.

Joseph Kabila réagit énergiquement

Hier ce vendredi, un mandat d’amener a été émis contre cinq responsables du clergé congolais. Selon les informations reçues, le parquet n’aurait pas précisé le motif de l’interpellation, se contentant de dire : « Le motif vous sera communiqué sur place ». Les membres du comité catholique dont le cardinal Laurent Monsengwo, accusé d’avoir tenu des propos injurieux envers le gouvernement, se cacheraient en ce moment. L’on les dit sous la protection discrète da la Monsuco, la Mission des Nations Unies pour le Congo. Nul doute que l’Etat congolais veut entendre les responsables de l’Eglise, sur leur dessein caché.

Un bras de fer qui ne fait que commencer

Ce n’est pas le premier bras de fer que l’Eglise lance aux autorités congolaises. En effet, dans les années 1970, elle avait donné du fil à retordre au pouvoir de Mobutu Sese Seko. En 1990 un mémorandum avait été signé par des Evêques pour condamner la concentration du pouvoir aux mains de Mobutu et la corruption des élites. Cet acte jeta les bases du multipartisme et de la démocratie. Dans cette nouvelle affaire, le Vatican aurait déjà pris fait et cause pour ses représentants en RDC. Il prend acte de la situation et compte réagir en conséquence.
L’Eglise catholique congolaise est la plus importante du continent africain avec plus de 40 millions de fidèles. Elle compte aussi parmi l’une des plus érudites avec des cardinaux comme Mgr Monsengwo, qui serait un grand esprit reconnu de la papauté. Tout ceci laisse présager un bras de fer encore plus dur dans les prochaines semaines. Joseph Kabila ne semble pas prêt de céder le pouvoir maintenant, en tout cas pas avant la prochaine élection présidentielle prévue pour novembre 2018. A vouloir tenir tête au Vatican, le pouvoir de Joseph Kabila ne s’expose pas au même sort que l’URSS de Staline ?

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