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Côte d’Ivoire : Blaise Compaoré demande la libération de Soul To Soul

Blaise Compaoré, l’ancien président du Burkina Faso, vit en Côte d’Ivoire, un exil, que l’on dit doré, depuis sa chute en octobre 2014.

Silencieux comme une tombe dans les premières années de sa retraite (peut-être pour se faire oublier un peu), le président Blaise Compaoré a commencé de se faire entendre petit à petit.

Depuis Abidjan il donne, de temps à autre, des directives à son parti, le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP) dont Achille Tapsoba assume l’intérim. A Abidjan également, Blaise Compaoré commencerait à jouer le médiateur dans les affaires ivoiro-ivoiriennes.
Blaise Compaoré aurait demandé la libération de Soul To Soul, l’ancien protocole de Guillaume Soro, emprisonné depuis quelques mois. Des sources bien introduites au palais présidentiel d’Abidjan, ont révélé sa médiation auprès de Ouattara pour relâcher Souleymane Kamagaté. Blaise Compaoré aurait-il vraiment franchi le pas du simple hôte à celui de médiateur de la République ivoirienne ?

Souleymane Kamagaté alias Soul To Soul, toujours en prison

Souleymane Kamagaté, alias Soul To Soul, est détenu à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan depuis octobre 2017. Cette arrestation fait suite à une série d’enquêtes menées sur l’affaire des caches d’armes à Bouaké. En mai 2017 la mutinerie des soldats nommés des « 8400 » avait débouché sur une sombre affaire des caches d’armes. Les gendarmes ivoiriens avaient découvert, à Bouaké, des armes de guerre entreposées au domicile du chef du protocole de Guillaume Soro, actuel président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire. Malgré l’influence de son patron dans le pouvoir ivoirien, Soul To Soul ira tout de même en prison. La semaine dernière, il serait tombé gravement malade, selon certaines sources. Le gouvernement n’a jamais vraiment communiqué sur cette soudaine maladie. Aux dernières nouvelles, Soul To Soul s’en serait tiré à bon compte.

Blaise Compaoré intercède pour lui auprès de Ouattara

L’ex président burkinabé Blaise Compaoré a intercédé en faveur de Soul To Soul, auprès du président Ouattara, selon le mensuel Jeune Afrique. Il est facile de voir, dit-on, que Soul To Soul a du mal à s’accommoder de sa nouvelle condition de vie. Il ne supporterait pas la prison, même s’il l’a déjà faite dans les années 1999-2000. L’on en voudrait pour preuve la récente nouvelle selon laquelle il a été admis aux urgences. C’est sans doute pour écourter la souffrance du chef de protocole de Soro Guillaume que Blaise Compaoré a plaidé en faveur de sa libération. Cette initiative répondrait aussi au besoin de ne pas fâcher les alliés d’antan puisque Soul To Soul est bien issu des Forces Nouvelles qui ont porté Ouattara au pouvoir.

Blaise Compaoré, déchu mais toujours aussi influent

Si l’information se confirmait, l’on devrait en déduire que Blaise Compaoré est dans son élément. Il se sentirait tellement à son aise en Côte d’Ivoire qu’il se permettrait de donner des avis au gouvernement ivoirien. Si l’ex chef d’Etat burkinabé a osé parler d’une question aussi sensible, c’est surement parce qu’il a l’admiration du président Ouattara. Nul n’ignore que Blaise Compaoré a été une pièce maîtresse dans la résolution de la crise ivoirienne. Comme un père politique, il essaierait donc de concilier ses « enfants » que sont Alassane Ouattara et Soro Guillaume.
La démarche de Blaise Compaoré pourrait peser dans la balance plus que les prières des collaborateurs de Soul To Soul pour la libération de ce dernier. Soul To Soul, qui est perçu comme le bouc émissaire d’une lutte souterraine entre Guillaume Soro et Alassane Ouattara, ne boudera certainement pas cette médiation. L’intervention de Blaise Compaoré, si elle aboutissait, apaisera c’est sûr, les tensions entre les deux alliés. Nous parlons bien sûr de Soro Guillaume et du président Alassane Ouattara dont l’alliance ne serait que circonstancielle. Quant à l’immixtion de Blaise Compaoré dans les affaires ivoiriennes elle pourrait mal passée auprès des Ivoiriens. Il ne sera pas difficile de le voir comme un hôte trop bavard.

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