CEI : accusé d’avoir trahi l’opposition, Affi s’explique

par Kohan Kioshiko
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COMMISSION ELECTORALE INDEPENDANTE – Plusieurs poids lourds de l’opposition ivoirienne avaient décidé de faire front commun dans le bras de fer avec le gouvernement au sujet de la réforme de la commission électorale indépendante. Mais il y’a de cela quelques jours, le président du front populaire ivoirien, Pascal Affi  N’Guessan, rencontrait Hamed Bakayoko, représentant du pouvoir en place, pour des nouvelles négociations sur la commission électorale indépendante en Côte d’Ivoire. Pourtant, le patron du FPI avait refusé de siéger dans la nouvelle équipe proposée par le gouvernement. Ce revirement du responsable du front populaire ivoirien lui a valu de nombreuses critiques, certains l’accusant même d’avoir trahi l’opposition sur la question de la réforme de la CEI.

Affi N’Guessan a-t-il trahi l’opposition sur question de la réforme de la CEI ? C’est en tout cas l’hypothèse défendue par les détracteurs du président du front populaire ivoirien. Malgré les contestations de l’opposition, le projet de loi sur la commission électorale a été adopté par les deux chambres parlementaires majoritairement dominées par le pouvoir en place. Mais l’opposition continuait toujours de mettre la pression sur le pouvoir, puisque la Cour Africaine des droits de l’homme et du peuple, à l’origine de l’Arrêt recommandant une révision de la Cei, a été saisie par le Pdci et quelques partis de l’opposition. En début de semaine, Pascal Affi N’Guessan, qui avait pourtant refusé de participer à la nouvelle commission électorale, a rencontré le gouvernement pour de nouvelles négociations.

La participation de Pascal Affi N’Guessan dans la nouvelle commission électorale se précise désormais. Après avoir fermé la porte à une participation dans la nouvelle CEI proposée par le gouvernement, le président du FPI est visiblement revenu sur sa position, à l’issue d’une rencontre qu’il a eue avec Hamed Bakayoko en début de semaine. Alors que certains poids lourds de l’opposition, en l’occurrence le PDCI RDA, refusent toujours de siéger dans la nouvelle direction, le candidat malheureux de la présidentielle de 2010 sous la bannière du FPI, a entamé des négociations pour que l’opposition ait une marge de manœuvre plus importante dans la CEI : «A défaut de voir modifier la composition de la Cei issue du vote du Parlement, le compromis que nous avons pu trouver avec le gouvernement, c’est de faire en sorte que l’opposition soit bien représentée au sein de l’instance de direction de la Cei, de manière à ce qu’elle ait des moyens de contrôle et une influence sur toutes les décisions. Car nous ne voulons pas que l’opposition soit réduite à un rôle d’observateur, à faire de la figuration. Notre objectif est de faire en sorte que tous les acteurs aient un pouvoir de décision. Cela peut se régler par une commission équilibrée, mais aussi par des positions de décision dans l’organe de décision. Et la présidence de la Cei confère ce pouvoir. J’insiste pour dire que nous voulons que le président de cette institution soit choisi de façon consensuelle et qu’il soit une personnalité non marquée politiquement. Nous avons aussi souhaité que les trois entités soient représentées dans les vice-présidences de la Cei.», a-t-il indiqué dans une interview accordée au quotidien Fratmat. Accusé d’avoir trahi l’opposition sur la question, Affi N’Guessan n’a pas mis du temps à répondre à ses détracteurs.

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Accusé de traitre, Affi attaque ses détracteurs

«Ce sont plutôt ces personnalités que je considère comme des traitres. Parce que notre mission en tant que politiques, c’est de défendre les intérêts de la Côte d’Ivoire. Quand ils se mettent au service de leurs sentiments personnels, ce sont eux qui trahissent les Ivoiriens, en permettant au pouvoir d’asseoir durablement son hégémonie. En un mot, ce sont eux les vrais traitres à la cause nationale…Je ne suis pas le président de tous les partis politiques, ni le leader des personnalités de l’opposition. Moi, j’ai répondu à une invitation du gouvernement que ces partis politiques ou personnalités ont refusée. On a tous été invités.», a répondu le président du front populaire ivoirien.  

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