Présidentielle ivoirienne : Saïd Penda prédit des élections paisibles

Election 2020 en Côte d’Ivoire – Bien avant l’échéance électorale tant attendue, la présidentielle de 2020 en Côte d’Ivoire suscite déjà d’énormes tensions entre l’opposition et le pouvoir en place. La réforme de la Commission électorale n’a toujours pas mis fin aux défiances de l’opposition à l’égard de cette institution, ajouter à cela, la réforme constitutionnelle annoncée pour le premier trimestre de l’année, autant d’argument qui poussent certains à redouter le pire dans quelques mois.

La présidentielle ivoirienne de 2020 est un rendez-vous électoral très attendu. Pour le pouvoir en place, cette élection sera l’occasion aux yeux de tous de confirmer la domination du parti unifié RHDP, une alliance qui domine largement les deux chambres parlementaires du pays. Pour l’opposition, ce scrutin sera l’occasion de mettre un terme à un pouvoir souvent qualifié de tyrannique par certains opposants ivoiriens. Les tensions pré-électorales témoignent de l’enthousiasme des ivoiriens pour cette élection. Si le pouvoir en place tente de rassurer sur le bon déroulement de ces élections, certains redoutent le pire, d’autant plus que les alliés d’hier sont aujourd’hui des rivaux dans une course à la présidentielle où tous les coups sont permis. Pour le journaliste Said Penda, il n’y a aucune raison de redouter des violences similaires à celle de 2010 dans ce prochain scrutin.

«Cette Cei va brûler le pays», révélait il y’a encore quelques mois Guillaume Soro, lors d’une tournée sur la scène internationale. A l’approche de la présidentielle ivoirienne, la Commission électorale indépendante, instance chargée de l’organisation du scrutin, a été réformée par le gouvernement. Mais cette réforme n’a pas pour autant mis un terme aux réticences de l’opposition ivoirienne qui réclame une révision en profondeur de l’institution. Contrairement à certains opposants qui tirent la sonnette d’alarme sur ces élections, le journaliste africain estime pour sa part que rien ne saurait faire replonger la Côte d’Ivoire dans des violences électorales similaires à celles de 2010, des violences qui ont officiellement fait plus de 3000 morts. L’un des arguments avancés par le journaliste, c’est l’absence d’opposition en Côte d’Ivoire face au régime actuel : «Le rapport de force politique aujourd’hui penche clairement vers un camp : le pouvoir. Alassane Ouattara a en effet réussi à créer une véritable machine électorale en réunifiant au sein d’un grand parti (RHDP) toutes les formations qui l’ont accompagné dans sa gestion du pays depuis son arrivée au pouvoir. L’opposition, à contrario, présente plutôt un pâle visage. Le seul qui aurait pu menacer l’hégémonie du parti au pouvoir, laurent gbagbo, est empêché par la procédure le concernant devant la CPI». Sur le plan sécuritaire, le tableau de 2010 diffère largement de celui de 2020 selon le journaliste Saïd Penda : «En 2020, il n’y a plus qu’une seule armée décidée à respecter l’ordre républicain, en laissant le champ politique aux civils. Le risque sécuritaire, pendant ou après la présidentielle de 2020, est donc quasi-inexistant. Malgré les velléités qu’on prête à guillaume soro, une telle entreprise nécessite des hommes, des soutiens extérieurs et une base arrière, toutes choses qui font défaut à l’ancien chef rebelle ivoirien.», explique l’homme de médias.

Des élections paisibles comme en 2015

«…les craintes et inquiétudes de ce que 2020 ne soit qu’un remake de 2010, en débouchant sur des très violentes contestations de la présidentielle qui se solderont par des centaines, voire des milliers de morts ne se justifient point. Ceci étant, il ne faut pas exclure des tensions post-électorales localisées, notamment en pays baoulé, dans le centre de la Côte d’Ivoire, où les partisans de bédié pourraient contester sa défaite de manière violente, en s’en prenant entre autre aux allogènes et étrangers ouest-africains, et en saccageant quelques édifices publics. Le dispositif sécuritaire qui sera déployé devrait cependant décourager tous ceux qui voudraient tenter une prise de pouvoir par la rue, une stratégie sur laquelle travaillait apparemment activement l’ex-chef de la rébellion, guillaume soro.», rapporte Saïd Penda dans son analyse sur la présidentielle ivoirienne d’octobre 2020.

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