Retour de Gbagbo : Affi N’Guessan sollicite l’intervention de Ouattara

Procès Gbagbo la CPI – Acquitté il y’a plus d’un an par les juges de la première instance de la Cour Pénale internationale, l’ancien président n’a toujours pas regagné son pays. La raison, un appel déposé par le Procureur en septembre dernier contre la décision d’acquittement rendue par deux des trois juges de la chambre de première instance, sans oublier une condamnation par contumace de l’ex-dirigeant pour le casse de la Bceao pendant la crise post-électorale ivoirienne. Lors d’une audience sur l’examen des conditions de la liberté conditionnelle de l’ex-dirigeant, la chambre d’Appel a invité l’Etat ivoirien à émettre ses observations.

Le retour de Gbagbo en Côte d’Ivoire avant la présidentielle reste hypothétique, dans la mesure où le procès de l’ancien chef d’Etat ivoirien se déroule désormais devant la chambre d’Appel. Rappelons que la Procureure, se basant sur des erreurs commises par les juges de la première instance dans leur décision d’acquittement, a demandé que l’ancien président ivoirien soit rejugé. Le retour de l’ancien président ivoirien était au centre d’une discussion entre le vice-président de la République et Pascal Aff N’Guessan, le président du front populaire ivoirien. A l’issue de cette rencontre, le président du FPI a plaidé pour une intervention du président Ouattara pour faciliter le retour de l’ancien dirigeant au pays. Des avocats de l’Etat de Côte d’Ivoire étaient récemment à la Haye à l’occasion d’une audience sur les restrictions imposées à l’ex-dirigeant et son jeune protégé, plus d’un an après leur acquittement.

Pascal Affi N’Guessan s’est entretenu avec Daniel Kablan Duncan, le Vice-président de la République de Côte d’Ivoire. Les échanges entre les deux personnalités ont essentiellement porté sur le retour de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire. Acquitté il y’a plus d’un an, l’ancien président vit en Belgique, dans l’attente de la décision finale de son procès, une décision qui pourrait mettre du temps à tomber, puisque la Procureure Fatou Bensouda a décidé de contester cette décision d’acquittement. Pour Pascal Affi N’Guessan, le président Ouattara doit s’investir dans ce dossier pendant à la Haye pour faciliter le retour de l’ex-dirigeant dans son pays : «Et c’est dans le même esprit que nous avons posé aussi le problème du président Gbagbo. A l’heure actuelle, plus rien ne justifie son maintien en dehors de la Côte d’Ivoire. La Cour pénale internationale (CPI) a conclu l’acquittement. Et il nous appartient en tant qu’ivoiriens de nous entendre et voir comment nous capitalisons cette décision. Il appartient au gouvernement de reprendre la main sur ce dossier… Le chef de l’État a un rôle important à jouer. Il l’a exprimé à plusieurs occasions que nous sommes tous des frères. Le président Gbagbo est son frère. Au-delà de ce que les avocats ont dit là-bas, nous savons tous que le dossier est maintenant d’ordre politique. La justice a fini son travail et la justice nous regarde nous les hommes politiques de Côte d’Ivoire»

Réaction d’André Silver Konan

«Je dois admettre qu’Affi N’Guessan m’impressionne sur le plan politique. Je dis bien sur le plan politique, vu que sur le plan de la gouvernance, il semble perpétuer certaines pratiques au Conseil régional du Moronou (bref). En avril 2011, alors qu’il était claquemuré à la Pergola avec d’autres pontes du FPI, il s’est permis une critique des débuts de la gouvernance Ouattara. Conséquence : prison. Alors que des manœuvres au sein du FPI étaient en cours pour l’écarter, il a su manœuvrer pour rester le président légal. Alors que les autres étaient dans une posture de boycott, il s’est fait élire député et président du conseil régional. Alors que Bédié l’a méprisé et que Gbagbo ne voulait pas le sentir, il a réussi à devenir le meilleur appui pour Gbagbo et Bédié doit encore négocier avec lui, parce que le président du PDCI a pris l’option inconséquente de boycotter les discussions sur la CEI. Si sa gouvernance (j’insiste) ne me convainc pas, je sais au moins aujourd’hui, pourquoi Gbagbo a préféré le choisir, comme successeur au FPI.», commente le journaliste ivoirien.

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