Transfert de pouvoir : Billon souhaite une nouvelle génération au PDCI

Présidentielle en Côte d’Ivoire – Au termes de deux mandats constitutionnels, Ouattara Alassane a annoncé son retrait de la course à la présidentielle ivoirienne d’octobre prochain, la semaine dernière, lors d’une allocution tenue devant le Congrès à Yamoussoukro. L’une des raisons évoquées par le président ivoirien pour justifier ce retrait, son désir de transmettre le pouvoir à une nouvelle génération politique.

Le transfert de pouvoir à une nouvelle génération en Côte d’Ivoire alimente les débats, et ce depuis le renoncement de Ouattara Alassane à un troisième mandat présidentiel en Côte d’Ivoire. Si de nombreux opposants ont salué la décision de retrait prise par le président ivoirien, son vœu de voir une nouvelle génération diriger le pays en octobre 2020 suscite diverses interrogations. Pour l’un de ses plus farouches opposants, à savoir l’ancien ministre Gnamien Konan. Pour l’ex-patron des douanes ivoiriennes, le président ivoirien nourrirait l’idée de transférer le pouvoir à son premier ministre Amadou Gon Coulibaly, et cela sans même passer par les élections d’octobre tant attendues par les ivoiriens. Ce serait l’une des raisons pour lesquelles le président ivoirien souhaiterait procéder à une réforme de la constitution ivoirienne avant la fin de son second mandat présidentiel en cours. S’il est favorable à l’idée d’une nouvelle génération politique, Jean-Louis Billon s’aligne pour l’instant sur les consignes laissées par son parti. Pour l’ancien ministre du commerce, la nouvelle génération politique tant évoquée ne concerne pas seulement l’âge, mais aussi un changement de mentalité, une manière pour lui de dire indirectement que le président du PDCI RDA, Henri Konan Bédié, pourrait bel et bien incarner cette nouvelle génération politique ivoirienne.

Le transfert du pouvoir à une nouvelle génération était l’un des temps forts du discours tenu par Ouattara Alassane, devant le Congrès la semaine dernière dans la capitale politique ivoirienne. Aujourd’hui, les ivoiriens sont nombreux à penser que cette nouvelle génération à laquelle fait allusion le président ivoirien concerne particulièrement Amadou Gon Coulibaly, son actuel premier ministre. Pour Gnamien Konan, l’idée du président serait de transférer le fauteuil présidentiel à son actuel chef de gouvernement, en s’appuyant notamment sur une réforme constitutionnelle : «certains passages du discours ont trahi le Président de la République. Un, sa volonté de transmettre ou de transférer le pouvoir à quelqu’un qui a appris à ses côtés, comme lui l’a fait aux cotés du Président Félix Houphouet Boigny.  C’est à dire son Premier Ministre Gon. Comment va t’il s’y prendre, puisque Gon, le Prince du rattrapage ne peut pas remporter une élection nationale en Côte d’Ivoire? Ensuite, il propose aux parlementaires de proroger leur mandat en cas de non tenue de leur élection… Donc sans être candidat, il sera encore en fonction après le 31 octobre 2020 par l’effet de l’article 59 de la constitution et il nommera Gon Vice President grâce à ce parlement qui ne peut rien lui refuser. Ensuite il se retirera après quelques semaines et le pouvoir sera ainsi transmis constitutionnellement à Gon.», rapporte l’ex-ministre de la fonction publique.

Billon favorable à l’arrivée d’une nouvelle génération en 2020

«Oui, je suis d’accord avec lui, de toutes les façons, fort heureusement la vie nous amène toujours à connaitre une nouvelle génération, et la nouvelle génération va arriver de fait en Côte d’Ivoire, donc il est normal que la Côte d’Ivoire connaisse une nouvelle génération d’acteurs politiques, de dirigeants et nous nous y préparons…Oui bien sûr. Le PDCI est en train de constituer une équipe. Vous savez, le président Félix Houphouët-Boigny, en se retirant, avait dit une chose précise : « après moi, ça sera une équipe ». Le PDCI pense équipe, donc c’est une équipe qui va arriver, et dans cette équipe la nouvelle génération sera fortement présente… en ce qui nous concerne, c’est que nous ne pensons pas à une nouvelle génération seulement en âge. Nous pensons à une nouvelle génération, bien sûr en âge, mais également en vision, en éthique, en gouvernance» indique Billon dans un entretien accordé à nos confrères de RFI.

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