Suspension des enrôlements CNI : Venance Konan recadre Guikahue

Carte Nationale d’identité – Le processus d’identification pour les nouvelles CNI en Côte d’Ivoire a été ouvert au grand public depuis le mois de février. Mais ce n’est toujours pas la grande affluence dans les centres d’enrôlement pour les nouvelles cartes d’identité, d’autant plus que certains limitent depuis quelques temps leurs déplacements dans cette période de crise sanitaire. Dans un communiqué rendu la semaine dernière, le secrétaire exécutif du PDCI RDA avait demandé la suspension de l’opération.

Faut-il suspendre l’opération d’identification des ivoiriens pour la nouvelle CNI en Côte d’Ivoire ? C’est en tout cas le souhait de l’opposition ivoirienne, comme l’a récemment fait savoir Maurice Kacou Guikahué le numéro 2 du PDCI RDA. La semaine dernière, le secrétaire exécutif en chef du parti appelait le gouvernement à suspendre l’opération en raison de la crise sanitaire que le pays traverse depuis le mois dernier. L’affluence dans les bureaux de vote n’est pas encore une réalité alors que la période de validité des anciennes CNI, prorogée d’un an, arrive à termes. Selon le porte-parole du gouvernement, la barre des 200 000 enrôlés n’a pas encore été franchie, sur un objectif d’environ 6,5 millions d’ivoiriens à enrôler avant la tenue de la prochaine présidentielle. Directeur Général du quotidien gouvernemental Fraternité Matin, Venance Konan n’a pas mis du temps à répondre à l’ancien ministre de la santé qui souhaitait une suspension de l’opération d’identification et d’enrôlement des ivoiriens.

«Pour un objectif de 6, 5 millions de Cartes Nationales d’Identité (CNI) à renouveler d’ici octobre 2020, seules 130.000 personnes ont été identifiées après 04 mois de l’opération (processus lancé le 23 décembre 2019), soit une performance de 32.500 CNI par mois.  Ainsi, le déficit à combler d’ici octobre 2020 (en 06 mois) est de 6.370.000 CNI, soit l’identification de 1.067.000 personnes par mois. Ce qui est irréaliste et donc, impossible au regard du dispositif mis en place par le Gouvernement pour cette opération et les résultats médiocres qui sont rapportés par le porte-parole du Gouvernement…Dès lors, le PDCI-RDA demande au Président de la République, Chef de l’État, de faire suspendre le processus d’identification actuellement en cours, vu son faible rendement et sa dangerosité pour la vie des populations en cette période de pandémie du Coronavirus (COVID-19).», affirmait la semaine dernier Maurice Kacou Guikahué, le secrétaire exécutif du PDCI RDA. En dépit de la crise sanitaire, l’opération d’enrôlement pour les nouvelles CNI a été maintenue par le gouvernement. L’ONECI, organisme en charge de cette opération, a indiqué dans un communiqué que des dispositions avaient été prises pour le renforcement de la sécurité des agents enrôleurs tout comme des requérants. Pour Venance Konan, l’opposition cherche juste un prétexte pour ne pas voir l’opération aller à son terme : «Cela fait longtemps que quelques partis politiques s’opposent au processus d’identification des populations. Bien avant que la pandémie du Covid-19 ne commence à sévir sérieusement dans le pays, des centres d’enrôlement avaient été détruits et des manifestations organisées dans certaines localités pour protester contre ce processus. Et depuis que la pandémie a amené les pouvoirs publics à prendre des mesures de protection des populations telles que la distanciation sociale, le lavage fréquent des mains ou le port de masque, une certaine opposition s’en sert comme prétexte pour demander l’arrêt des opérations d’identification», révèle le patron de Fraternité Matin.

Rien ne justifie la suspension

«En quoi la situation actuelle empêche-t-elle les procédures d’identification ? Nous ne sommes pas confinés chez nous comme dans certains pays africains et européens, nous sortons, nous empruntons les transports publics, nous allons encore au travail, au marché, au supermarché. On continue d’établir des actes de naissance, de se marier, et donc d’établir des actes de mariage.  Des mesures de sûreté ont été édictées, mais en quoi empêchent-elles les opérations d’identification ? Apparemment une partie de notre opposition ne veut pas aller à l’élection présidentielle et elle cherche tous les prétextes pour justifier cela.», poursuit Venance Konan.

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