Côte d’Ivoire : Le FPI réagit à l’affaire Guillaume Soro

Condamnation de Soro – En l’espace d’une semaine, l’affaire opposant l’ancien chef du parlement ivoirien à la justice ivoirienne a connu des rebondissements inattendus. Il y’a environ une semaine, la Cour Africaine des droits de l’homme et des peuples rendait une décision en faveur de l’ex-premier ministre ivoirien en ordonnant la suspension du mandat d’arrêt international contre Soro.

La réaction du Front populaire ivoirien dans l’affaire opposant Guillaume Soro à la justice ivoirienne était très attendue. A titre de précision, l’aile dissidente du front populaire ivoirien n’a pas encore réagi à cette affaire. Il s’agit plutôt du FPI dirigé par Pascal Affi N’Guessan, dont la présidence, quoique juridiquement reconnue en Côte d’Ivoire et sur la scène internationale, souffre d’un manque de popularité auprès des militants du parti. Une semaine après la réponse de la CADHP qui ordonnait au régime d’Abidjan de surseoir aux poursuites contre l’ancien chef du parlement ivoirien, le porte-parole du gouvernement annonçait que les poursuites émises à l’encontre de l’ancien premier ministre ivoirien étaient toujours maintenues. C’est dans cette perspective que s’est tenu le procès de Guillaume Soro il y’a 48h dans la capitale économique ivoirienne, un procès qui s’est déroulé en l’absence de ses avocats. A l’issue de ce procès expéditif, l’ancien chef du parlement ivoirien écopera de 20 ans de prison ferme pour détournement de fonds, peine assortie d’une amende de 4,5 milliards de francs Cfa. Peu de temps après sa condamnation, le candidat déclaré à la présidentielle réagit en balayant d’un revers de la main le verdict prononcé par la justice ivoirienne.

«Le 02 mars 2020, une requête a été introduite devant la Cour Africaine des Droits de l’homme et des Peuples contre la République de Côte d’Ivoire par Monsieur Soro Guillaume, président du Mouvement Générations et Peuples Solidaires et de dix-huit autres personnes proches de son mouvement, invoquant la violation de leurs droits humains.  Le 22 avril 2020, la Cour Africaine des Droits de l’homme et des Peuples a fait droit à la demande des requérants en ordonnant à l’Etat de Côte d’Ivoire de Surseoir à l’exécution de l’arrêt objet de la requête, surseoir à l’exécution du mandat de dépôt des personnes concernées et faire un rapport à la Cour sur la mise en œuvre des mesures provisoires ordonnées dans un délai de 30 jours à compter de la date de sa réception.  Dans le communiqué du Conseil des Ministres, en date du mercredi 22 Avril 2020, le gouvernement ivoirien a déclaré qu’il n’avait pas de commentaire à faire sur cette décision et que les procédures internes resteraient en cours.», explique le Front populaire ivoirien dans son communiqué. En dépit de la décision prise par la CADHP, le régime ivoirien a annoncé que les poursuites visant Guillaume Soro et ses partisans étaient toujours en cours. A l’issue de son procès, l’ancien chef du parlement ivoirien sera condamné à 20 ans de prison ferme pour détournement de fonds il y’a quelques années. Dans son communiqué, le Front Populaire ivoirien ne se montre pas véritablement solidaire de la cause de l’ancien président du parlement ivoirien.

Dénoncer sans juger du fonds

«Malgré les différentes interpellations, notamment celles des partis politiques et des organisations de la société civile, invitant l’État de Côte d’Ivoire au respect de ses engagements internationaux, suite à l’adhésion à la Charte Africaine des Droits de l’homme et des Peuples, en date du 09 juin 2013, un procès contre Soro Guillaume a eu lieu le mardi 28 avril. Il a été condamné à 20 ans de prison, à 7 ans de privation de ses droits civiques, au paiement d’une amende de 4,5 milliards de francs CFA, à la confiscation de sa résidence d’Abidjan-Marcory… Tout cela, pour « recel de détournement de deniers publics et blanchiment de capitaux ».  Devant les éléments de forme et sans préjuger du fond, le FPI relève la célérité de la procédure ayant conduit à une si lourde condamnation. Une célérité qui lui confère des allures de justice expéditive.», souligne le camp Affi N’Guessan.

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