Candidature de Bédié : Doumbia Major tacle le chef du PDCI

Présidentielle en Côte d’Ivoire – Sauf surprise de dernière minute, Henri Konan Bédié sera bel et bien candidat pour le compte du PDCI RDA à la prochaine élection présidentielle ivoirienne, une candidature qui alimente depuis plusieurs jours la polémique, notamment en raison de l’âge du président du Pdci. Le président du Congrès Panafricain pour le Renouveau, connu pour son franc parler, a une nouvelle attaqué l’ancien dirigeant ivoirien pour non-respect de son engagement.

La candidature d’Henri Konan Bédié à la prochaine élection présidentielle ivoirienne suscite diverses réactions sur la scène politique. Pour plusieurs militants du RHDP, l’ancien dirigeant devrait avoir la sagesse de se retirer comme l’a fait Ouattara Alassane, en annonçant en mars dernier qu’il ne briguera pas un troisième mandat en Côte d’Ivoire. Sollicité par la direction de son parti, Henri Konan Bédié a décidé de faire acte de candidature à la convention de son parti, convention à l’issue de laquelle sera désignée le candidat du parti au prochain scrutin. En dépit des attaques sur son âge, le sphinx de Daoukro peut compter sur le soutien de plusieurs cadres de sa formation politique. S’il a évité d’attaquer Bédié sur son âge, le président du congrès panafricain pour le renouveau s’est tout de même indigné après l’annonce de candidature de l’ex-dirigeant. Pour Doumbia Major, Henri Konan Bédié a manqué d’honorer son engagement en décidant de se présenter en 2020 alors qu’il est âgé de 86 ans.

«Un homme qui prend un engagement public de ne plus être candidat au delà de 80 ans et qui ne respecte pas sa parole publique est juste un individu qu’on range dans la catégorie de personne infréquentable dans les sociétés civilisées ou la parole d’honneur à une importance. C’est un individu sans foi ni loi avec lequel on ne traite pas affaire, et en politique, c’est un individu indigne de confiance, qui ne mérite pas d’être porté à la tête d’un pays.  Les états se construisent sur la base du respect des engagements internationaux, du respect des lois qu’on s’est librement imposées ; et au niveau des rapports interpersonnels, sur la base du respect de la parole publique ainsi que le respect de sa signature.  Quelqu’un qui de manière éhontée et sans gêne peut ne pas respecter sa propre parole d’honneur, ce n’est pas les lois du pays, ou ses engagements qu’il respectera, s’il arrivait à la tête du pays !  Quelle exemple donne t-on à la génération qui nous suit, si on peut rompre aussi facilement ses serments publics ?», a fait savoir Doumbia Major, le président du CPR. La candidature d’Henri Konan Bédié n’était pour certains pas une surprise, puisqu’il a maintes fois affirmé par le passé qu’il pourrait bien se présenter s’il était sollicité par la direction de son parti. Face à lui, son ancien conseiller Kouadio Konan Bertin, transfuge du PDCI en 2015. La candidature de KKB à la convention de son parti n’est pas une surprise, puisqu’il avait déjà affirmé il y’a quelques mois son intention de solliciter le soutien de son parti à sa candidature.

Une société en faillite morale

Poursuivant, Doumbia Major souligne que «Bédié par son comportement de non respect de ses propres engagements publics, est en train de détruire les bases de la société Ivoirienne, car c’est une façon de dire aux gens, on peut prendre un engagement et ne pas respecter sa parole d’honneur, sans complexe et sans gêne.  Une société ou la parole d’honneur et la signature n’ont plus d’importance, est une société en faillite morale, une société de crise de confiance, et une telle société ne peut jamais se développer.  Dans une telle société, les gens ne peuvent plus se mettre ensemble, sur la base de leur signature ou sur la base de la parole d’honneur, pour atteindre des objectifs collectifs qu’ils se fixent.», rapporte le président du congrès panafricain pour le renouveau ce jeudi.

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